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21 / 12 / 2021 | 43 vues
Karen Gournay / Abonné
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Le rôle du groupe d’experts dans la décision de revalorisation sur le SMIC est infondé

À plusieurs reprises, notre organisation syndicale s'est exprimée sur le sujet. En effet, elle estime que le rôle du groupe d’experts dans le processus de décision sur le SMIC est infondé et elle appelle à y mettre fin.

 

Notre organisation syndicale conteste le rapport dudit groupe d’experts sur le SMIC qui, sans surprise, recommande de s’abstenir de tout coup de pouce et continue de présenter l’augmentation du SMIC comme un coût et un frein à l’emploi, comme il l’a toujours fait depuis treize années d’existence.

 

Contestant aussi que la consultation de la commission nationale de la négociation collective (CNNCEFP), réunie le 15 décembre, soit devenue très formelle, FO, en s’adressant conjointement au Premier Ministre et à la Ministre du Travail, estime indispensable que un débat véritable et sincère débat contradictoire sur la réévaluation du SMIC soit rétabli.
 

Alors qu’une décision devra être prise pour la réévaluation du SMIC le 1er janvier, notre confédération appelle à ce que, cette fois et contrairement à sa décision du 1er octobre dernier, prise sans consultation préalable de la CNNCEFP, le gouvernement ne s’en tienne pas à la recommandation du groupe d’experts, qui mènerait à limiter l’augmentation légale à 0,5 à 0,6 %.
 

Alors que l’augmentation de l’inflation ces douze derniers mois a mené à la revalorisation anticipée au 1er octobre (mais limitée au rattrapage de cette inflation à 2,2 % alors) et que la hausse des prix se poursuit, nous estimons plus que légitime et nécessaire d’opter pour une augmentation sensible du SMIC afin de préserver le pouvoir d’achat des salariés directement concernés et de dynamiser la négociation des grilles de salaires dans les conventions collectives.
 

Plus largement, nous appelons à évaluer les aides publiques sous toutes les formes aux entreprises (exonérations de cotisations, défiscalisations, crédits d’impôts etc.) sur les négociations de salaires et, à tout le moins, à les conditionner à la préservation des emplois et à l’ouverture de négociations salariales, à la réglementation des processus d’externalisation et de sous-traitance en cascade, facteurs de moins disant salarial.

 

Pour mémoire : Depuis sa création en 2009, c’est-à-dire douze années successives, le groupe d'experts s’est systématiquement exprimé en défaveur d’une augmentation du SMIC, hors réévaluation minimale liée à l’application de la formule légale, et va jusqu’à remettre en cause ce mécanisme de revalorisation automatique.

 

De fait, nous constatons que les rapports successifs du groupe d’experts servent de justification aux gouvernements pour renoncer à tout « coup de pouce ». La consultation de ce groupe par les pouvoirs publics se substitue à une consultation effective et sincère des interlocuteurs sociaux (confédérations syndicales et organisations patronales).  En l’occurrence, la décision de s’en tenir en octobre dernier à la stricte augmentation mécanique du SMIC (donc sans coup de pouce) a déjà été prise, sans que les organisations syndicales n’aient été informées au préalable.

 

Cette situation mène à compenser l’absence de revalorisation conséquente du SMIC par des dispositifs pris en charge par l’État, tels que la prime PEPA, la prime d’activité ou le chèque-énergie. Outre que c’est la preuve que le SMIC ne suffit pas pour boucler les fins de mois, cela conduit à exonérer les employeurs d’engager des négociations de revalorisation des grilles salariales susceptibles de répondre à l’amélioration du pouvoir d’achat des salariés de manière pérenne.

 

Rappelons  que la consommation des ménages (donc le pouvoir d’achat des salariés) est un facteur important de l’activité économique en France. L’indispensable relance doit s’appuyer sur l’augmentation des salaires et non sur la poursuite de la modération salariale alors que se confirme l’amélioration globale des taux de marge des entreprises.

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