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17 / 08 / 2021 | 90 vues
Jean-Philippe Milesy / Membre
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Au bonheur des riches

Avec une certaine émotion, on a appris cette semaine et pour un jour seulement qu’un Français aura été l’homme le plus riche du monde, devant Jeff Bezos (fondateur d’Amazon). Il ne s’agit pas d’une émotion patriotique : le Français en question ne réside-t-il pas en Belgique ? Il s’agit plutôt d’un vertige face aux profits que des milliardaires de plus en plus nombreux accumulent en ces temps dits « de crise ».

 

Les rapports d’Oxfam en témoignent. Mais il y a plus grave : excipant de la crise, les grands groupes français ont réclamé et obtenu, au-delà de leurs demandes, des aides publiques pour des montants jusqu'alors jamais égalés. Pourtant, ils ont distribué des dividendes à leurs actionnaires, à des niveaux jusqu'ici rarement atteints. Plus grave encore, certains de ces groupes ont distribué des dividendes importants alors qu’ils étaient en perte sur l’exercice. Vertige vraiment...

 

Pour faire face aux exigences d’investisseurs, sans états et sans âme, des groupes « déthésaurisent ». On voit même de plus petites entreprises emprunter pour verser les dividendes !

 

Les récents avatars du président d’un groupe alimentaire français (ou plutôt mondial) montrent que les traditions familiales et les revendications d’entrepreneuriat social cèdent vite devant ces exigences actionnariales.

 

La financiarisation ne provoque aucun ruissellement. Là encore, le rapport d'Oxfam et toutes les études le confirment : plus les riches sont riches, plus les pauvres sont pauvres et, surtout, les illusions des classes moyennes se dissipent. Il est temps qu’une économie exempte des prédations financières et des règles libérales devienne la norme de l’économie de demain, comme nous le répétons avec notre ami Jérôme Saddier (président d’ESS France). L’économie sociale et solidaire, qui se garantit par ses statuts et non les structures floues de l’entrepreneuriat social, est une économie fondée sur la démocratie et la solidarité. Du moins quand elle se conforme à ses principes.

 

À cet égard, il est curieux de voir Crédit Agricole Société Anonyme (CASA) participer au grand jeu de la financiarisation et être parmi les plus gros dispensateurs de dividendes. Nous aimerions savoir quelle part de ce « ruissellement » va aux agriculteurs qui se regroupent au sein de la FNCA (Fédération nationale du Crédit Agricole ) ?

 

En ces temps de commémoration de la Commune, sachons nous unir, comme nous y invite Jules Vallès dans l’envoi de l’Insurgé, « contre un monde mal fait ».

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L’année 2020 n’a pas été catastrophique pour tout le monde. La pandémie a même eu un effet d’accélérateur pour certains qui en ont largement profité, cependant beaucoup d’autres sombraient dans la pauvreté.

Ainsi, en un an, le patrimoine total des milliardaires français est passé de 304 à 512 milliards de dollars (soit 430 milliards d’euros) selon Forbes. Soit une hausse de 68%. Leur fortune totale a doublé entre 2020 et le 1er juin. Elle se monte à 492 milliards d’euros, soit près d’un cinquième du produit intérieur brut (PIB) français.

Parmi les nouvelles fortunes propulsées par la crise sanitaire : le PDG de Moderna Therapeutics expatrié aux Etats-Unis Stéphane Bancel (5 milliards d’euros en juin 2021), les PDG des laboratoires d’analyses Eurofins Scientific qui ont profité de la multiplication des tests du Covid-19, le PDG de la société informatique Datadog, dont le cours des actions s’est ‘envolé avec le recours généralisé au télétravail et le PDG de camping-cars Trigano, avec l’envolée des ventes de ses véhicules de loisirs dans le contexte des restrictions sanitaires.

Les richesses accumulées par les milliardaires au niveau mondial, grâce à ce qu’il faut bien appeler le « virus des inégalités », suffiraient à enrayer la pauvreté causée par la Covid-19 et à financer le vaccin pour toute la planète.