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23 / 04 / 2021 | 206 vues
Etienne Dhuit / Membre
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General Electric limite la casse sur son site de Belfort, les syndicats continuent la lutte


Le géant américain de l’énergie avait prévu de supprimer 238 emplois sur son site Steam Power de Belfort mais 144 postes sont finalement concernés. Un chiffre toujours élevé qui suscite l’incompréhension des syndicats, compte tenu de l’augmentation de l’activité prévue. 

 

Il y a moins de cinq mois, le 8 décembre 2020, General Electric annonçait un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) sur son site Steam Power situé à Belfort, dans l’est de la France. L’objectif était la suppression de 238 postes (ingénieurs et cadres) sur un total de 1 788. Ce plan avait suscité l’incompréhension des salariés et de leurs représentants syndicaux car les carnets de commandes de l’entreprise étaient bien remplis, « avec une visibilité sur trois ans minimum », selon Laurent Humbert de la Confédération française de l'encadrement - Confédération générale des cadres (CFE-CGC) dont les propos ont été rapportés dans Le Monde du 18 avril. 

 

Ce carnet pourrait se remplir encore davantage dans les années à venir grâce à la construction de six nouveaux réacteurs nucléaires en France, que le projet EPR2 d’EDF prévoit. Un marché de plusieurs dizaines de milliards d’euros pour lequel seuls General Electric et Siemens sont sérieusement à même de concourir, avec un avantage certain pour General Electric et son site français, compte tenu des objectifs de sécurisation de la filière nucléaire tricolore affichés par l’État. 

 

General Electric avait donc tenté de justifier son PSE par un recentrage sur l’activité nucléaire, entraînant son retrait du marché des centrales à charbon neuves. Cependant, Laurent Humbert rappelle que le site de Belfort n’a plus de projet lié au charbon depuis plus d’un an. « Les effectifs affectés à cette activité ont progressivement basculé vers le nucléaire, ce qui a permis d’absorber la grosse charge de travail », précise-t-il. 

 

Une incohérence dont General Electric semble avoir (en partie) pris conscience, ayant donc finalement décidé de supprimer 138 postes au lieu de 244, soit un gain de 94 emplois pour Stream Power. Une bataille remportée par l’intersyndicale (composée de la CFE-CGC de la CFDT et la CGT) et fruit d’un échange « détaillé et constructif avec les représentants du personnel sur le projet initial et ses hypothèses », comme le précise General Electric dans son communiqué du 16 avril.

 

Les syndicats considèrent cependant que cette évolution de la position du conglomérat américain est « significative mais pas suffisante » et continuent de réclamer l’annulation du PSE car le déficit de personnel est « intenable dans plusieurs secteurs ». Tous réclament la venue de Bruno Le Maire, Ministre de l’Économie et des Finances, à Belfort, pour faire pression sur une entreprise qui (comme tant d’autres) a adopté une vision court-termiste ayant des profits immédiats comme priorité, au détriment d’une stratégie de long terme préservatrice d’emplois.

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