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12 / 01 / 2021 | 330 vues
Michel Abhervé / Membre
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Danone : « entreprise à mission » pour augmenter la marge distribuée aux actionnaires

Danone est souvent considérée comme une « entreprise citoyenne » et est fréquemment citée pour son action positive sur la société. Elle est devenue « entreprise à mission », en application rapide et fortement médiatisée de la loi PACTE pour « apporter la santé par l’alimentation au plus grand nombre ».

 

Son PDG, Emmanuel Faber, a annoncé une importante réduction d'emplois, de 1 500 à 2 000, dont environ 400 en France, avec un objectif affiché et assumé : générer un milliard d'euros d'économies et accroître la marge de l'entreprise.

 

Le PDG annonce qu'il prend ces décisions de réorganisation dans le but de faire repasser la marge opérationnelle courante au-dessus de 15 % dès 2022, contre seulement 14 % cette année et la rapprocher de 20 % à moyen terme.

 

Pourtant, l'entreprise est loin d'être une de celles qui souffrent le plus de la crise, l’agroalimentaire étant un secteur relativement épargné : les produits laitiers sont en hausse, l'alimentation pour bébés se maintient, seule l'eau est en baisse avec la fermeture des bars et restaurants. D'ailleurs, un dividende de 2,10 € par action, en hausse de 8 % sur un an, a été payé en juillet 2020.

 

On comprend mieux ce qu'est une « entreprise à mission ». Sa première mission est sans doute d'accroître la marge de l'entreprise pour mieux rémunérer les actionnaires : la « santé par l’alimentation du plus grand nombre », affichée comme la mission de l'entreprise, passe après. À moins que ce ne soit finalement qu'un moyen au service de la mission première.

 

C'est en tous cas ce que déclare le PDG dans Libération : « Pour que nous puissions continuer d'investir pour le long terme, pour la santé, pour l’agriculture, dans nos écosystèmes et, au fond pour remplir notre mission, nous devons rapidement et durablement ajouter une marge de sécurité à l’étiage de rentabilité opérationnelle de nos affaires ».

 

En effet, au-delà d'un étiage de rentabilité, fort confortable à 14 %, s'il s'agissait vraiment d'une marge de sécurité, elle resterait dans l'entreprise. On ne voit pas ce que les dividendes distribués apportent comme sécurité à l'entreprise...

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