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27 / 02 / 2020 | 236 vues
Karim Lakjaâ / Membre
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Olivier Dussopt interpellé par la CGT au CSFPT

Olivier Dussopt s’est invité en dernière minute à la séance plénière du Conseil supérieur de la fonction publique territoriale. Après son intervention liminaire vantant les dispositions de la loi dite de transformation de la fonction publique, il a été vivement été interpellé par mes soins, en tant que membre de la délégation CGT au CSFPT.

 

« Monsieur le Secrétaire d’Etat,
 

Nous avons entendu vos propos sur la mise en œuvre de la loi dite de transformation de la fonction publique. Vous connaissez la position de la CGT que nous avons déjà affirmée ici et dans les instances idoines comme le CCFP ou le CA du CNFPT.
 

Nous rejetons ce texte et la CGT combattra sa mise en œuvre au quotidien partout où elle est présente.
 

Hier, lorsque nous avons appris votre venue à la présente séance plénière, nous avons interrogé le CSFPT quant à la motivation de votre présence.
 

Il nous a été répondu qu’il s’agissait d’une visite de courtoisie pour la dernière séance avant les élections municipales.
 

Lors du renouvellement des représentants du personnel, ceux-ci n’ont pas bénéficié de la même attention. Cette distorsion de traitement illustre le mépris récurrent et itératif que anime votre gouvernement envers la démocratie sociale et les organisations syndicales.
 

Au demeurant, la délégation CGT observe pour sa part qu’au lendemain de ce scrutin municipal, par le biais de la loi qui porte votre nom, s'ouvrira une offensive contre le temps de travail et le droit de grève des agents territoriaux, offensive passant également par une généralisation de la précarité avec la rupture conventionnelle, le contrat de projet et un recours accru au TNC.
 

Rien de courtois dans tout cela pour les agents qui ont quotidiennement en charge la production du service public territorial et un service public de proximité et de qualité. Jusqu’à quand sous vos coups de boutoir ?
 

Rien de courtois non plus dans les velléités gouvernementales portées dans le rapport Thiriez et qui constituent une menace pour la culture et l’éthique professionnelle des cadres territoriaux et plus globalement pour le CNFPT. En témoigne la cannibalisation financière de celui-ci à travers le financement de l’apprentissage qui lui est imposée à 6 % de ses recettes de fonctionnement.
 

Rien de courtois dans le prochain train de décrets qui organisera la casse des instances paritaires comme les CAP, les CHSCT et les CT transformés en CST.
 

Rien de courtois dans le projet de plan de santé au travail pour la fonction publique, présenté le 5 février dernier par la DGAFP, voyant la disparition des commissions de réformes.
 

Rien de courtois dans les réflexions préparatoires au projet de loi sur la « décentralisation, la différenciation et la déconcentration » (encore appelé 3D) et qui vise à casser le cadre républicain égalitaire, en le déréglementant à travers une décentralisation à vocation néolibérale et « austéritaire », à l’image de la loi créant une communauté européenne d’Alsace, texte sur lequel nous nous sommes exprimés défavorablement devant le CSFPT.

Rien de courtois non plus dans la réforme des retraites avec laquelle tous les salariés du privé et du public perdront au grattage mais aussi au tirage, si vous permettez cette expression triviale.
 

Certains perdront plus que la moyenne : les femmes, les fonctionnaires, les fonctionnaires de la catégorie active et ceux de la catégorie insalubre. Concernant ces derniers, vos mesures poudre aux yeux ne sont qu’un miroir aux alouettes.
 

Votre politique de recul social passe enfin par la destruction des CARSAT et dans notre champ de la CNRACL et de son fonds national de prévention au sujet desquels nous avons demandé le lancement d'une auto-saisine ce matin en bureau du CSFPT.
 

Votre politique et vos choix ne sont pas inéluctables. La CGT en a fait la démonstration à travers ses propositions concrètes de financement du système des retraites.
 

Aujourd’hui, les responsabilités du Président de la République, du Premier Ministre et la vôtre sont très clairement posées dans la grave crise de société qui frappe la France dans toutes ses dimensions et toutes ses couches sociales.
 

Avec la menace de l’usage des dispositions antidémocratiques de la constitution de la Ve république (comme le 49.3), vous franchissez une nouvelle étape dans la dégradation de la démocratie, déjà entamée par la large répression contre les gilets jaunes, les organisations syndicales, les syndicalistes comme notre camarade Didier Manca, fonctionnaire territorial dans les Bouches-du-Rhône et les lycéens.
 

Plus grave, votre action politique renforce chaque jour d’avantage le nombre d’auditeurs de la funeste Radio Courtoisie, pour ceux qui ne la connaîtraient pas, radio d’extrême droite la plus écoutée de France.
 

Comme le disait le Mahatma Ghandi : « Lorsque nous critiquons, il faut le faire avec une humilité et une courtoisie qui ne laisse subsister aucune amertume ».

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