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11 / 02 / 2009 | 7 vues
Jean-Michel Daire / Membre
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IBM rogne les salaires de ses commerciaux

2008 a été marqué par un début de révolte envers le sort réservé années après années par IBM aux salaires de ses employés. En janvier 2008, une pétition intersyndicale a été signée par un grand nombre de collègues sous plan de commission, du fait d’une baisse de leur salaire fixe (déjà !). Et en mai et juin, un cran a été franchi avec deux mouvements de grève, bien suivis, et plusieurs assemblées générales.

Usine à gaz

La presse, et le Miroir social, s’en était fait largement l’écho … Le 4 février, à la suite d’un article du Figaro (peu suspect d’être un brûlot gauchisant), les médias nationaux se sont emparés de la nouvelle baisse du salaire fixe des commerciaux. Baisse annoncée discrètement dans un document en décembre, mais surtout visible sur la feuille de paie de janvier des collègues concernés.

Prise de court, la DRH a essayé d’enrayer le phénomène en niant quasiment ce qu’ont constaté nombre de commerciaux. Un démenti fort d’IBM, sauf qu’il n’apporte aucune preuve, et reste dans le verbiage.

Le système des commissions chez IBM relève de l’usine à gaz, mais les intéressés s’y retrouvent (en compréhension, mais de moins en moins financièrement).

  • Le plan de commission présenté au CCE en décembre 2008 confirme des modifications dans le rapport « part fixe/part variable ». Dans tous les cas, un système plus défavorable. De plus, les accélérateurs (qui permettent une croissance plus rapide de la part variable quand les objectifs sont dépassés) sont réduits, et le résultat sera désormais évalué sur la marge et non sur le résultat.

Dans ce jeu de dupe, les salariés concernés ont compris qu'en 2009 il leur sera difficile de compenser la baisse de leur fixe (subie par certains dès 2008).

Augmentation de la part variable pour tous

Instauration d’une politique financière en guise de gouvernance globale de l’entreprise C'est pourquoi la CFDT a tenu à apporter un éclairage réel de leur situation, cela s’inscrivant dans la défense globale des salaires et rémunérations, qui sont de plus en plus durement attaqués par IBM. Car le problème est là : le but affiché par IBM depuis le début des années 2000 est l’instauration et/ou l’augmentation de la part variable pour tous.

Avec un double but :

  • diminuer la masse salariale aisément, la part variable étant soumise aux seules décisions de l’entreprise;
  • poursuivre la politique de « tops performers », en poussant au départ les salariés non reconnus comme tels, soit au travers de l’évaluation des objectifs et le licenciement pour résultats insuffisants, soit en écoeurant la personne qui se cherchera du travail hors d’IBM.

Cette politique d’IBM est la conséquence de l’instauration d’une politique financière en guise de gouvernance globale de l’entreprise. IBM, comme de plus en plus de sociétés et surtout de multinationales, vise à « sécuriser » les dividendes. A savoir maintenir et même faire progresser le montant des dividendes, quelques soient les aléas économiques. Dans ce contexte, la masse salariale devient une variable d’ajustement, avec ses deux composantes : le volume d’effectifs, les salaires individuels.

Le seul endroit où il reste « un peu de viande sur l’os », est la rémunération des commerciaux. La politique salariale d’IBM des quinze dernières années est arrivée au taquet sur les possibilités de rogner les salaires individuels :

  • suppression des augmentations collectives depuis 1986
  • réduction maximale des augmentations individuelles (en nombre, moins de la moitié du personnel chaque année; et en montant, le pourcentage de la masse salariale consacré à celles-ci baisse régulièrement).

Le seul endroit où il reste « un peu de viande sur l’os », est la rémunération des commerciaux. Ce qui explique la transformation constante, et toujours à la baisse, de la règle du jeu concernant le rapport fixe/variable …

Et après ?

Soit IBM accepte de revenir en arrière, et de prendre en compte le fait que ses salariés sont des êtres humains à qui l’entreprise doit respect, reconnaissance et une juste rémunération. Mais ce n’est pas le chemin suivi depuis vingt-cinq ans.

Soit IBM accroît et accélère sa politique de délocalisation et de réduction d’effectifs. C’est ce que craint la CFDT, et ce à quoi elle se prépare, dans un contexte où la crise – argument plus ou moins spécieux, mais qui n’a pas encore été utilisée en interne – peut jouer un rôle de catalyseur favorable aux mauvais coups des décideurs et de leurs donneurs d’ordre.

Quoi qu’il en soit, la CFDT IBM demande à la direction de revenir à la table des négociations pour aborder dès maintenant le plan salaire 2009 (avec rattrapage pour 2008), la révision du plan de commissions, le retour de la Participation (disparue en 1992), pour qu'enfin chez IBM le fruit du travail soit redistribué aux salariés.  

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