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25 / 03 / 2016 | 10 vues
Françoise Gauchet / Membre
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Médecins de prévention : urgence face à un réseau en mauvaise santé

Face à la déliquescence du réseau des médecins de prévention à Bercy, notre fédération a tenu a interpeller le ministre des Finances et des Comptes publics pour trouver d'urgence des solutions à la pénurie de recrutements et à la fuite de certains médecins en poste...

Notre fédération a toujours considéré que le réseau des médecins de prévention des ministères économique et financier, premier outil de prévention des risques professionnels, était un élément fondamental d’amélioration des conditions de travail des agents.

Malheureusement, si de réels besoins existent, ils sont actuellement loin d’être satisfaits.

À ce jour :

  • 14 départements sont dépourvus de médecins de prévention ;
  • 20 départements ont un temps médical insuffisant ;
  • les infirmières d'Île-de-France et des métropoles régionales qui partent en retraite ne sont jamais remplacées.

Courant 2016, la situation va encore se détériorer :

  • 6 départements supplémentaires seront dépourvus de médecins de prévention ;
  • 4 départements supplémentaires auront une couverture insuffisante en temps médical ;
  • après la Bourgogne, deux régions supplémentaires vont perdre leur médecin coordonnateur régional (MPCR).

Les prévisions de 2017 ne sont guère meilleures en termes de disparition de postes d'infirmiers, de départs de médecins de prévention ou MPCR.

Quant à leurs conditions de travail, beaucoup reste à faire. Depuis longtemps, les médecins de prévention demandent que soient appliquées les conditions d'exercice figurant dans leur lettre de mission : un véritable secrétariat médical sur place ou une infirmière, l'exercice isolé sur le terrain étant à l'opposé de la pluridisciplinarité voulue par le législateur.

Fait particulièrement alarmant, outre les départs en retraite, on assiste aux départs de plus en plus nombreux de médecins de prévention exerçant depuis plusieurs années aux MEF, devançant parfois l'âge de la retraite.

Plus préoccupant encore, de jeunes médecins qui y exercent depuis peu de temps quittent ou vont quitter nos ministères économique et financier.

C’est l’expression d’un véritable découragement face à de mauvaises conditions d'exercice : d’un côté, une demande croissante et multiple d’interventions, de l’autre, des moyens humains et environnementaux notoirement insuffisants.

Cette situation est aggravée par la suppression de postes d'assistantes de délégation qui pouvaient apporter une aide ponctuelle.

Face à cette situation particulièrement préoccupante, la fédération des finances FO s’alarme. Il est plus que jamais urgent et nécessaire que des mesures soient prises pour renforcer le réseau de nos médecins de prévention et pour éviter que beaucoup d’entre eux ne partent exercer ailleurs.

C’est le sens de nos interventions répétées en CHSCT-M, CHSCT-AC et en groupes de travail de la CCP des médecins de prévention.

Pour atteindre cet objectif, encore faudrait-il que nos ministères soient suffisamment attractifs pour attirer les médecins de prévention dont nous avons besoin et aussi pour conserver ceux qui exercent dans notre ministère.

Le projet de plan ministériel de santé, sécurité et conditions de travail qui sera présenté au comité technique ministériel du 6 avril ne répond pas à cette urgence.

Dans l’intérêt des agents qui exercent leurs missions dans des conditions de plus en plus difficiles en ces périodes de restructurations et générant de plus en plus de souffrance au travail, il est de la plus haute importance pour notre fédération de trouver rapidement une solution permettant de maintenir et d’améliorer le réseau de la médecine de prévention de nos ministères et d’envisager d'accueillir des médecins-collaborateurs, afin de tenter d'assurer une relève, dans un contexte démographique tendu en médecine du travail.

 

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