Organisations
Un territoire performant doit s’inscrire dans la logique du « One Health »
Même si cette expression n’était pas encore utilisée à l’époque, c’est bien cette logique qui guidait déjà l’action publique. Avec l’adoption en 2009 de la loi « Hôpital, Patients, Santé, Territoires », puis en 2010, le déploiement effectif des agences régionales de santé »
Dans une interview accordée au CRAPS (le Cercle de Recherche et d'Analyse sur la Protection Sociale) , Yann Bubien, Directeur général de l’ARS PACA revient sur les raisons de la création des ARS , les enseignements à en tirer...et les évolutions qui paraissent souhaitables...
Les ARS ont été créées en 2010 pour mettre fin à un pilotage de la santé dispersé entre l’État, les départements et l’Assurance maladie, et pour mieux prendre en compte les spécificités régionales. Elles cristallisent cependant de nombreuses interrogations, qu’elles viennent des élus, des professionnels de santé ou des usagers.
Comment voyez-vous l’évolution du rôle des ARS et quelles seraient, selon vous, les pistes pour renforcer leur efficacité et leur lisibilité auprès des acteurs du territoire ?
Les agences régionales de santé ont été créées pour renforcer l’unité du pilotage des politiques de santé en France avec l’ambition d’articuler l’ensemble de leurs composantes, que ce soit la prévention, les soins de premier recours, l’hôpital, la santé publique, le médico-social ou la santé-environnement. Il s’agissait de rapprocher ces différentes dimensions afin de construire un parcours de santé cohérent et coordonné entre le sanitaire et le médico-social.
Face au constat d’activités dispersées, parfois redondantes et insuffisamment articulées entre elles, le choix a donc été fait de fusionner sept institutions au sein d’une structure unique. Ayant été aux côtés de Roselyne Bachelot, ministre de la Santé et des Sports, lors de l’initiation de cette réforme, je tiens à souligner que la création des ARS a représenté une innovation majeure dans notre pays, fruit d’un consensus très large qui a dépassé les clivages habituels et réuni l’ensemble des acteurs concernés, qu’il s’agisse des partis politiques, des collectivités territoriales, des organisations syndicales ou des fédérations. La réforme des ARS s’est donc construite sur un accord transversal et largement partagé qui traduisait une volonté collective de renforcer à la fois l’efficacité et la lisibilité de l’action publique dans le champ de la santé.
Toutes les parties prenantes appelaient de leurs vœux un pilotage unique et renforcé pour mettre en œuvre ce que nous appelons aujourd’hui « One Health ». Même si cette expression n’était pas encore utilisée à l’époque, c’est bien cette logique qui guidait déjà l’action publique. Avec l’adoption en 2009 de la loi « Hôpital, Patients, Santé, Territoires », puis en 2010, le déploiement effectif des agences régionales de santé sur le terrain après une année entière consacrée à leur mise en place, le dispositif a véritablement pris corps. Je considère que cette réforme a été de qualité, à la fois nécessaire et structurante. Les débats internationaux actuels sur le « One Health » démontrent d’ailleurs combien cette vision était juste et précurseure.
L’enjeu actuel consiste à préserver cette architecture tout en renforçant la coopération avec l’ensemble des acteurs, car les attentes en matière de proximité et d’ancrage territorial sont réelles et pleinement légitimes.
L’évolution naturelle des agences régionales de santé les conduit désormais à renforcer leur travail avec l’échelon départemental et avec les collectivités territoriales.
La collaboration avec les communes, les départements et les régions fonctionne bien, à travers des relations qui se sont progressivement structurées sur le terrain. Néanmoins, certains territoires restent confrontés à des difficultés persistantes.
Ce constat appelle à un renforcement des liens avec l’ensemble des collectivités, ainsi qu’avec les préfets régionaux et départementaux, avec lesquels la coopération est déjà très efficace.
L’agence ne doit pas être uniquement perçue comme une structure régionale. Elle doit disposer d’une véritable capacité d’action au niveau départemental puisque c’est à cette échelle que se jouent de plus en plus la proximité et l’efficacité de l’action en santé publique.
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