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19 / 03 / 2026 | 12 vues
Dominique Manissier / Membre
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MSA: Vives inquiétudes des organisations syndicales sur la Convention d’Objectifs et de Gestion 2026/2030

Les organisations syndicales CFDT, CFE CGC, CGT, FO, UNSA de la MSA ont vivement réagi lors de la réunion de la Commission paritaire permanente de négociation et d'interprétation qui vient de se tenir.

 


La Convention d’Objectifs et de Gestion 2026/2030 est encore en négociation et les informations qui nous parviennent sont extrêmement préoccupantes pour les salariés et les assurés de la MSA.


Une baisse de 1 205 ETP pour la prochaine COG n’a, à ce stade, pas été démentie. Dans ce contexte, les inquiétudes des salariés de la MSA sont bien réelles quant aux moyens qui seront effectivement accordés au réseau pour assurer ses missions.


Dans le même temps, aucune information précise n’a été communiquée concernant le niveau des moyens financiers ni l’évolution de la RMPP, ce qui laisse craindre que les efforts demandés au réseau soient du même ordre que lors des précédentes conventions.


Les organisations syndicales rappellent que la COG constitue l’outil central de pilotage de la MSA et qu’elle doit garantir la cohérence entre les missions confiées à l’institution et les moyens humains et financiers nécessaires à leur réalisation.


Pourtant, le bilan des vingt dernières années est déjà particulièrement lourd pour la MSA.


En effet, près d’un quart des effectifs a été supprimé en vingt ans, soit plus de 5 000 emplois dans le
réseau :
➢ COG 2005-2010 : –1 109 ETP
➢ COG 2011-2015 : –1 743 ETP
➢ COG 2016-2020 : –1 300 ETP
➢ COG 2021-2025 : –1 000 ETP


À ces réductions d’effectifs se sont ajoutées des contraintes budgétaires importantes, avec notamment une baisse atteignant près de 20 % du budget de fonctionnement lors de la dernière COG.


Plus largement, plusieurs postes de fonctionnement ont été fortement contraints au cours des dernières années, certains budgets ayant été divisés par deux en vingt ans. Cette situation fragilise les conditions d’exercice des missions dans le réseau.


Parallèlement, les salariés de la MSA ont subi une perte de pouvoir d’achat estimée à plus de 25 %, conséquence directe de l’absence de revalorisation de la valeur du point depuis de nombreuses années.



Ces efforts considérables ont été portés par les salariés, avec des conséquences déjà très visibles sur la charge de travail, les conditions d’exercice des missions et les risques psychosociaux.


Dans ce contexte, toute nouvelle réduction d’effectifs dans la prochaine COG compromettrait la capacité du réseau à garantir un service de qualité aux ressortissants agricoles


L’activité de la MSA ne diminue pas. Si la structure de la population agricole évolue, son volume reste globalement stable. En revanche, les situations rencontrées sont de plus en plus complexes et marquées par une précarité croissante du monde agricole, comme en témoigne la succession de crises nécessitant un engagement toujours plus important des agents MSA.


Cette évolution s’accompagne d’une complexification continue du cadre législatif et réglementaire. Les réformes et modifications successives des dispositifs imposent une adaptation permanente aux salariés et alourdissent considérablement le traitement des dossiers ainsi que l’accompagnement des ressortissants.


La perspective du développement de l’intelligence artificielle ne saurait être présentée comme une réponse aux difficultés rencontrées par le réseau ni comme une justification à de nouvelles suppressions d’emplois.


Si ces outils peuvent constituer un appui pour certaines tâches, ils ne peuvent remplacer l’expertise des salariés ni l’accompagnement humain indispensable face à des situations souvent complexes. Leur déploiement ne doit en aucun cas conduire à une automatisation excessive des réponses ni à une déshumanisation de la relation avec les ressortissants.


Les salariés de la MSA ne peuvent plus être la variable d’ajustement des politiques publiques. Ils ont déjà largement contribué aux efforts demandés.


Aujourd’hui, la question est celle de la soutenabilité du service public et de la santé au travail des agents.
 

Pour les organisations syndicales  : « garantir l’avenir de la MSA et son rôle incontournable pour le monde agricole implique de refuser de signer une COG réduisant encore les effectifs et les moyens dont les conséquences seraient immédiates et durables »

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