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05 / 03 / 2018 | 2 vues
Philippine Arnal-Roux / Membre
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Compétences des mandatés : la région Pays-de-la-Loire en pilote du dispositif

Les Pays-de-la-Loire ont été choisis par les membres du groupe de travail sur la certification des compétences des mandatés pour être la région pilote du dispositif. En attendant la publication des arrêtés qui officialiseront les premières certifications, les syndicats se préparent à la sélection des candidats à la valorisation.

« Avec ce groupe de travail, nous avons réussi à dépasser les a priori qui auraient pu freiner ce travail de fond en allant recueillir la parole des titulaires de mandats grâce à la mobilisation des confédérations », se félicite Mikaël Charbit, chef de la mission des politiques de certification professionnelle à la Délégation générale de l'emploi et de la formation professionnelle (DGEFP). Reconnaître les compétences des mandatés est en effet un serpent de mer auquel les organisations syndicales n'osent ou ne veulent se confronter depuis des décennies : question de culture, de légitimité, de rapport même à la pratique du syndicalisme, à la reconnaissance de l'engagement et des discriminations qu'elle implique.

La nécessaire reconnaissance officielle du parcours d’un mandaté

Si les organisations syndicales se sont mobilisées pour la première fois autour de ce groupe de travail, malgré un calendrier chargé en négociations depuis l'élection d'Emmanuel Macron, c'est que l'effort en vaut la chandelle. L'enjeu central est le renouvellement des générations de syndicalistes qu’il faut rassurer quant à un engagement pour la défense des salariés, engagement encore trop souvent discriminant. Reconnaître, par un moyen officiel, le travail mené et les compétences acquises dans ce cadre du mandat est un préalable nécessaire et indispensable. Chacun a aujourd’hui pris conscience qu'une vie professionnelle n'est plus linéaire et que l’étape suivante se prépare en amont. 

Un dispositif innovant de certification des mandatés en cours d’élaboration

La mise en place du CSE, le comité social et économique, fusion des instances représentatives du personnel (CE, CHSCT, DP), est un grand coup de projecteur sur les quelque 200 000 salariés mandatés qui vont devoir se réorienter, se repositionner ou se reconvertir dans leur entreprise d’origine ou ailleurs. Chaque syndicat a fait ses comptes : environ 60 000 respectivement pour la CGT et pour la CFDT et 35 000 pour Force Ouvrière.

Alors que la ministre du Travail veut inciter les grandes entreprises à négocier sur la reconnaissance des compétences des mandatés, en s'appuyant sur les recommandations de Jean-Dominique Simonpoli et Gilles Gateau, le travail initié par la DGEFP ordonné par la loi El Khomri prend une nouvelle tournure, beaucoup plus concrète. Les Cassandre qui annonçaient l'échec de ce travail se voient contrariées par la très prochaine mise en œuvre d'un dispositif innovant d'accompagnement vers une certification des mandatés.

 

Le patronat ou la ministre du Travail encore à convaincre ?

Reste cependant à convaincre les représentants des employeurs, qui n'ont pas donné suite à l'invitation de la DGEFP de participer à ce groupe de travail. Si leur absence n'a finalement pas freiné le processus en cours, l'inquiétude se porte sur la concrétisation au plus haut niveau des certifications accordées. Certains pressentent que la ministre du Travail, peu favorable à une quelconque intervention de l'État dans la vie des entreprises, soit le dernier obstacle à la publication des arrêtés tant attendus. C’est en effet elle qui décidera dans quelques jours ou semaines de la concrétisation totale du travail engagé depuis plus d'un an par la DGEFP, l'AFPA et les quatre organisations syndicales participantes (CGT, CFDT, FO et CFE-CGC).

Lire l’avis de la CGT et de la CFDT sur l’expérimentation à venir en Pays-de-la-Loire.

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