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Vers une dégradation du déficit des retraites plus importante que prévu à partir de 2045
Le rapport annuel du COR a été rendu public la semaine dernière...(*)
Les grandes lignes à retenir:
D’après l’instance indépendante, le déficit du système de retraite (régimes de base et complémentaire) devrait s'approcher des 6,8 Mds € en 2030, représentant 0,2% du PIB, une estimation proche de celle de son précédent rapport. Il atteindrait ensuite 0,9 point de PIB en 2045, mais se creuserait pour atteindre 2,4% du PIB, 25 ans plus tard (contre 1,4 point prévu dans la précédente estimation).
Ces projections plus alarmantes intègrent les nouvelles estimations de population établies par l'Insee (voir ci-dessous). L’indicateur conjoncturel de fécondité poursuivrait sa baisse et se stabiliserait à 1,45 enfant par femme à partir de 2028 (contre 1,8 auparavant), avec des répercussions sur le nombre de travailleurs. Les perspectives concernant le solde migratoire sont, quant à elles, revues à la hausse avec désormais 150 000 personnes supplémentaires attendues par an (après une hypothèse précédente de 70 000). A la clé, une hausse du nombre d'actifs et donc plus de cotisations. Par ailleurs, l’augmentation de l’espérance de vie devrait être finalement moins rapide qu’anticipé.
Les effets attendus de ces deux derniers points pourront, en partie, amortir l’impact de la crise au Moyen-Orient, et de la suspension de la réforme de 2023. Le coût de cette dernière est ainsi estimé à 1,8 Md € en moyenne en année pleine jusqu’en 2032.
Le COR examine par ailleurs, comme dans les éditions précédentes, plusieurs leviers pour redresser les comptes : diminution des dépenses, hausse des cotisations, recul de l’âge de départ. Il rappelle toutefois que seule cette dernière voie est «expansionniste». Dans le scénario de référence, en misant sur le seul «levier de l’âge», la piste d’un relèvement progressif est évoquée : 64,4 ans en 2030, 65,8 ans en 2045 et enfin 67,6 ans en 2070. Dans son précédent rapport, l'instance tablait alors sur 64,3 ans en 2030, 65,9 ans en 2045 et 66,5 ans en 2070.
Des conclusions qui ne manqueront pas de relancer le débat, à moins d’un an de la présidentielle de 2027…
(*)
- Protection sociale parrainé par MNH
- Vie économique, RSE & solidarité
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Le rapport du COR ne saurait justifier les discours alarmistes !
Pour Force Ouvrière, le rapport 2026 du COR confirme que les déséquilibres du système de retraite relèvent d’un problème de financement, et non d’un excès de dépenses.
Loin des discours alarmistes cherchant à justifier de nouvelles réformes, les dépenses de retraite restent stables sur le long terme, passant de 14,1% du PIB en 2025 à 14,2% en 2045. En revanche, si les dépenses restent globalement maîtrisées, les ressources diminuent progressivement dans les projections du COR.
Le véritable enjeu est celui du financement : il s’agit de garantir des recettes à la hauteur des besoins, et non de réduire les droits.
Près des deux tiers des ressources des régimes de retraite proviennent des cotisations sociales. À cet égard, le COR souligne que les exonérations et allègements de cotisations ne sont pas toujours intégralement compensés. L’absence de compensation coûtait ainsi 2,2 milliards d'euros en 2024 pour la branche vieillesse.
Dans ce contexte, FO s’oppose à toute nouvelle remise en cause des droits à la retraite et réaffirme sa revendication pour l’abrogation de la réforme de 2023 ! Pour FO, un nouveau recul de l'âge légal et de la durée de cotisations aurait des conséquences négatives sur les conditions de vie et la santé des travailleurs.
Le renforcement durable des ressources du système de retraite passe avant tout par une véritable politique de l'emploi : lutte contre le temps partiel subi, améliorer l’emploi des jeunes et des seniors, augmenter les salaires et donc l'assiette des cotisations sociales, atteindre l’égalité salariale entre les femmes et les hommes.
Pour FO, c’est par la négociation que nous pourrons trouver les réponses aux enjeux des retraites. Il appartient aux interlocuteurs sociaux d’en débattre, tant sur les choix de financement que sur la gouvernance.
Retraites : peut-on repousser l’âge de départ indéfiniment ?
Le Conseil d’orientation des retraites (COR) doit présenter son 13e rapport le 11 juin mais son contenu a déjà été rendu public par les médias. Selon ce document, les comptes du système de retraite pourraient se dégrader plus vite que prévu à long terme. La principale solution avancée serait un nouveau recul de l’âge de départ à la retraite à 67,6 ans en 2070.
Comment s’en étonner ? Depuis plus de trente ans, l’unique réponse apportée aux difficultés de financement des retraites est systématiquement la même : travailler plus longtemps ! Chaque réforme est présentée comme la solution permettant de garantir durablement l’équilibre du système, avant que quelques années plus tard un nouveau report soit à nouveau évoqué.
Poussée à l’extrême, cette logique conduit à une absurdité évidente : sur le papier, fixer l’âge de départ à 80 ou 90 ans améliorerait considérablement les comptes. Mais un système de retraite ne se gère pas uniquement sur un tableau Excel. Il doit tenir compte de la réalité du travail, de la pénibilité des métiers, de l’état de santé des salariés et des perspectives d’emploi. Personne ne conteste les évolutions démographiques ni les enjeux économiques. Mais peut-on sérieusement considérer que le recul permanent de l’âge de départ constitue l’unique réponse possible ?
Pour FO Métaux, il est temps de sortir de ce raisonnement fallacieux. La question n’est pas seulement de savoir combien de temps les Français doivent travailler. Elle est avant tout de savoir comment créer davantage d’emplois mieux rémunérés afin de financer durablement notre protection sociale. Un système de retraite solide repose avant tout sur un nombre suffisant de salariés en emploi et une industrie capable de produire sur notre territoire. Plutôt que de demander sans cesse aux salariés de prolonger leur maintien dans la vie active, nous devons agir sur l’emploi, la réindustrialisation, les salaires et la qualité de vie au travail. L’avenir des retraites mérite mieux qu’une approche exclusivement comptable. Il exige un débat de fond sur les choix économiques et sociaux pour notre pays. FO Métaux y prendra toute sa part.