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26 / 03 / 2020 | 366 vues
Gilles Bruchier / Membre
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Solidarité nationale : le gros couac de SFR sur le chômage partiel

Altice France et ses entreprises du pôle télécoms (SFR, SRR, SMR, SFR Fibre, Completel, SFR Business Distribution, Hivory, SFR FTTH et SFR Distribution) ont annoncé vouloir déposer une demande auprès de l'administration du travail pour mettre plus de 6.000 salariés (soit quelque 60 % des effectifs) en chômage partiel.
 

Dans le contexte actuel où la solidarité s'organise, la CFDT du pôle télécoms d’Altice France dénonce catégoriquement le procédé à l’œuvre.
 

En effet, s’il est certain que nos entreprises seront, comme toutes les autres, affectées d’une manière ou d’une autre par les mesures exceptionnelles de confinement qui s’imposent à beaucoup, il est tout aussi évident que par sa taille et sa nature, notre entreprise est l’une des plus mal placées pour faire appel au chômage partiel.
 

Rappelons en effet les réalités suivantes...
 

  • Le chômage partiel revient à faire indemniser le financement de la masse salariale des salariés concernés pendant la période envisagée par la collectivité nationale ; durant cette même période, les salariés concernés se voient amputés d’au moins 16 % de leur salaire mensuel moyen.
  • Cet effet d’aubaine de faire peser le coût du chômage partiel sur la collectivité mène nos dirigeants à prendre des risques sur la maintenance du réseau en positionnant des populations identifiées en plan de continuité d’activité (PCA) au chômage.
  • Le pôle télécoms d’Altice France est constitué d’une part de boutiques au sein desquelles les vendeurs ne peuvent assurément ni effectuer leur travail en présentiel (les boutiques sont fermées), ni à distance (par nature) et d’autre part de milliers d’autres salariés de l’opérateur de télécoms pouvant parfaitement continuer de travailler à distance, si tant est que l’entreprise veuille bien les équiper (pour les quelques-uns qui ne le seraient pas déjà).
  • Les clients (particuliers comme professionnels) en parc ne résilient pas soudainement leurs abonnements ; au contraire, la période montre que les connexions explosent et les forfaits avec. La justification économique qualifiée de « dramatique » par la direction n’est donc absolument pas constituée.
  • Il y a trois ans, le groupe a déjà procédé à la suppression de 5.000 emplois sur son pôle télécoms (sur 15.000) et paye encore aujourd’hui la désorganisation et la charge de travail en découlant.
     

Depuis cette annonce, la CFDT recueille des centaines de témoignages de la part de salariés venus de tout le territoire métropolitain et d’outre-mer, en provenance de tous les métiers, pour dénoncer cette attitude indigne quand d’autres prennent chaque minute de vrais risques pour sauver nos vies. Ce comportement (et l’image qui en découle) est cruellement ressentie par les salariés et trouve un écho aussi négatif auprès des clients qui font confiance à notre entreprise, à ses réseaux et à ses salariés.
 

La CFDT soutient tous les salariés et dénonce ce projet funeste et cynique avec la plus grande vigueur, lequel vise à tirer profit de la détresse collective pour préserver des résultats économiques qui ne seront certainement pas catastrophiques à l’échelle de l’exercice en cours et en comparaison des autres sociétés comparables du secteur.
 

La CFDT demande enfin que les instances représentatives du personnel soient valablement consultées et que les justifications précises soient apportées aux mesures envisagées, à travers un dossier solide et étayé.

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