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15 / 01 / 2021 | 88 vues
Agnès Rivière / Membre
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Qualité de l'air : nouvel indice et outils pour les CSE

Depuis le 1er janvier 2021, un nouvel indice atmosphérique offre une meilleure compréhension de la qualité de l’air en France. C’est l’occasion de faire le point sur les effets de la pollution atmosphérique sur la santé et l’environnement et d'explorer les outils à la disposition des comités sociaux et économiques (CSE) pour agir.
 

Quoi de neuf chez Atmo ?
 

L’indice Atmo est un indicateur journalier de la qualité de l'air, créé en 1994. Il mesure la concentration dans l’air d’un certain nombre de gaz polluants. Depuis sa création, la méthodologie de calcul est restée inchangée. Pour ses 26 ans, le nouvel Atmo a donc fait peau neuve.
 

L’ajout de nouveaux gaz est l’une des nouveautés majeures. L’ancien Atmo ne mesurait que quatre polluants : dioxyde de soufre (SO2), dioxyde d'azote (NO2), ozone (O3) et particules (PM10). Notons au passage que l’on n’y trouve pas le dioxyde de carbone (CO2) : nous y reviendrons. La nouvelle version tient désormais compte des particules d'un diamètre inférieur à 2,5 µm (PM2,5), plus connues sous le nom de « particules fines ».

Ces particules (PM2,5) pénètrent plus facilement dans l’organisme que leurs aînées (PM10). Les PM10 vont jusqu'aux bronches, les PM2,5 vont jusqu'aux alvéoles et les plus petites (PM1,0) peuvent même passer dans le sang. « En zone rurale, les épandages agricoles et les émissions liées au chauffage sont surtout des PM2,5. En ville, les particules proviennent du freinage des véhicules et de l’usure des freins », explique Thomas Bourdrel, cofondateur du collectif Air-Santé-Climat, dans L’Humanité.
 

La révision à la hausse des seuils d’alerte est une autre avancée majeure. En effet, les standards européens, plus protecteurs pour la santé, n’étaient pas intégrés dans l’ancien Atmo. C’est désormais chose faite. 
 

Autre nouveauté à souligner : l’ancien Atmo n’était disponible que dans les agglomérations de plus de 100 000 habitants. Le nouvel indice concerne désormais le pays entier, avec une évaluation disponible au niveau de chaque communauté de communes.
 

Un exemple concret
 

Voici par exemple les prévisions de concentration des particules fines (PM2,5) le 13 janvier 2021, en France métropolitaine, disponibles sur la plate-forme nationale PREV’AIR (Jacques de son prénom… euh, non). 

Carte des prévisions PREVAIR

Selon les seuils et les couleurs du nouvel Atmo, la qualité de l’air est considérée comme dégradée à partir de 20 µm/m2 (jaune). À partir de 25 µm/m2 (orange), elle est mauvaise. À noter que l’Organisation Mondiale de la Santé recommande une valeur de 10 μg/m3.
 

Plus de jours pollués : doit-on s’inquiéter ?
 

Oui. On peut s’attendre à davantage de jours pollués avec le nouvel Atmo. Par exemple, Paris devrait passer de 10 à 83 jours par an en indice « 26 janv. 10h00 PT / 19h00 CETvmauvais ». Pour les Marseillais, ça sera 89 contre 5 et pour les Lyonnais, 108 contre 14.

Pas de quoi s'alarmer pour autant. La méthode de calcul étant devenue plus exigeante, les dépassements de seuil reflètent désormais la réalité, alors que l’ancien indice avait tendance à minimiser le niveau de pollution.


Malgré cet effet trompe-l’œil, la qualité de l’air s’est plutôt améliorée en France ces dernières années, avec deux fois moins de particules émises en 2019 qu'en 2000. Il reste cependant du chemin à parcourir pour respecter les valeurs limites au quotidien, sur l’ensemble du territoire.

Evolution de certains polluants en France

Malgré certains dépassements, les émissions de gaz polluants sont en baisse depuis vingt ans, selon le bilan de la qualité de l’air extérieur en France en 2019. © SDES / réalisation Datagora.
 

Bonne année... Et bonne santé ?
 

Si la qualité de l’air nous importe, c’est en premier lieu pour ses conséquences sur la santé. La pollution atmosphérique serait responsable de 48 000 décès prématurés par an, soit 9 % de la mortalité en France. À titre de comparaison, l’épidémie de covid-19 a donné lieu à 68 800 décès, selon les estimations de Santé Publique France (au 12 janvier 2021).
 

Les épisodes de fortes concentrations de produits polluants mènent à des irritations oculaires, des crises d’asthme ou encore des troubles cardio-vasculaires et respiratoires. Mais les effets nocifs ne se limitent pas aux pics de pollution, bien au contraire. C’est l’exposition chronique à la pollution de l’air qui présente le plus de risques pour la santé : cancers, pathologies cardiovasculaires et respiratoires, troubles neurologiques, troubles du développement, diabète etc. Dans les zones les plus exposées, la perte d’espérance de vie pourrait dépasser deux ans.
 

Au-delà de la santé humaine, la pollution de l’air fragilise également nos écosystèmes. L’ozone, par exemple, provoque l’apparition de nécroses visibles sur les plantes et entraîne des baisses de rendement agricole (entre 5 et 20 % selon les cultures). D’autres polluants contaminent les sols et l’eau et perturbent l’équilibre chimique des végétaux. C’est par exemple le cas de la pollution à l’azote, qui entraîne une croissance anormale des algues sur les étendues d’eau ou encore des phénomènes de pluies acides, très nocives pour les forêts.
 

Qualité de l’air et climat, même combat ?
 

Oui et non. Les polluants mesurés par Atmo ne sont pas les mêmes que les gaz régis par le protocole de Kyoto (dioxyde de carbone, méthane, protoxyde d'azote et trois substituts des chlorofluorocarbones). Ces polluants sont à différencier des gaz dits « à effet de serre » qui sont responsables du réchauffement climatique, à l’exception notable de l’ozone qui coche les deux cases (pollution + effet de serre). Paradoxalement, certains polluants atmosphériques ont même tendance à refroidir le climat : c’est le cas de la plupart des particules en suspension dans l'air, aussi appelées  « aérosols » (on y retrouve nos fameuses particules fines). Ce n’est donc pas tant pour le climat qu’Atmo nous inquiète mais bien pour la santé humaine et celle des autres êtres vivants.


Malgré tout, les polluants d’Atmo proviennent des mêmes activités (industrie, transports et agriculture) que les gaz à effets de serre. Beaucoup d’activités émettrices de pollution sont associées à une consommation d’énergie. Les actions de sobriété énergétique contribuent donc pour la plupart à la fois à améliorer la qualité de l’air et à lutter contre le changement climatique.


Par exemple, le transport représente 55 % des émissions d’oxyde d’azote. Privilégier la marche, le vélo et les transports en commun, choisir le covoiturage ou encore pratiquer l’éco-conduite (vitesse souple et réduite, usage modéré de la climatisation etc.) constituent des solutions communes pour la santé et pour le climat. De même pour les économies d’énergie à la maison, comme choisir un appareil performant (chaudière à condensation, label « flamme verte » etc.) ou encore isoler son logement et réduire la température.


Ce constat n’exclut pas quelques contradictions soulignées par Atmo France. Par exemple, le chauffage au bois (qui permet de diminuer les émissions de CO2 mais peut s’accompagner de rejets de polluants pour certaines installations) ou encore les véhicules diesels (qui émettent moins de CO2/km mais émettent davantage de particules et d’oxydes d’azote).
 

Agir : quelques ressources utiles pour les CSE
 

Vous êtes représentant du personnel et vous souhaitez vous mobiliser ? Vous pouvez commencer par informer les salariés de la qualité de l’air près de chez eux.
 

Pour cela, retrouvez les informations de votre région sur le réseau Atmo, avec la mise en œuvre du nouvel indice par AirBreizh ci-dessous, par exemple.

Air Breizh met en oeuvre le nouvel Atmo

Vous pouvez également informer les salariés sur les enjeux de la qualité de l’air et les solutions à leur portée, par exemple grâce à ce guide pratique du Ministère de la Transition écologique, publié en juin 2020. Autre pépite, cette campagne et ces affiches clefs-en-main réalisés par Atmo Auvergne-Rhône-Alpes, pour sensibiliser les salariés aux bons gestes à adopter.
 

Si vous voulez aller encore plus loin, retrouvez tout un tas d’idées pour accompagner l’évolution du mode de vie des salariés vers davantage de sobriété dans notre précédent article.
 

©ATMO France / Agence Terra Publica
©ATMO France / Agence Terra Publica

 

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