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Plan "Egalité professionnelle" à Bercy: De bonnes intentions mais peu de concret !
Un groupe de travail ministériel, présidé par la cheffe de service des ressources humaines, consacré au suivi du plan d’action 2025-2027 en faveur de l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes s’est réuni le 1er octobre afin de dresser un bilan des actions engagées et des mesures restant à mettre en œuvre.
Etat d’avancement du plan : de bonnes intentions mais peu de concret
Le tableau de suivi montre en effet un niveau d’engagement assez hétérogène.
Certaines directions ont réellement décliné des actions, avec des mesures concrètes et des indicateurs. À l’inverse, certaines directions sont plus laconiques et se limitent à “en cours”, “à venir”, “relais de l’action ministérielle” ou renvoient même au prochain plan. Ils restent encore trop d’actions « A initier » et pas des moindres :
Sur l’accompagnement à la monoparentalité ;
Sur la prévention des risques santé spécifiques aux femmes ;
Sur l’égalité salariale et l’expérimentation liée aux primes ;
Sur la formation de représentants du personnel à l’accompagnement des victimes de VSS.(Les violences sexistes et sexuelles )
Bref, l’avancement de ce plan est à l’image de ce que notre fédération dit depuis plusieurs années et pour laquelle nous n’avons pas signé l’accord : des bonnes intentions, beaucoup de communication, mais peu de mesures concrètes et mesurables pour la carrière, la rémunération, les conditions de travail et la protection des agentes.
Des constats qui restent préoccupants
Les résultats de l’Observatoire interne 2026 montrent que 9 % des agentes et agents interrogés déclarent avoir eu le sentiment d’être victimes de discriminations au cours de l’année écoulée, contre 8 % en 2025. Le sexe constitue le premier critère d’inégalité de traitement cité : il est mentionné par 27 % des personnes ayant déclaré avoir subi une discrimination, avec une différence importante entre les femmes et les hommes.
Les situations les plus fréquemment citées concernent notamment l’évaluation individuelle, l’accès à une promotion et l’accès à un poste ou à des responsabilités. Le diagnostic sur le sexisme au travail confirme également la persistance de stéréotypes. Plus de 90 % des agentes et agents reconnaissent l’impact négatif du sexisme au travail.
Les femmes déclarent davantage être confrontées à des attitudes ou décisions sexistes et aux conséquences qu’elles peuvent entraîner sur leur parcours professionnel.
Ces constats doivent conduire à davantage de transparence dans les règles de gestion et à un suivi réel des carrières, des promotions et des responsabilités selon le sexe. Sexisme au travail : ça suffit !
L’enquête #StOpE confirme la persistance du sexisme dit « ordinaire » au sein des MEF. Plus de 90 % des agentes et agents reconnaissent son impact négatif au travail. Les femmes déclarent notamment être confrontées aux propos et blagues sexistes, au sexisme en réunion, à l’invisibilisation, aux stéréotypes et aux attitudes discriminantes.
Notre fédération revendique une véritable tolérance zéro : prévenir, former, mais aussi protéger les victimes et sanctionner les faits lorsqu’ils sont établis.
Parentalité : des outils qui doivent devenir des réalités
La conciliation entre vie professionnelle et vie personnelle reste l’un des principaux freins à la carrière identifiés par les agents. La charge familiale constitue également un enjeu important dans la lutte contre les discriminations. Le ministère poursuit la mise à jour de son guide de la parentalité et rappelle l’importance des entretiens avant le départ et au retour du congé maternité. L’entretien de retour doit intervenir au plus tard dans les quinze jours suivant le retour de congé et permettre d’aborder les conditions de reprise, les éventuels aménagements du poste ou des horaires, mais également la formation, la mobilité et l’évolution professionnelle.
Ces dispositifs doivent garantir qu’une maternité ou un congé parental ne pénalise ni la carrière, ni les promotions, ni les possibilités d’évolution.
Allaitement : des espaces dédiés à développer
Le ministère prévoit la possibilité de mettre à disposition des espaces permettant aux agentes qui le souhaitent de tirer leur lait. La médecine de prévention précise que ces espaces doivent notamment garantir l’intimité et respecter des conditions d’hygiène et de sécurité adaptées. Ces espaces doivent notamment disposer d’une prise électrique, d’un espace propre et de conditions permettant la conservation du lait dans de bonnes conditions.
Nous demandons que ces espaces soient effectivement disponibles dans les services et que les agentes comme les responsables hiérarchiques soient clairement informés des dispositifs existants.
Egalité professionnelle : la question des carrières reste centrale
Les travaux engagés par le ministère portent notamment sur les écarts de rémunération et les freins rencontrés par les femmes au cours de leur carrière.
Une étude spécifique sur les freins à la carrière des femmes a été lancée en 2026 afin d’identifier les parcours concernés, les événements déterminants et les règles susceptibles de constituer des obstacles.
Pour nous , l’objectif doit être clair : identifier les écarts, comprendre leurs causes et surtout mettre en œuvre les mesures nécessaires pour les résorber. Mixité des métiers : lutter contre les stéréotypes Une cartographie de la mixité des métiers est actuellement réalisée afin d’identifier les métiers, corps, directions et services dans lesquels la mixité reste insuffisante.
Des entretiens et groupes de travail doivent également permettre d’identifier les freins à cette mixité. L’objectif est notamment de produire des recommandations opérationnelles permettant de favoriser une meilleure mixité dans les différents métiers et filières.
Cette étude doit vraiment déboucher sur des mesures concrètes permettant de combattre les stéréotypes et de garantir à toutes et tous les mêmes possibilités d’accès aux métiers et aux responsabilités.
Lutter contre les violences sexistes et sexuels (VSS) : prévenir, signaler, protéger Un parcours de formation spécifique a été mis en place et 3 750 personnes ont été formées par la Délégation diversité et égalité professionnelle en 2025 et 2026, tandis que les directions développent leurs propres actions de sensibilisation.
Un violentomètre sur les VSS et une fiche d’information sont également en cours d’élaboration.
Leur diffusion est prévue à partir du 25 novembre 2026. Un observatoire des signalements a par ailleurs été créé afin de mieux suivre les situations de VSS et de discrimination et de travailler à l’harmonisation des procédures de traitement.
Pour notre fédération , les dispositifs de signalement doivent être connus, accessibles et surtout permettre une prise en charge rapide et une protection effective des victimes.
Violences intrafamiliales : un drame qui concerne aussi le ministère
L’enquête réalisée en 2026 auprès des assistantes et assistants de service social et des médecins du travail confirme que les violences intrafamiliales sont une réalité connue dans les services du ministère. En 2025, 32 % des assistants de service social ayant répondu ont eu connaissance d’une nouvelle situation d’agente ou d’agent victime de violences conjugales et/ou intrafamiliales ; ce taux atteint 41 % chez les médecins du travail.
Un protocole d’accompagnement et de soutien des victimes de violences intrafamiliales est en cours de finalisation. Il prévoit notamment de faciliter les démarches de dépôt de plainte et de mobiliser le réseau des correspondants sociaux, notamment pour rechercher un logement d’urgence.
Notre organisation syndical demande que chaque victime puisse bénéficier d’un accompagnement social, psychologique et juridique adapté et d’une véritable protection professionnelle lorsque sa situation le nécessite.
Pour rappel, elle n’a pas signé l’accord égalité F/H en 2025 car celui-ci manquait d’ambition.
Ce qui nous a été présenté lors de ce groupe de travail confirme ce constat.
Certes, de nombreuses actions sont engagées mais on peine à voir les effets concrets et les améliorations dans la vie professionnelle des agentes et des agents. Les résultats de l’Observatoire interne le prouvent.
Notre fédération continuera donc à porter des exigences simples et concrètes : de la formation, de la transparence dans les règles et leur application, des carrières réellement égalitaires, des rémunérations sans discrimination, des conditions de travail adaptées, une véritable protection des victimes et des sanctions à la hauteur quand une situation l’exige.