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16 / 06 / 2026 | 6 vues
Justine Guigues / Membre
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Les finances locales en 2025 : entre redressement fragile et poursuite de l’effort d’investissement

La 7èmeédition du Baromètre (1) de la santé financière des collectivités de l’AFL, la banque des collectivités locales, met en évidence une amélioration globale de la situation financière des collectivités en 2025. Dans un contexte marqué par le ralentissement de l’inflation, la progression de l’épargne brute et la stabilisation des principaux indicateurs financiers témoignent de la capacité d’adaptation des élus locaux, en dépit de leur contribution accrue au redressement des comptes publics.


Ce panorama 2025 des finances locales met également en lumière une situation singulière : les collectivités continuent d’investir massivement alors même que cet effort est financé de manière croissante par l’emprunt. A la fin du mandat précédent, l’investissement local a atteint un niveau historique. Malgré le redressement de l’autofinancement observé en 2025, le recours à la dette poursuit sa progression, faisant émerger un enjeu central pour le mandat 2026-2032 : préserver la capacité d’investissement des collectivités dans un environnement budgétaire durablement contraint.
 


Les finances locales en 2025 : entre redressement fragile et poursuite de l’effort d’investissement

 

La situation financière du monde local apparaît assez contrastée en 2025. La note financière moyenne subit une inflexion à 2,95(2,82 en 2024) malgré une hausse de l’épargne brute qui atteint 44,4 Md€ (+6,3 %).Cette amélioration traduit une capacité de résistance réelle dans un environnement, certes moins inflationniste, mais marqué par une contribution substantielle au redressement des comptes publics nationaux.

Deux dynamiques se confirment :un bloc communal encore solide mais sous tension croissante, des départements et des régions engagés dans un redressement fragile.

 

Un investissement toujours élevé… de plus en plus financé par la dette

 

En 2025, les collectivités maintiennent un niveau d’investissement exceptionnel, avec 84,5 Mds€ de dépenses d’investissement, dont 66,9 Mds€ d’équipement brut (+3,6 %).

 

Mais le modèle de financement évolue : la part de l’autofinancement recule (27 % en 2025 contre 34 % en 2019), tandis que l’emprunt représente désormais près d’un tiers du financement de l’investissement (33 %). D’ailleurs, après un recours à l’emprunt de 27 Mds€ en 2024, l’exercice 2025 marque un nouveau record avec 29,5 Mds€ d’emprunts nouveaux. Cette dynamique se traduit par une hausse de l’encours de dette, qui s’établit désormais à 225,8 Mds€ (+4,6 %).

Au cours du mandat écoulé, l’endettement progresse d’ailleurs beaucoup plus vite que les dépenses d’investissement : +57,1 % pour l’emprunt depuis 2019, contre +22,4 % pour l’investissement sur la même période.

 

Les communes : des trajectoires financières distinctes selon les strates démographiques

 

Le bloc communal reste le principal moteur de l’investissement public local. Les communes affichent une note moyenne de 2,94, en légère dégradation, confirmant un infléchissement amorcé l’an dernier.

Cette évolution recouvre en réalité des situations de plus en plus différenciées. Deux dynamiques se dessinent parmi les communes : celles de plus de 100 000 habitants voient leur situation s’améliorer, portées par une progression soutenue de leurs recettes et un redressement de leur épargne, tandis que la situation se dégrade pour la majorité des autres strates, en particulier les plus petites, dont les recettes sont moins dynamiques.

 

Plusieurs indicateurs confirment ce constat:

 

  • 5,3 % des communes présentent une situation financière dégradée (vs 4,6 % en 2024) ;
  • 6 514 communes ont une épargne nette négative en 2025 (+17 % en un an) ;
  • Le recours à l’emprunt progresse (+15,8 % pour les communes).

 

L’intercommunalité à fiscalité propre : une trajectoire budgétaire toujours bien orientée, portée notamment par les communautés de communes

 

Les groupements à fiscalité propre (GFP) confirment en 2025 une situation toujours bien orientée, avec une note financière moyenne de 3 (leur niveau le plus favorable de ces dernières années).

Cette dynamique repose en grande partie sur la solidité des communautés de communes, qui représentent 78 % des EPCI. Dans l’ensemble :

  • L’épargne brute progresse légèrement (+2 %), portée par une hausse des recettes (+2,2 %) proche de celle des dépenses (+2,3 %) ;
  • L’investissement demeure dynamique, avec des dépenses d’équipement en hausse de 10,8 %, sans dégrader significativement les équilibres financiers ;
  • Le stock de dette atteint 56,5 Mds€ (+6,5 %), mais dans un cadre globalement maîtrisé sur la durée.

 

Outre-mer : des situations plus fragiles et hétérogènes

 

Les collectivités ultramarines présentent des situations financières globalement moins favorables que celles de l’Hexagone, en raison de fragilités structurelles persistantes.

À l’échelon communal, l’écart de notation avec les communes de l’Hexagone se réduit toutefois en 2025 (0,74 points vs 0,88 en 2024), traduisant une amélioration relative.

 

Les trajectoires restent cependant très contrastées selon les territoires, en lien avec :

  • Des niveaux d’épargne plus faibles (par exemple 4,8 % en Guyane ou 8,5 % en Martinique);
  • Des besoins d’investissement élevés, notamment liés au rattrapage en matière d’équipements et à l’adaptation des territoires aux enjeux climatiques ;
  • Des conditions d’accès au financement plus contraintes

 

Départements : un redressement réel mais précaire

 

Après deux années de forte dégradation, les départements amorcent un redressement.Leur note moyenne s’établit à 3,65, tandis que leur épargne brute progresse fortement (+22,8 % à 6,9 Mds€).

Cette amélioration repose notamment sur le rebond des droits de mutation (+20,9 % à 11,8 Md€).Mais elle s’accompagne d’arbitrages contraints :

  • Recul de l’investissement, avec des dépenses d’équipement en baisse de 11,2 % (à 7,4 Mds€) ;
  • Maintien d’un recours élevé à l’emprunt, malgré un léger repli : 5,2 Mds€ empruntés en 2025, soit un niveau supérieur à celui observé en 2023 (3 Mds€) ;
  • Rebond de l’épargne, mais qui demeure fragile : l’épargne brute progresse de 22,8 % pour atteindre 6,9 Mds€, portant le taux d’épargne de 7,9 % à 9,4 %.

 

Régions : une amélioration fragile dans un cadre contraint

 

Les régions enregistrent également une améliorationen 2025, avec une note moyenne de 3,55(contre 3,71 en 2024) et une épargne brute en haussede 6,3 Mds€ (+7,3 %).

Ce redressement s’appuie sur une progression contenue des dépenses de fonctionnement (+1,1 %) et une légère dynamique des recettes (+2,2 %).
Il s’accompagne toutefois d’arbitrages marqués, en particulier sur l’investissement, en recul de 8,4 % à 13,9 Mds€.

Dans le même temps, l’endettement poursuit sa progression : l’encours atteint 38,8 Mds€ (+4,2 % en 2025), soit une hausse de près de 40 % depuis 2019.



Conclusion du Baromètre

« Cette 7èmeédition du Baromètre met moins en évidence un retour à la normale qu’une capacité de résistance sous contrainte. Les collectivités continuent d’investir massivement et d’assumer un rôle central dans l’économie territoriale, mais dans un cadre marqué par l’incertitude et une dépendance accrue à l’endettement.

Le véritable enjeu n’est plus seulement le niveau d’investissement, mais sa soutenabilité dans la durée, appelant plus que jamais à une lecture nuancée et prudente des équilibres financiers locaux. », Yann Doyen, Directeur des Engagements de l’AFL.

 

Retrouvez le Baromètre sur le site de l’AFL :

https://www.agence-france-locale.fr/app/uploads/2026/06/barometresantefiafl-2026.pdf

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(1) Focus méthodologique :

 

Le Baromètre repose sur la note AFL, allant de 1 (meilleure) à 7 (plus dégradée), calculée à partir de données publiques issues de la DGFiP, et qui prend en compte :

  • La solvabilité (55 %),
  • Le poids de l’endettement (20 %),
  • Les marges de manœuvre budgétaires (25 %).


Elle permet de suivre l’évolution des finances locales année après année, à travers des indicateurs compréhensibles, lisibles et comparables.

Nouveauté 2026 : le Baromètre s’enrichit d’un volet sur l’investissement public local et de ses modalités de financement !

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