La Mutuelle des métiers de la justice toujours dans la tourmente
La Mutuelle des métiers de justice (MMJ) traverse une crise de gouvernance d’une ampleur inédite. Placée sous surveillance renforcée par l’ACPR et engagée dans un processus de transfert de portefeuille, l’institution est confrontée à de graves tensions internes.
La Direction de la MMJ a « ouvert le bal » l’année dernière en tentant d’imposer aux élus du CSE un PSE (Plan de sauvegarde de l’emploi), que nous avons empêché en intervenant immédiatement.
Une tentative intervenue sans information préalable du Conseil d’Administration et dans un contexte de dégradation progressive de la situation financière depuis 2017. Cette trajectoire a conduit l’ACPR (1) à placer la MMJ sous surveillance renforcée et à exiger le transfert du portefeuille d’adhérents vers l’UMG AESIO au 1er janvier 2027.
Gouvernance sous tension et crise institutionnelle inédite
Alors que cette situation aurait dû conduire à davantage de prudence et de stabilité, elle a, au contraire, débouché sur une crise inédite dans le monde de la mutualité. Le 5 mai 2026, deux Assemblées
générales concurrentes se sont tenues le même jour, illustrant un conflit de gouvernance profond et une perte de contrôle institutionnel.
Outre le caractère lamentable de ces événements, cette situation a des conséquences directes sur le fonctionnement de l’organisme.
Les salariés pris en otage
Ce sont en premier lieu les salariés qui subissent les effets de cette instabilité.
On constate notamment trois mises à pied en trois semaines, dont certaines apparaissent manifestement infondées, des mesures de « sécurité » consistant à confiner les salariés dans les locaux ou à les renvoyer à domicile sans délai ou des injonctions contradictoires émanant de deux directions concurrentes.
Ce climat anxiogène a notamment conduit la direction à mettre en place une psychologue d’entreprise et à annoncer une enquête sur les risques psychosociaux.
Et dans ce contexte dégradé, notre délégué syndical a fait l’objet d’intimidations, la RH estimant qu’il posait « trop de questions ».
Un fonctionnement quotidien chaotique
Même les opérations les plus élémentaires sont impactées. Le paiement des salaires a ainsi posé problème au mois de mai, la banque ayant besoin d’un interlocuteur clairement identifié pour procéder au versement des paies. Ces dysfonctionnements illustrent le niveau de désorganisation atteint par la structure.
Intervention de l’ACPR et mise sous administration provisoire
Face à cette situation, l’ACPR a désigné une administratrice provisoire. Nous nous sommes déjà adressés à elle afin que cessent les comportements discriminatoires à l’encontre de notre délégué syndical. Par ailleurs, notre fédération avait déjà écrit à la Direction de la MMJ le 12 mai et diffusé un communiqué dans la presse spécialisée pour dénoncer cette situation indigne d’une mutuelle.
Une priorité : rétablir des conditions de travail normales
Au-delà des tensions de gouvernance, l’urgence est aujourd’hui de rétablir un fonctionnement normal de l’organisme.
Cela passe par la fin des pratiques de gestion déstabilisantes, la clarification des chaînes de décision et le retour à un dialogue social respectueux .
Dans une période aussi critique, la priorité doit rester la même : protéger les salariés et garantir leurs droits.
1). Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution.
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Une exigence constante :Protéger les salariés
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Notre fédération ne prend pas parti dans un conflit de gouvernance : ce sont les juges qui diront le droit. En revanche, notre position est claire et constante : les salariés ne doivent pas faire les frais de cette
situation.
Nous exigeons :
• leur protection pleine et entière ;
• le respect scrupuleux des droits des instances représentatives du personnel ;
• le respect des droits des délégués syndicaux.
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VYV: Derrière les valeurs mutualistes...Des tensions sur l’indépendance professionnelle
Après la crise traversée par la MMJ, c’est aujourd’hui le groupe VYV (49 000 salariés) qui se retrouve sous tension. Une mobilisation intersyndicale FO et CFE-CGC, le 25 juin, a mis en lumière un conflit autour des pratiques imposées à des chirurgiens-dentistes.
Pour les organisations syndicales, l’enjeu est désormais clair : garantir que les choix économiques ne se fassent pas au détriment de l’indépendance professionnelle, de la qualité des soins et des engagements fondamentaux du modèle mutualiste.
La mobilisation intersyndicale visait à dénoncer les sanctions prises à l’encontre de cinq chirurgiens-dentistes. Ces praticiens refusent des pressions visant à imposer l’achat de prothèses dentaires fabriquées en Chine et hors Union européenne, au détriment de leur indépendance professionnelle, de leur déontologie et de la qualité des soins.
Au-delà de ces situations individuelles, plusieurs professionnels expriment une inquiétude plus large : la crainte d’être, eux aussi, exposés à des pressions et à des sanctions similaires.
Inquiétude collective sur les pratiques imposées aux soignants
Cette mobilisation est l’expression d’une inquiétude collective et d’une volonté commune de défendre l’indépendance professionnelle, la qualité des soins et le respect de la déontologie. Au-delà de ces questions, la pratique questionne également la souveraineté sanitaire et l’utilisation des financements issus de la Sécurité sociale et des complémentaires santé. Car dans les faits, les remboursements accordés aux patients restent identiques, quel que soit le pays de fabrication des prothèses.
C’est dans ce contexte que les organisations syndicales dénoncent une politique favorisant le recours à des productions réalisées hors Union européenne, dans une logique principalement économique.
Logique économique contestée au détriment de l’emploi local
Alors que le groupe vante à l’envi les « valeurs du mutualisme et de l’Economie Sociale et Solidaire », les organisations syndicales alertent sur les effets de ces orientations. Elles dénoncent une stratégie qui privilégie des importations de prothèses dentaires fabriquées en Chine et hors Union européenne, au détriment des laboratoires français et des emplois locaux.
Nous dénonçons cette logique exclusivement financière qui n’a plus aucun rapport avec les « valeurs mutualistes » dont s’enorgueillit le groupe Vyv.
Impacts économiques, sociaux et environnementaux
Au-delà de la seule question industrielle, c’est l’ensemble du modèle qui est interrogé.
Un fonctionnement centré sur la recherche de réduction des coûts fragilise l’emploi local, la souveraineté sanitaire et les engagements environnementaux, en favorisant des importations à forte empreinte carbone.
À l’inverse, les organisations syndicales estiment que des actions concrètes visant à améliorer l’attractivité des centres dentaires permettraient de répondre durablement aux difficultés de recrutement, tout en assurant la pérennité de l’activité
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