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06 / 05 / 2021 | 109 vues
Laurent Weber / Membre
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La crise va-t-elle servir de prétexte pour en finir avec les accueils physiques des organismes de Sécurité sociale ?

Alors que les assurés, allocataires et pensionnés ont plus que jamais besoin d’avoir accès à leurs centres de Sécurité sociale, les directions se servent de la crise pour essayer de les éloigner de leurs accueils afin de poursuivre leur politique de remise en cause du service public.

 

Avec le premier confinement, les accueils de la Sécurité sociale (comme l’ensemble des structures de ce pays) ont été contraints de fermer leurs portes car les directions ne pouvaient pas protéger les agents, du fait du manque de masques et de matériel de protection. Lorsque la question de la reprise des activités au mois de mai s'est posée, la section fédérale FO est intervenue auprès de la CNAM avec une exigence : la réouverture des accueils pour reprendre la réception des assurés en aléatoire. Parce que cette revendication était portée par le personnel, la CNAM y a répondu favorablement. Mais cette décision a été prise à « contrecœur » et alors que tout était mis en œuvre pour que les agents puissent recevoir les assurés tout en respectant les règles sanitaires, la CNAM s’est saisie du confinement du mois de novembre pour généraliser l’accueil sur rendez-vous.



Pourquoi une telle précipitation ?

 

Comment expliquer une telle décision alors que les sollicitations des assurés ne cessent d’augmenter et que les plates-formes téléphoniques se retrouvent saturées du fait du manque d’effectifs et des délais de traitement qui ne diminuent pas ? À la Caisse nationale d’assurance-vieillesse, nous voyons concrètement les conséquences des fermetures des accueils. Combien de pensionnés se retrouvent dans des situations de grande détresse car ils n’ont plus accès à leurs accueils alors que les délais de traitement ne descendent pas en dessous des six mois ? Auparavant, quand un pensionné préparait son départ à la retraite, il obtenait un rendez-vous avec un conseiller retraite et il partait rassuré car son dossier était totalement passé en revue. Aujourd’hui, alors qu’avec les crises successives et l’augmentation de la précarisation des métiers, bien des futurs pensionnés se retrouvent avec des carrières à reconstituer car l’époque où l’on passait sa carrière dans la même entreprise est de plus en plus rare, ils ne peuvent plus avoir accès à un conseiller retraite. Alors qu’il faudrait des effectifs pour traiter les dossiers, nous apprenons, via un tract de la section FO de la CNAV, que la direction de cet organisme n’a rien trouvé de mieux que de déployer le « code 3 ».
 

  • « Le « code 3 » est-il un moyen de mettre les pensions des plus désespérés en liquidation ? Non, c’est un collègue qui se retrouve à faire face à des dossiers de pensionnés suicidaires. Cela rappelle les formations données à l’accueil téléphonique pour faire face aux menaces de suicide des pensionnés ».



Via ce communiqué, nous apprenons simultanément qu’au lieu d’ouvrir les accueils, la direction développe le « web-rendez-vous ». Ce n’est pas un rendez-vous virtuel dont nos pensionnés ont besoin mais d’un vrai rendez-vous. Les CAF connaissent une situation identique (voire pire) avec la contre-réforme des allocations logement. Dans une CAF, cela a entraîné une grève pour l’obtention de moyens supplémentaires car le personnel, soutenu par le syndicat FO, refuse d’avoir à maltraiter les allocataires. Mais pourquoi ces directeurs s’obstinent-ils à ne pas vouloir maintenir les accueils pourtant essentiels à nos assurés, pensionnés et allocataires ? Alors que ces derniers ont plus que jamais besoin d’avoir accès à leurs centres de Sécurité sociale, les directions se servent de la crise pour essayer de les éloigner de leurs accueils afin de poursuivre leur politique de re-mise en cause du service public.

 

La raison est simple : il faut en finir avec les accueils physiques car ils s’opposent au déploiement des Maisons France Service (MFS). Dans un document que la Caisse nationale d’assurance-maladie nous a transmis au sujet de ces dernières, il est indiqué : « En termes de déploiement territorial, 701 cantons sont couverts sur une cible de 1 582. En prévisionnel, 1 061 en fin d’année et 1 289 fin 2022 sont attendus. En intégrant l’offre des France Services mobile, il restera de 170 à 200 cantons à couvrir pour assurer l’objectif fixé. S’agissant des QPV, de 170 à ce jour, 120 supplémentaires en 2021 et 40 en 2022 sont recherchés ». Les MFS ne sont pas la Sécurité sociale ni, plus largement, le service public.


Les agents de la Sécurité sociale refusent cette situation. Aujourd’hui, alors que le confinement est de nouveau décrété avec fermetures de classes, la section fédérale FO a eu de nombreuses remontées de la part de camarades des différents organismes. Partout, les collègues des accueils ont décidé que l’on devait recevoir notre public. Grâce à cette mobilisation soutenue par les délégués FO, les accueils encore ouverts le resteront. C’est fondamental pour le maintien de la Sécurité sociale car nos collègues savent que si le lien avec les assurés, pensionnés et allocataires est rompu, cela laisserait le champ libre à la destruction de la Sécurité sociale. FO revendique des embauches en CDI en nombre suffisant pour que les pensionnés, allocataires et assurés ne se trouvent plus dans ces situations périlleuses. FO revendique l’ouverture de tous les accueils physiques car les Maisons France Service ne sont pas le service public.

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