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26 / 06 / 2020 | 68 vues
Jean-Philippe Milesy / Membre
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Dans la jungle des appels, deux pistes à suivre

La pandémie du covid-19 aura généré des textes ou interventions multimédias de grande qualité, des parodies réjouissantes et des appels multiples.
 

S’agissant des appels, il y a bien sûr le texte nous invitant à rejoindre le Conseil national de la nouvelle résistance. La personnalité d’Anne Beaumanoir ou celle de notre ami Claude Alphandéry et l’évocation des « jours heureux » nous touchent. Mais s’agissant de penser l’avenir et d’organiser une large opposition à un ultra-libéralisme qui, en dépit de ses discours, ne semble pas vouloir dévier de sa trajectoire, j’en retiendrai deux.
 

Le premier est « plus jamais ça : construisons le jour d'après ensemble ».
 

C’est un vaste appel d’organisations du monde syndical et associatif. Côté syndical, on trouve la CGT, la FSU, Solidaires et l’UNEF, soit le noyau dur des luttes contre la loi sur le « travail », les ordonnances Macron-Pénicaud ou la « réforme » des retraites. Souvent rejoint dans ces combats par la CFE/CGC ou FO, ce noyau constitue la base d’un bloc majoritaire. Il est aujourd’hui rejoint par la Confédération paysanne, importante quand il s’agit de parler transition écologique. Côté associations, il regroupe des associations militantes dans champs de l’économie (ATTAC, Fondation Copernic…), de la solidarité (Oxfam, CCFD-Terre solidaire…) et de l’écologie (Alternatiba, Greenpeace…).
 

Cet appel est le fruit d’un travail en commun inédit et la recherche d’une convergence des luttes à laquelle nous aspirons car elle seule est en mesure de s’opposer à ce que le jour d’après soit le jour d’avant en pire. En effet, qu’il s’agisse de domaines aussi importants que le travail ou les libertés publiques, toutes les mesures prises par le gouvernement tendent à de profondes régressions et il serait benêt de croire que l’épidémie jugulée revienne au mieux comme dans un avant qui était déjà porteur de graves menaces pour ce travail, ces libertés et les services publics (en premier lieu l’hôpital public).
 

Dans un deuxième temps, le travail collectif a produit un document très élaboré et chiffré par les économistes des différents signataires « Plus jamais çà ! 34 mesures pour un plan de sortie de crise » qui a été proposé au débat à l’ensemble des dirigeants de l’opposition de gauche. 

 

Le second est « L’initiative commune. Au coeur de la crise construisons l’avenir ». À la différence du précédent, c'est un appel de personnalités. On y retrouve des syndicalistes et des militants associatifs essentiellement issus des organisations signataires de « Plus jamais ça ! », mais aussi des élus locaux et politiques d’un très large spectre de gauche, (EELV, PS, GénérationS, PCF…) mais encore (et en cela il nous concerne ici) de très nombreux dirigeants et chercheurs du champ de l’économie sociale et solidaire, comme Jérôme Saddier, Claude Alphandéry, Fanélie-Carrey-Conte et bien d’autres. La présence de ces derniers aux côtés de militants syndicalistes et politiques, autour d’un texte qui n’est pas un simple catalogue de « justes revendications » (comme le pacte pour le pouvoir de vivre), mais un appel à une grande transformation et à un autre monde et elle représente à bien des égards une heureuse nouveauté. « La crise confirme l’urgence radicale des grandes transitions. De cette impérieuse nécessité, faisons naître une grande espérance », dit ce texte que je ne peux que vous inviter à lire et à signer.

 

L’importance de ces deux appels tient essentiellement à leur caractère réellement fédérateur. Il est ainsi un autre appel « Se fédérer » dont les signataires sont très intéressants dans leurs travaux et respectables dans leur engagement mais qui, paradoxalement, semble ne s’adresser qu’à une mouvance affinitaire.

 

Les temps ne paraissent pas à une radicalité restreinte mais doivent être à la convergence la plus large sur des options en fait radicales de la transformation sociale et de la transition écologique.

 

La crise dont nous sortons progressivement aura révélé les effets catastrophiques des politiques et des prédations libérales : l’hôpital et les services publics démantelés, les inégalités croissantes, les libertés menacées et, dans un pays comme le nôtre, la résurgence de la faim !

 

La résistance à ce système veut la convergence et l’élaboration en commun d’alternatives. Comme le proclamait Thierry Jeantet il y a déjà douze ans, l'ESS peut et doit être une alternative au capitalisme. Elle doit s’assumer comme un « futur présent » partie prenante d’un vaste mouvement pour une nouvelle société démocratique, sociale et écologique.

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