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12 / 07 / 2019 | 267 vues
Jacques Mosse-Biaggini / Membre
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Conforama : une première réunion de l'intersyndicale au Ministère des Finances peu convaincante

Les organisations syndicales FO, CGT, CGC et CFDT, le secrétaire et la secrétaire adjointe du CCE et les experts comptables du cabinet APEX ont été reçus au Ministère des Finances le 9 juillet, sous l’égide du comité interministériel de restructuration industrielle (CIRI).
 

Tous les élus et mandatés ont vivement dénoncé le caractère honteux du plan de licenciement voulu par les créanciers de Conforama. Ont notamment été mis en avant :
 

  • les bons résultats de Conforama au premier semestre 2019, preuve que les efforts menés commençaient à porter leurs fruits : résultats du premier semestre supérieurs au budget, pour la première fois depuis des années ; ventes sur internet supérieures à celles de la concurrence (Ikea) ; indicateurs « au vert » ;

     
  • les critères fantaisistes dans la sélection des 32 magasins « déficitaires », plutôt axés sur la présence de « poids lourds » syndicaux que sur de réels déficits, la suppression à venir des CE d’établissements, qui aura pour conséquence le division par 10 du nombre de représentants du personnel, entre dans cette logique destructrice de droits sociaux ;

     
  • la crainte que ce PSE ne soit pas le dernier et soit suivi d’une seconde vague de fermetures et de licenciements ;
     
  • le caractère ultra-minimaliste des mesures « sociales » présentées (rien au-dessus du légal), qui ne prend pas en compte les ressources très élevées du groupe Conforama à l’international et qui n’a rien à voir avec les mesures annoncées par d’autres enseignes beaucoup plus généreuses avec les salariés ;
     
  • la stratégie passée catastrophique (croissance externe tous azimuts, projets avortés pour 150 millions d'euros, étranglement par les créanciers) qui, alliée aux malversations de l’actionnaire Steinhoff International, a mené à cette situation proche du scandale ENRON. Les 63 millions d'euros de CICE touchés par Conforama n’ont servi ni à l’investissement ni à l’emploi ;
     
  • la possibilité que ce PSE entre dans l'accord passé avec un repreneur potentiel ;
     
  • les milliers de signatures de clients ou chalands dans notre pétition, totalement opposés à la fermeture de leur magasin Conforama, preuve que celle-ci enrichirait directement la concurrence.
     

Les réponses des représentants de l’État (CIRI) n’ont pas du tout convaincu. Le CIRI semble bien cautionner le PSE de Conforama et ne veut pas opposer de contre-feu, pour « ne pas nuire à Conforama ». Sa principale mission avouée est de rassurer les partenaires de Conforama : fournisseurs, banques etc. mais certainement pas d’éviter la casse sociale voulue par les créanciers. Tout au plus, le CIRI affirmer se montrer vigilant quant au respect de la loi par Conforama. Quand on connaît le nombre de procédures à l’issue desquelles Conforama a vu sa responsabilité civile, voire pénale, engagée, on peut avoir des doutes…
 

En conclusion, une autre réunion sera programmée fin juillet, à l’issue des premières réunions, pour faire un point sur l’avancée des négociations.

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