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21 / 02 / 2022 | 56 vues
Aurélie Moreau / Abonné
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Représentants de proximité : une ambition à réaffirmer

Depuis les ordonnances Macron de fin 2017, l’expérience des pionniers-représentants ou délégués de proximité montre que des progrès peuvent être faits quant à leur utilité et leur efficacité. Les entreprises qui ne les avaient pas encore mis en place pourront efficacement les créer à l'occasion des renouvellements électoraux. Car ils sont indispensables aux salariés dans leur soutien de proximité. Leçons d’expériences vécues…



Les doter de moyens et de missions pourtant utiles ne suffit pas : les RP n'ont bien souvent pas démontré leur efficacité, voire leur utilité.


Mettre les moyens utiles à disposition ne suffit pas. Les premiers accords dits « généreux » ne suffisent pas ; ils dotent pourtant les RP de tous les attendus : heures de délégation, participations ponctuelles aux réunions de CSE ou de CSSCT, prise en charge des frais de transports, mise à disposition de documentation, de locaux et formation. Tous ces moyens ne valent que s’ils sont utilisés et, trop souvent, ils ne l’ont pas été : les RP n’ont pas exercé leurs missions ou n’ont pas été renouvelés au départ des premiers titulaires de ces fonctions. De trop nombreux postes sont restés vacants et de trop nombreuses missions sont tombées en désuétude. Les doter de missions indispensables en proximité aux salariés, à leur travail réel et à leurs conditions de travail quotidiennes, ne les as pas rendus incontournables. Parce qu'ils n'ont pas été institutionnalisés autrement que par accord d’entreprise et leur déficit d’images s’est mué en invisibilité. Un effort de communication est donc indispensable. Les ressources à disposition n’ont donc pas été utilisées de façon optimale. Les objectifs prédéfinis n’ont pas été atteints. Alors comment les rendre utiles, indispensables voire bientôt efficaces ?

 

Il faut les installer dans le paysage de la représentation du personnel comme interlocuteurs favorisant les relations salariés-employeur.

 

Leurs missions ont souvent précisément été définies dans les accords signés mais elles doivent désormais viser un objectif final de résolution de problématiques sociale. Pour ce faire, il faut que les autres acteurs acceptent, sous leur contrôle, de leur donner plus de pouvoirs et d’agilité. D’abord, tous les acteurs sociaux de l’entreprise doivent être sensibilisés à leurs fonctions :

  • à commencer par eux-mêmes (leur formation doit leur faire prendre conscience de leurs responsabilités morales et de leurs pouvoirs) ;
  • à continuer par les autres représentants du personnel, dont le CSE et la CSSCT et les responsables sociaux dans l’entreprise (les liaisons et la coordination entre eux doivent être ponctuées de rendez-vous datés et ne pas rester potentiels) ;
  • communiquer auprès des salariés sur ce que ces relais peuvent leur apporter et créer un mode d’emploi opérationnel ;
  • faire concrètement prendre conscience à leur supérieur de leur statut et de leur besoin de disponibilités : comptabiliser l’absence potentielle du poste de travail, adapter les objectifs (souvent corrélés à une rémunération variable), la charge de travail et les échéances. À ces seules conditions, les RP pourront ne pas rester comme de simples potentialités mais durablement s'inscrire comme un rouage réel dans l’entreprise du dialogue social.
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