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19 / 08 / 2021 | 137 vues
Mireille Herriberry / Membre
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Nouvelle baisse des effectifs dans le secteur bancaire : un marché de dupes

Le nombre de salariés a baissé de 1,7 % en 2020 et le constat est encore plus marqué pour la branche AFB qui frôle les 3 %. Le nombre d’embauches a diminué, passant de 44 400 en 2019 à 35 300 en 2020 (-20,49 %) et l’on constate aussi une diminution des départs sur la période, soit 40 600 en 2020, contre 47 300 en 2019 (-14,3 %). Évidemment, une phase de crise est moins propice au changement, le taux des démissions reste pourtant la première cause de départ dans le secteur.

 

Peut-être que les restructurations annoncées chez Société Générale, Crédit du Nord, Natixis ou HSBC ont déjà poussé certains salariés à anticiper un nouveau virage professionnel mais, pour beaucoup, ce sont surtout les conditions de travail, le manque de perspectives et le manque de reconnaissance qui ont précipité leur choix dans leur besoin de quitter l’entreprise qui les emploie.

 

Sous la pression des actionnaires, les politiques strictement financières mènent à traiter les salariés comme une charge modulable ou une variable d’ajustement et plus comme source de richesse. Le simple effet d’annonce influe presque immédiatement le cours de la bourse et les spéculations vont bon train.

 

Le titre Société Générale a gagné 70 % en un an. Bien des salariés ne se reconnaissent plus dans les valeurs (pas celles affichées mais celles effectives dans les entreprises au quotidien). Les salariés sont attachés à leur métier mais aussi à leurs clients et la reconnaissance des employeurs de la profession n’est pas au rendez-vous.

 

En dix ans, 3 750 agences bancaires ont disparu sur le territoire français, au grand dam des élus locaux qui, eux, connaissent la réalité sociale, économique et collective de leur zone, à l’instar des grandes entreprises bancaires.

 

Une nouvelle vague est prévue ces prochains mois, avec 230 à 280 fermetures chez LCL et quelque 600 autres chez Société Générale et Crédit du Nord. Ces entreprises oublient trop souvent le rôle qu’elles devraient tenir dans le développement de l’économie locale et le service de proximité, au lieu d’une vision exclusivement financière et basée sur la rentabilité exigée par les actionnaires.

 

Par les politiques qu’elles mettent en place, les entreprises participent au clivage des populations, qu’elles soient fragiles, âgées, rurales et les « innovations » à venir tel que l’accès payant au conseiller bancaire qui creuseront les inégalités.

 

Notre organisation syndicale n’a jamais confiné ses revendications pour la défense des intérêts matériels et moraux des salariés des banques et sociétés financières et continuera en ce sens pour sécuriser et obtenir de nouveaux droits individuels et collectifs.

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