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19 / 03 / 2021 | 80 vues
Valérie Forgeront / Membre
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ONF : le danger de la filialisation

Le personnel de l’Office national des forêts (ONF) rappelle aux décideurs l’urgence d’apporter à l’établissement les moyens de ses missions, qui plus est essentielles dans le cadre du problème lié au climat.


En vingt ans, l’office national des forêts (EPIC) a perdu 5 000 postes, soit près de quatre emplois sur dix, s’insurge l’intersyndicale.
 

En 2020, l’ONF comptait quelque 7 963 agents, dont environ 40 % de salariés de droit privé. Si la direction évoque la perte de 300 postes depuis 2016, en réalité 1 200 postes ETP ont disparu. En ce début d’année, les syndicats viennent d’apprendre que la suppression de 95 postes (initialement prévue par le projet de loi de finances pour 2021 mais qui avait été rejetée par le Parlement) serait rétablie. Comme si cela ne suffisait pas, le contrat État-ONF de 2021-2025, qui est toujours en préparation, prévoit 500 autres suppressions de postes d’ici cinq ans. Sans compter que le flou règne sur ce dernier chiffre, en lien avec la filialisation de certaines activités de l’ONF en 2022.
 

Danger de filialisation

Cette création d’une filiale vers laquelle des activités de l’ONF (arbre conseil, ateliers bois, grands comptes…) glisseraient alors soulève beaucoup de questions, notamment au niveau de l’emploi.
 

A priori, 200 des 500 postes dont la suppression est programmée à l’ONF d’ici quatre ans iraient ainsi vers la filiale. Mais rien n’est sûr pour l’instant. Quoi qu’il en soit, on demande que le personnel filialisé puisse revenir à l’ONF, insiste Christophe Louis-Castet du syndicat FO synergies. Les syndicats exigent que la direction lève le flou pesant sur le nombre réel de postes prévus pour disparition ainsi que sur le périmètre de ceux qu’elle entend filialiser.

 

Plus largement, au fil des suppressions d’emplois et sur fond de dialogue social malmené (quasi inexistant dans les instances, déplore le militant), les conditions de travail se dégradent jusqu’à causer une profonde souffrance aux agents, dénoncent les syndicats. Ils ont récemment donné un coup de semonce, une alerte par la menace d’une plainte pour mise en danger de la vie d’autrui.

 

 Soutenir l’économie forestière

 

Le personnel s’élève contre les réformes permanentes et l’attitude de l’État qui demande à l’ONF de s’autofinancer alors que, sans soutien suffisant, l'établissement continue de s’endetter. Sur les 200 millions d’euros prévus par le plan de relance (sur deux ans) pour la forêt en général, note le militant, l’ONF ne recevra en fait que 95 millions d’euros et pour une mission supplémentaire : le repeuplement d’arbres. C’est ahurissant et on est loin d’un financement pérenne ! Pour assurer le travail (notamment de l’entretien des forêts), il faut des gens. Bref, des emplois et des moyens budgétaires à la hauteur des besoins.

 

Pour les syndicats, la situation est aussi inadmissible que paradoxale alors que le changement climatique et le dépérissement des forêts vont nécessiter de plus en plus de travail pour assurer le suivi sanitaire et le renouvellement des peuplements forestiers.
 

Il faut soutenir l’économie forestière. Pour FO-synergies, réorienter des recettes générées par la taxation sur le carbone vers l'ONF permettrait par exemple d’améliorer son financement.

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