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03 / 02 / 2021 | 524 vues
SUD SFR / Membre
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SFR fait des économies sur le dos des finances publiques et de ses salariés

En 2019, le groupe Altice France a enregistré une hausse de 5 % de son chiffre d'affaires, le portant à 14,8 milliards d'euros (dont 10,8 générés par SFR). Ces beaux résultats ont poursuivi leur amélioration en 2020. Le 30 septembre 2020, le groupe Altice a enregistré un chiffre d'affaires de 8 milliards d'euros, soit +2,6 % des résultats enregistrés le 30 septembre 2019 (chiffres consolidés les plus récents). Ces résultats à la hausse malgré la crise sanitaire ne poussent visiblement pas le groupe à faire preuve de solidarité.


Depuis le 17 mars, les salariés de l'UES SFR (donc hors salariés des boutiques) ont massivement été basculés dans le télétravail. À l'heure où nous écrivons ces lignes, cela représente 37 semaines de télétravail pour une écrasante majorité des salariés et 46 semaines pour les salariés ayant une santé fragile. 


Avec ce télétravail massif, la direction de SFR en profite pour :

  • ne verser aucun ticket-restaurant à ses salariés les jours de télétravail, ignorant ainsi l'avis de l'URSSAF et du Ministère du Travail ;
  • imposer aux salariés de financer eux-mêmes le surcoût lié au télétravail, la direction leur refusant toute prise en charge de surcoût en électricité, énergie, achat de papeterie etc. ;
  • refuser tout droit à un matériel adéquat pour travailler dans de bonnes conditions, interdisant toute éventuelle récupération de chaise, de bureau ou d'écrans 24 pouces pourtant nécessaires lorsque l'on travaille sur site (une récupération de matériel moyennant signature semble être trop complexe. Aussi, alors que certaines activités nécessitent deux écrans 24 pouces pour mener à bien l'activité, aujourd'hui il faudrait se contenter de l'écran 14 pouces du PC portable et d'une place sur un canapé ou un lit pour travailler !) ;
  • purement et simplement mettre un terme à la prestation de ménage de certains sites depuis le 29 octobre 2020, alors que des salariés sont amenés à venir y travailler (accès internet HS au domicile, dossiers à traiter sur site etc.).


Ce n’est pas tout :

  • Au printemps 2020, la direction de SFR a usé du chômage partiel alors qu’il y avait de l’activité. Réalisant une économie estimée à 44 millions d'euros par le cabinet Sextant, expert du CSE-Central. Ces 44 millions d'euros ont été payés par nos impôts et la Sécurité sociale. Nous rappelons que nous parlons ici des économies faites par l'UES SFR, donc sans compter ce qui a été économisé dans les boutiques SFR.
  • La direction de SFR refuse de prendre en charge les procès verbaux dressés à sa flotte automobile pour défaut de carte verte à jour alors que la direction n'a pas distribué ladite carte verte à jour. Préférant alors dénoncer le salarié pour que le PV lui soit adressé. SFR a pourtant un service complet en charge de sa flotte de véhicules.
  • Pour les minima conventionnels, c'est la même rengaine depuis plus de dix ans. La direction inclut les parts variables alors qu’elles sont définies par SFR comme permettant de récompenser la bonne atteinte des objectifs. Du fait de leur salaire fixe inférieur aux minima conventionnels, certains collègues se retrouvent ainsi à gagner la même chose qu'ils dépassent leurs objectifs ou qu'ils ne fassent rien. La direction sait pertinemment que chez les salariés, la satisfaction du client final prime. C'est donc elle qui en recueille tous les bénefices.
  • Chez SFR, nous avons aussi des ingénieurs commerciaux B2B (qui adressent les clients en entreprise) avec un salaire fixe en dessous du SMIC. Aussi, les premières ventes de ces derniers se retrouvent financièrement perdues puisqu'elle permettent simplement d'attendre le SMIC. Il leur est interdit de tomber malades, sans quoi le frigo est vide en fin de mois.
  • Chez SFR, le salaire fixe d'un grand nombre de salariés en boutiques est également inférieur au SMIC. Mieux, SFR sort des fiches de paie inférieures au SMIC, ce qui est purement illégal. Un bon moyen pour insidieusement interdire tout arrêt maladie.
  • Cerise sur le gâteau, les salariés ont collectivement su s'adapter à ce nouveau mode de travail. L'activité a pu être menée au prix d'un engagement sans faille et du fait que nous, salariés, n'avons pas compté nos heures.


En guise de remerciement, nous devrions accepter une enveloppe d'augmentation individuelle à 0 % ?

 
Chez SUD, nous estimons une fois de plus que la direction de SFR traite les salariés avec mépris et nous revendiquons :

  • la fourniture d'un ticket-restaurant ou une prime repas financièrement équivalente à chaque salarié pour chaque jour télétravaillé, incluant les salariés ayant accès à la cantine quand ils sont sur site ;
  • la prise en charge des frais liés au télétravail. Nous estimons que 3 euros par jour télétravaillé seraient honnêtes pour prendre en compte la consommation électrique, le chauffage, l'utilisation des locaux, la papeterie etc. ;
  • la mise à disposition de l'équipement nécessaire pour permettre un télétravail dans de bonnes conditions (chaise, bureau, écrans...) et permettant de prendre les troubles musculo-squelettiques en compte ;
  • que la santé des salariés soit assurée en maintenant les prestations de nettoyage et de désinfection de tous les locaux du groupe ;
  • que la direction ne reporte pas sa propre responsabilité de maintien en fonctionnement des outils de travail, en prenant les PV dont ils sont responsables en charge ;
  • que les salaires bruts soient au moins alignés sur le SMIC ou sur les minima conventionnels en adoptant la solution la plus favorable aux salariés ;
  • en plus de la revalorisation des bas salaires, une enveloppe d'augmentations individuelles de 3 % distribuée sans condition, à hauteur 80 euros pour les hommes et 332 euros pour les femmes (ce qui permettrait que la différence entre le salaire mensuel moyen des femmes et celui des hommes passe de 715 à 463 euros) ;
  • une harmonisation par le haut des différents statuts encore présents dans l’entreprise suite aux différents rachats. Deux salariés d'une même équipe ne doivent pas avoir des primes, accord temps de travail etc. différents.

 

L’équipe de SUD SFR

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