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01 / 10 / 2019 | 231 vues
Elsa MARTINEZ / Abonné
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Négociation collective et futur du travail

L'édition 2019 des « Perspectives de l'emploi de l’OCDE  » analyse comment la mondialisation, le progrès technique et le vieillissement de la population influent sur les marchés du travail des pays de l’organisation et leurs conséquences en matière de politique sociale et des besoins en compétences. 
 

À l’occasion de la conférence sur le(s) futur(s) du travail, organisée le 18 septembre dernier par l’association Réalités du dialogue social, Andréa Garnero et Chloé Touzet (deux des auteurs de l’étude et économistes à l’OCDE) sont venus présenter leur travail que vous pouvez retrouver en intégralité.

La négociation collective dans un monde du travail en mutation

L’édition de cette année consacre son chapitre 5 à la négociation collective comme moyen pour les travailleurs et les entreprises de faire face aux opportunités et aux défis qui découlent de la mutation du travail.
 

Outil plus souple que la loi mais étant aussi complémentaire à cette dernière, la négociation permet de favoriser l’émergence de nouveaux droits, de contribuer à encadrer l’utilisation de nouvelles technologies ou encore d’anticiper les besoins de compétences. Toutefois, le manque d’organisation collective des travailleurs, notamment de ceux qui occupent des emplois atypiques, pose de nombreux problèmes pour le dialogue social. Cette difficulté résulte d’obstacles juridiques auxquels se heurtent les travailleurs indépendants. En effet, bien que la loi accorde à tous les travailleurs, un droit à la négociation collective, celui-ci entre parfois en contradiction avec le droit de la concurrence.
 

Par ailleurs, les organisations patronales doivent faire face à l’émergence de nouvelles formes d’activités à l’instar des plates-formes numériques qui se définissent comme des intermédiaires de mises en relation et non comme des employeurs.

Tour d’horizon des initiatives inédites suscitées par les nouveaux défis

Malgré les problèmes mentionnés, l’étude fait valoir que les systèmes de négociation collective peuvent encore jouer un rôle déterminant dans la mise en place d’un monde du travail qui serait plus inclusif pour les travailleurs, tout en garantissant des conditions de concurrence équitables pour les entreprises.
 

Plusieurs pays de l’OCDE ont pris des mesures afin d’assurer le droit à la négociation à certaines catégories de travailleurs atypiques moyennant des adaptions du droit du travail ou des exemptions spécifiques à la législation anticartel.
 

Les plates-formes numériques prennent également des dispositions pour donner aux travailleurs la possibilité d’exprimer leurs inquiétudes. Dans plusieurs pays, des plates-formes ont engagé des négociations avec des représentants syndicaux.
 

Par ailleurs, les organisations syndicales déjà établies élaborent des stratégies pour s’ouvrir aux travailleurs atypiques, en modifiant leur statut juridique ou en participant à des projets visant à renforcer la représentation de ces travailleurs. De nouveaux syndicats indépendants ont également été créés et de nouveaux modèles de représentation des travailleurs voient le jour comme les Freelancers Union aux États-Unis ou encore les coopératives de travailleurs. Ils complètent l’action syndicale des modèles de syndicats traditionnels.

Enfin, des accords collectifs novateurs ont été récemment conclus dans des pays européens membres de l’OCDE entre des syndicats et des entreprises, y compris des plates-formes numériques.

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