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25 / 10 / 2017 | 4 vues
Françoise Phelix / Abonné
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Égalité professionnelle : l'État ne subventionnera plus le réseau de recherche Mage

Alors que l’égalité entre hommes et femmes a été déclarée « grande cause du quinquennat », le réseau Mage (marché du travail et genre), constitué d’universitaires et de chercheurs spécialisés dans l’étude des inégalités de genre dans le monde du travail, ne recevra aucune subvention de l’État en 2017. C'est ce que souligne la journaliste Nadia Djabali dans la revue FO Hebdo cette semaine.

En matière d’égalité professionnelles entre hommes et femmes, il y a les annonces du gouvernement et il y a la réalité sonnante et trébuchante. Malgré une inscription en tant que « grande cause nationale du quinquennat », 7,5 millions de crédits ont été rayés en juillet 2017 du budget alloué au secrétariat d’État chargé de l’Égalité entre hommes et femmes. L’enveloppe est passée de 29,8 millions d’euros à un peu plus de 22 millions d’euros.

Cette diminution budgétaire touche en premier ressort les associations et dont le réseau Mage vient de faire les frais. Il vient de perdre sa modeste subvention annuelle de 8 000 euros, qui avait jusqu’alors été renouvelée tous les ans quelle que soit la couleur politique du gouvernement. Cette aide représente un tiers de ses ressources. L’effort de redressement de la trajectoire du déficit de l’État en 2017 nécessite de réaliser des économies importantes, indique le courriel reçu par le réseau le 3 octobre 2017. La priorité a été donnée aux actions de lutte contre les violences sexistes et sexuelles. Nous sommes donc au regret de vous informer qu’il ne sera pas possible de financer votre projet en 2017 malgré la qualité de celui-ci.

Un coup dur d’autant plus difficile à admettre que l’annonce de la suppression de la subvention 2017 intervient en fin d’année alors que la plupart des activités et des sommes pour les réaliser ont déjà été engagées.

Plus de 30 centres de recherches dans 13 pays

Le Mage est un groupement de recherche européen dépendant du CNRS créé en 1995. Il étudie les inégalités entre hommes et femmes dans le monde du travail, organise des colloques internationaux, des journées d’études, des débats et publie la revue Travail, genre et sociétés.

Ce réseau est constitué de trente centres de recherche et universités, dont treize universités à l’étranger. Il s’appuie sur les nombreuses études effectuées en sociologie, économie, science politique, histoire ou droit afin de faire avancer l’égalité sur le marché du travail. Une somme de connaissances mise à la disposition notamment des entreprises, des syndicats et des décideurs publics. L’analyse de la place des hommes et des femmes sur le marché du travail est un fil rouge pour comprendre le statut de l’un et l’autre sexe dans la société, indique le réseau. Le travail est au cœur des relations de genre. À l’inverse, les logiques de genre sont indispensables à la compréhension du fonctionnement des activités laborieuses.

Des moyens insuffisants pour l’égalité hommes-femmes

Universitaires, féministes, syndicalistes ou simples citoyens ont déjà apposé leur nom sur la pétition mise en ligne sur le site change.org. Parmi les signatures, celle d’Anne Baltazar, secrétaire confédérale du secteur égalité professionnelle de Force Ouvrière. Notre confédération a dernièrement collaboré à la revue Travail, genre et sociétés, raconte-t-elle. Un certain nombre de membres du Mage siègent également au conseil supérieur de l’égalité professionnelle. Nous savons ce qu’ils défendent et il ne faut pas que de tels outils disparaissent.

Pour 2018, le gouvernement propose pour la grande cause de l’égalité entre hommes et femmes un budget de 29,9 millions d’euros, similaire à celui de 2017 avant les 7,5 millions de coupe opérée cet été. Cette remise à niveau lui permet d’affirmer qu’il s’agit du budget le plus important consacré par un gouvernement à cette cause.

On ne donne pas les moyens là où il faudrait en mettre encore plus, comme au conseil supérieur de l’égalité professionnelle où la stagiaire et la secrétaire générale (qui est bénévole) croulent sous les dossiers, continue Anne Baltazar.

La dernière réunion du conseil a rassemblé une trentaine de personnes dans une toute petite pièce avec un projecteur qui ne fonctionnait pas. Notre organisation syndicale est à l’origine d’une proposition de courrier commun avec les autres organisations syndicales demandant plus de moyens pour cette instance.

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