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06 / 03 / 2014 | 23 vues
Personne Pierre / Membre
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Manpower : un accord pour une mobilité géographique équitable

L’accord sur la mobilité géographique signé par 4 syndicats de Manpower (CFE-CGC, CFDT, UNSA et CFTC) met en place une règle du jeu unique alors que les changements d’affectation, à la seule initiative de l’employeur, sont soutenus depuis 3 ans dans des conditions à géométrie très variable. En 2013, il y a ainsi eu 235 mutations avec comme base un simple plan d’actions synonyme de profondes inégalités de traitement parfois au sein d’une même agence.

La mobilité géographique ne va être que renforcée par Envergure, le plan de transformation 2014-2016, qui prévoit une nouvelle reconfiguration du réseau synonyme de moins d’agences mais des effectifs renforcés dans celles qui resteront et une réduction des centres de gestions administratifs. Le tout sur fond d’une baisse des effectifs (227 sorties pour seulement 27 entrées en CDI fin septembre 2013), qui restera d’actualité en 2014.

Dans ce contexte, c’est la CFE-CGC qui a demandé l’ouverture de la négociation d’un accord mobilité qui s’impose à tous.
  • La mobilité géographique concerne désormais tous les salariés dont le transport collectif (aller/retour) augmente de 30 minutes ou de 30 kilomètres. Pour rappel, la direction proposait initialement un seuil à 1 heure de transport collectif en plus sur Paris et de 30 minutes en province.
  • Dans le cadre d’une mobilité géographique (avec ou sans déménagement), les salariés percevront pendant six mois une prime égale à celle de l’agence de départ. 
  • Avec un délai de prévenance d’un mois, la mobilité sans déménagement se traduit par des droits bien identifiés : remboursement des frais kilométriques et de péage, prise en charge des frais de garde à hauteur de 300 € par mois pendant 6 mois...
  • Avec un délai de prévenance de deux mois, la mobilité avec déménagement officialise des mesures avant, pendant et après la mutation.
Fini les mobilités à la tête du client. Impossible par exemple pour un manager de bloquer une demande de mobilité alors que les offres seront systématiquement publiées dans la bourse des emplois de l’intranet. Seuls les chargés de recrutement mobilité de la DRH sont habilités à motiver les décisions.

C’est plus que jamais par la mobilité que s’ouvrent les perspectives d’évolutions professionnelles, sans pour autant sombrer dans la mobilité perpétuelle. L’accord acte ainsi qu’il convient de rester au moins 2 ans en poste avant de bouger et qu’une promotion comme responsable d’agence ne rime pas forcément avec mobilité. Au-delà de 5 ans sans mobilité, la direction vous invite tout de même à passer un « entretien RH », histoire de faire le point.

Si c’est largement pour des raisons imposées par l’employeur que s’effectuent les mobilités, il faut souligner que l’accord acte le principe de la double initiative. Lorsqu’elle est à l’initiative du salarié, la mobilité ouvre en effet exactement les mêmes droits à un accompagnement, tant pratique que financier.

Reste à négocier l’accord sur la gestion prévisionnelle de l’emploi et des compétences d’ici la fin du premier semestre, pour donner tout son sens à cette volonté de la direction de dynamiser une « culture de l’adaptabilité » dont la mesure de tous les effets reste difficile. Si la commission mobilité régionale permet de connaître le nombre de refus de mobilité, la direction, en revanche, ne tient pas à communiquer sur le nombre des licenciements individuels et autres transactions qui en découlent.
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