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28 / 04 / 2015 | 10 vues
Anne Saulnier / Abonné
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La véritable reconnaissance des salariés aidants passe par le dialogue social

Le projet de loi relatif à l'adaptation de la société au vieillissement propose de reconnaître le rôle essentiel de l’aidant en lui accordant à partir de janvier 2016 une aide annuelle au répit de 500 euros. Un premier pas mais c’est avant tout par le dialogue social dans les entreprises et dans les branches que le rôle du salarié aidant sera véritablement reconnu.

« C’est un beau sujet pour les partenaires sociaux mais force est de constater qu’ils ne s’en sont pas encore pleinement emparés » - Laurence Rossignol

« C’est un beau sujet pour les partenaires sociaux mais force est de constater qu’ils ne s’en sont pas encore pleinement emparés, comme c'est désormais le cas pour la conciliation entre la vie professionnelle et la vie privée des salariés parents de jeunes enfants », a souligné Laurence Rossignol, Secrétaire d’État chargée de la Famille, des Personnes âgées et de l’Autonomie, à l’occasion du 7ème débat sur l'autonomie, organisé par l’OCIRP et qui se déroulait le 10 mars dernier à Paris. Un débat alimenté par les résultats du nouveau baromètre sur l’autonomie, réalisé par l’OCIRP en partenariat avec France Info et Le Monde.

Les accords d’entreprise qui intègrent la reconnaissance du rôle des salariés aidants sont en effet encore rares et aucune branche professionnelle n’a encore fixé un cadre sur ce sujet.

Encore faut-il que ces salariés aidants se reconnaissent comme tels et qu’ils soient dès lors plus enclins à revendiquer de nouveaux droits et davantage de solidarité. « Le salarié aidant a le sentiment de faire son devoir. Il n’est donc pas le plus enclin à porter des revendications », a précisé Laurence Rossignol.

Responsabilité sociale

C’est donc encore principalement le levier de la responsabilité sociale des entreprises (RSE) qui contribue à faire que des directions s’intéressent au sujet crucial des salariés aidants qui s’imposera tôt ou tard dans l’agenda du dialogue social.

Le baromètre annuel sur l'autonomie témoigne de l’importance cruciale des 4,3 millions de personnes (75 % de femmes) aidants familiaux. De plus, 40 % de ces aidants sont salariés et c’est notamment grâce à eux que 53,8 % des personnes interrogées dans le cadre du baromètre OCIRP croient que l’aide au quotidien par la famille est possible. Reste que ce pourcentage décroît au fil des baromètres.

  • La nécessité de véritablement reconnaître le rôle des aidants dans les entreprises constitue un passage d’autant plus obligé que le maintien à domicile des personnes en perte d’autonomie est plébiscité par 78 % des répondants du baromètre.

« La « silver » économie, ce ne sont pas uniquement des technologies innovantes, ce sont aussi des gens qui accompagnent qu’il faut former sans les considérer comme des variables d’ajustement », a expliqué Xavier Bertrand, l’ancien ministre du Travail, de l’Emploi et de la Santé, au cours du débat. La formation de l’aidant (76,6 %) apparaît ainsi comme un sujet quasiment aussi important que l’accueil des aidés en établissement pendant la période de répits (78,7 %). Mais pour 87 % des répondants, la priorité est que l’aidé soit pris en charge en cas d’hospitalisation de l’aidant...

La responsabilité de l’employeur est grande car ce sont sans surprise les salariés aidants qui se trouvent les plus exposés à des risques de surmenage. L’accord des partenaires sociaux sur la qualité de vie au travail du 19 juin 2013 prévoit bien que les entreprises négocient la conciliation entre vie professionnelle et vie personnelle. « Il existe des crèches d’entreprise pour les jeunes enfants ; pourquoi pas pour les vieux parents ? Il y encore trop de tabou autour de la vieillesse. Surtout du côté des hommes d’ailleurs », lance à la réflexion Michèle Delaunay, ancienne ministre déléguée aux Personnes âgées et à l’Autonomie dans le gouvernement Ayrault, qui a posé les premières pierres de l’actuel projet de loi sur la perte d’autonomie. Le degré de sensibilisation des partenaires sociaux sera d’autant plus grand si les garanties sur la perte d’autonomie se développent dans le cadre de contrats collectifs qui concernent pour le moment 300 000 salariés sur les 5,5 millions de personnes ayant souscrit une assurance dépendance à titre individuel.

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