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16 / 06 / 2014 | 1 vue
Sylvain Thibon / Membre
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L'après 24 juin... jour de l'assemblée générale de Vivendi

Le 24 juin à 10h00, le Palais des Congrès de la Porte Maillot recevra les actionnaires de Vivendi. Assemblée générale particulière cette année puisqu’elle validera le départ de Jean-René Fourtou, arrivé il y a plus de dix ans et qui devait rester à l’époque trois mois, pour redresser le groupe malade des envolées de l’ère Messier et de l’explosion de la première bulle internet.

Cette page va se tourner et avec elle une partie de l’histoire du groupe construit après cet épisode des années 2000. Alors vaisseau amiral d'un Vivendi reconstitué et moins international, SFR 50% du chiffre d’affaire et du résultat pendant longtemps et puis patatras ! Free, les prix cassés, un modèle économique bousculé et finalement la décision de scinder le groupe. Exit les télécoms vendus à Patrick Drahi, vive les médias !

Le 25 juin, lendemain de l'assemblée générale, Canal+ se retrouvera ainsi en tête de pont d’un nouveau groupe reconstitué autour de deux autres entités : UMG, le premier éditeur mondial de musique et GVT, l’opérateur des télécoms brésiliens.

Mais ce ne sont pas que les seuls contours capitalistiques du groupe qui vont être redessinés ; ce sont aussi les équipes et au plus niveau, l’arrivée de Vincent Bolloré à la manœuvre pour reprendre un gouvernail placé en pilote automatique depuis quelques mois.

Côté Canal+, l’attente est grande et le 24 juin résonne déjà comme une date fétiche. Pourtant, le 25 juin risque fort de ressembler au 24 mais il est indéniable qu’un processus est en marche, qu’une nouvelle étape de la vie de l’entreprise va enfin s’ouvrir.

Fonctionnement grippé

Car depuis de trop nombreux mois, Canal+ vit au rythme d’une réorganisation permanente et brouillonne. Les départs plus ou moins contraints de nombreux salariés ont fini par déstabiliser toute une organisation pourtant bien huilée. Les plans d’économies budgétaires successifs sont, année après année, devenus des objectifs prioritaires qui finissent par gripper toute l’économie et le fonctionnement social du groupe.

Côté stratégie, l’échec des négociations pour le rachat de Dailymotion à Orange pose la question de notre capacité à nous développer dans les nouveaux médias. De belles expériences sont engagées ; elles ne suffiront pas à prendre une position incontournable sur un marché dominé par les Anglo-Saxons (Netflix en tête qui va pointer son nez en septembre). Il y a urgence à agir !

Quant au dialogue social, c’est plus simple : il est au point mort. Contraintes et sanctions sont l’alpha et l’oméga d’une politique dont on devine mal les objectifs... Dégradées et sulfureuses, les relations sociales n’ont cessé de se tendre ces dernières années. Là encore, tout est à reconstruire et rapidement car il n’y aura pas d’avenir serein sans le rétablissement d’un environnement respectueux des partenaires sociaux.

Attente importante

Y aller, OK mais où, comment et avec qui ? Ces questions sont sur toutes les lèvres. Clarifier et stabiliser l’organisation, desserrer l’étau budgétaire, réorienter la politique de recrutement vers plus de diversité, réinventer le dialogue social et managérial, libérer la parole, ce ne sont là que quelques propositions pour que s’ouvre une nouvelle étape de l’histoire de Canal+. Mais il est en revanche indispensable de ne pas lambiner. L’attente est réelle et importante. Il serait dangereux de rester encore des mois dans l’incertitude.

Les salariés sont en attente d’actions, d’engagements, de clarification. Besoin de lumière aussi pour que s’ouvre enfin le chemin d’un Canal+ moderne, rénové, ambitieux et respectueux des travailleursi chaque jour à la manœuvre.  

C’est dans ce contexte un peu particulier du renouveau stratégique et managérial que devrait se clore l’année 2014. Une année de transition mais aussi de tentations. Nous disions il y a quelques mois sur ce blog « ...vivement demain ». Demain, c’est aujourd’hui. L’aventure va se poursuivre parce que cette fabuleuse entreprise le mérite. La mutation sera longue et lourde mais le nouveau groupe désendetté sera à nouveau en capacité d’investir, des marges de manœuvres salutaires et certainement de très belles surprises à la clef et peut-être enfin l'esquisse d'une rénovation profonde d'un modèle social malade d'inertie et de compromis aux contours aléatoires et pervertis.

Mais si des centaines de salariés sont impatients, le 25 juin risque fort de ressembler au 24. Il faudra attendre encore pour que se dessine le véritable nouveau visage du groupe, pour qu'une expression nouvelle vienne présenter la stratégie industrielle, modifier l'organisation, engager la rénovation et la transformation de notre modèle social. Trop d'attente ne tue pas l'attente mais l'urgence d'une clarification indispensable pour remobiliser et faire des 30 ans de Canal+ le signal d'un nouveau départ est bien réelle.

C'est sûr, une nouvelle page de l'histoire de Canal+ est en route...

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