Alors que la cotisation patronale au compte pénibilité s’annonce finalement très progressive, la sociologue Annie Thébaud-Mony considère qu’il y a un choix politique d’effacer toute trace d’exposition à des risques… Pas un seul des 1 000 cancéreux exposés à au moins un cancérigène dans leur travail ne s’est vu remettre une « attestation d’exposition » (remplacée en 2012 par une « fiche de prévention des expositions ») dans le cadre du suivi réalisé par le GISCOP 93 (Groupement d’intérêt scientifique sur les cancers d’origine professionnelle), dont elle est a été la cofondatrice en 2006. Retour sur la démarche pluridisciplinaire originale de ce groupement avec une chercheuse qui préfère le concept de mémoire des expositions à la traçabilité des risques.