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03 / 12 / 2021 | 917 vues
Jacques Landriot / Membre
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Orange ira-t-il jusqu’à la suppression de près de 2 000 emplois du groupe coopératif Scopelec ?

Orange menace le groupe Scopelec du non-renouvellement d’un marché d’exploitation et de maintenance des réseaux télécom à hauteur de 150 millions d’euros annuels. Outre un effet social terrible, cela compromet toute amélioration dans la qualité du déploiement de la fibre optique, un projet stratégique dans toutes les régions françaises. Une décision incompréhensible et injustifiable, alors que Scopelec travaille aux côtés d’Orange depuis près de cinquante ans pour offrir l’excellence opérationnelle et la satisfaction à ses clients.

 

Scopelec est un groupe expert des infrastructures de télécommunications implanté en Occitanie et opérant sur l’ensemble des régions françaises (métropole et outre-mer). Il fait partie des trois plus grandes entreprises de taille intermédiaire (ETI) sous statut coopératif en France.
 

  • 1 910 emplois mis en péril dans toute la France
     

La Confédération générale des SCOP (réseau d’accompagnement des sociétés coopératives en France) s’indigne de la volonté de rupture de contrat du groupe Orange vis-à-vis de Scopelec, son partenaire historique. Elle alerte l’État, les parlementaires et les élus locaux de la catastrophe sociale à venir puisqu’elle concerne les emplois de 1 910 salariés sur les 3 800 que compte le groupe Scopelec sur l’ensemble du territoire français, pour l’essentiel localisés en milieu rural.

 

Cette décision affecte de nombreuses vies et prive localement de retombées économiques importantes, à savoir :

  • 580 emplois en Nouvelle Aquitaine,
  • 500 emplois en Occitanie,
  • 300 emplois en Bourgogne Franche-Comté,
  • 200 emplois en Normandie,
  • 200 emplois en Rhône-Alpes,
  • 80 emplois en Île-de-France,
  • et 50 emplois en Provence-Alpes-Côte d'Azur.

 

La CG SCOP dénonce une décision à rebours des intentions de cohérence sociale et humaine d’Orange

 

Une telle décision écarterait du marché une entreprise qui a fait le choix d’un modèle social durable et innovant (74,8 % du capital social est détenu par les salariés de Scopelec SA, dont l’ancienneté est importante), alors que le secteur est marqué par le recours de plus en plus important à la sous-traitance auprès d’auto-entrepreneurs et de travailleurs détachés.

 

Cette rupture s’oppose radicalement au plan stratégique « Engage 2025 » publié par le groupe Orange en fin d'année 2019, qui avait notamment pour ambition de « construire ensemble l’entreprise de demain ». Ce plan mettant deux objectifs en lumière (pour reprendre les termes de son PDG Stéphane Richard à sa sortie : « croissance et responsabilité ») visait à « favoriser les conditions d’une transformation durable et responsable pour veiller à la cohérence sociale et humaine des projets engagés par le groupe dans le monde ».

 

Sur ce point, la CG SCOP ne peut que déplorer le paradoxe d’Orange qui prive son prestataire historique Scopelec de contrats vitaux alors qu’il affiche une forte ambition en matière de RSE, y compris à l’égard de ses fournisseurs.

 

Finalement, une dégradation inéluctable du déploiement de la fibre optique en France
 


Au-delà des conséquences sociales et économiques désastreuses, une telle décision met un terme à tout le processus d’innovation sociétale déployé par le groupe coopératif Scopelec pour l’ensemble des collaborateurs, des territoires et des citoyens. Ce modèle, pourtant particulièrement innovant et nécessaire dans un secteur d’activité de plus en plus précarisé, doit être encouragé. C’est une hérésie pour l’ensemble du mouvement SCOP qui se mobilise pleinement dans toute la France pour pérenniser l’activité de ce fleuron français. En attaquant des entreprises prestataires de qualité, soucieux de leurs salariés, Orange met le modèle social français à mal. Socialement et économiquement précariser la filière n’est pas compatible avec l’enjeu pour la France d’étendre l’infrastructure numérique du pays. Orange et, plus largement, toute la filière télécom doivent s’engager pour un numérique responsable, c’est essentiel pour les localités et leurs habitants.

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