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Vives réactions syndicales suite à la décision de La Poste de faire rattraper les heures perdues à cause des incendies
Lors des incendies exceptionnelles dans la région Aquitaine, et que deux centres de tri de Cestas (dans la banlieue sud-ouest de Bordeaux) ont été contraints de fermer, le directeur exécutif délégué Nouvelle-Aquitaine de La Poste a jugé bon d'adresser un mail fin juillet aux salariés pour leur annoncer qu’en cas d’activité interrompue par La Poste, le salaire sera garanti à 100%, mais que «les heures rémunérées seront reportées»... rappelant que le Code du travail prévoit en effet qu’une «interruption collective du travail» résultant «de causes accidentelles, d’intempéries ou en cas de force majeure» peut donner lieu à une récupération des heures perdues.
À l’heure où tout le monde se félicite de la solidarité nationale, ce mail n'a pas manqué de susciter de vives réactions syndicales..
La fédération CGT des salariés des activités postales et de télécommunications a, pour sa part, dénoncé avec force "les décisions unilatérales de La Poste visant à imposer aux salariés la prise de congés annuels et à mettre en œuvre un dispositif de récupération des heures perdues à la suite de la fermeture de la PIC (Plateforme Industrielle du Courrier) de Cestas (400 salariés), en Gironde, décidée par les autorités préfectorales en raison des incendies d'une ampleur exceptionnelle qui ont touché la Gironde et les Landes.."
Dans son communiqué de ces derniers jours, la fédération rappelle que " les élus CGT avaient en vain alerté La Direction de la dangerosité de la situation, et qu'il aura fallu attendre décision administrative pour protéger les salariés exposés aux risques des incendies et des fumées toxiques. Ils n'ont commis aucune faute, n’ont à fortiori pas pu exercer leur activité pas par volonté mais par nécessité de protection de leur santé (Obligation légale de l’employeur) et ne sauraient être tenus pour responsables des conséquences d'une catastrophe naturelle."
Avec la mobilisation des salariés sur place ainsi que la pression médiatique dégradant fortement l’image de La Poste, celle-ci fait un premier pas en arrière....
Elle limitera la récupération des heures perdues à deux vacations et fait le choix du recours au dispositif « activité partielle » payé par l’Etat et les cotisations chômage.
Pour le syndicat , alors qu’une partie du trafic a été dérouté vers d’autres plateformes pendant la fermeture et qu’à la reprise, le trafic sera étalé et écoulé, aucun élément ne justifie cette décision de récupérer des heures « perdues » en octobre 2026.
Pourquoi demander aux salariés de "rembourser" ultérieurement un temps de travail perdu visant à répondre à une obligation de l’employeur ?
La CGT FAPT réaffirme son opposition aux congés imposés comme à la récupération des heures perdues.
Pour elle :
- les deux mesures procèdent de la même logique : faire porter aux salariés le coût d'une interruption d'activité dont ils ne sont en rien responsables et de profiter de ces catastrophes exceptionnelles pour anticiper un surcroit d’activité en fin d’année et ne pas payer les heures supplémentaires
- La Poste doit régulariser toutes les absences en autorisations spéciales d’absences exceptionnelles, comme cela est le cas dans d’autres grandes entreprises et mettre en adéquation ces paroles et écrits face à la réalité de la situation.
De son côté la fédération FO Com La poste souligne qu'à chaque dysfonctionnement ou presque, la petite musique revient : « Il faudra récupérer les heures perdues. ». Encore faut-il savoir de quelles heures on parle!
Certes le Code du travail est très clair : la récupération des heures perdues n’est possible que dans des cas exceptionnels et limitativement prévus par la loi (intempéries, force majeure, accident, …).
Une panne informatique ? Un manque d’effectifs ? Une organisation défaillante ? Une tournée annulée ? Une baisse d’activité ? Non ! Ces situations ne permettent pas d’imposer une récupération des heures.
À La Poste, la tentation est parfois grande de faire supporter aux agents les conséquences de difficultés organisationnelles dont ils ne sont pourtant pas responsables. Pour FO Com, le principe est simple : les salariés n’ont pas à rembourser le temps perdu par leur employeur.
En ce qui concerne le repositionnement des heures perdues, il reste strictement encadrée :
- les heures doivent être récupérées dans les 12 mois suivant leur perte
- elles ne peuvent pas être réparties uniformément sur toute l’année
- elles ne peuvent pas augmenter la durée du travail de plus d’une heure par jour, ni de plus de huit heures par semaine
- l’employeur doit informer préalablement l’inspection du travail des interruptions collectives et des modalités de récupération. En cas d’événement imprévu, cette information doit être faite immédiatement.
Mais au-delà de la réglementation et au vu de l’actualité, FO Com demande à La Poste de faire preuve de responsabilité et de solidarité envers les collègues de Gironde et des Landes durement touchés par les récents incendies, en renonçant à tout déclenchement du dispositif de récupération des heures perdues dans les établissements concernés.
A suivre !!!