Plus de 8 salariés aidants sur 10 déclarent que leur rôle a un impact négatif sur leur santé
Salariés aidants : de la prise de conscience à l’action, les entreprises face au défi du management de l’aidance
L’aidance s’est durablement installée dans le quotidien des entreprises françaises. Aujourd’hui, 20 % des salariés sont aidants. Mais derrière ce chiffre se cachent des situations très diverses, qui peuvent s’étendre sur plusieurs années et représenter une charge considérable.
Depuis 2017, le Baromètre Aider & Travailler, réalisé par Interfacia, premier acteur du management de l’aidance en entreprise, analyse cette réalité et ses conséquences sur le monde professionnel.
Pour sa quatrième édition, menée en partenariat avec Tilia, société de conseils et d’accompagnement pour les entreprises et leurs salariés aidants, filiale de BNP Paribas Personal Finance également partenaire de cette quatrième édition, l’ANPP – Territoires de projet et Olystic, l’étude change de focale : au-delà de l’identification des salariés aidants et des dispositifs qui leur sont proposés, elle interroge la capacité des entreprises à comprendre ce que les situations d’aidance produisent concrètement dans leur organisation, à donner aux employeurs les moyens d’agir lorsque cela est nécessaire et à mesurer l’efficacité des réponses apportées.
On retiendra, notamment que:
Plus de 8 salariés aidants sur 10 déclarent que leur rôle a un impact négatif sur leur santé
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55 % des salariés aidants interrogés le sont depuis au moins 6 ans, dont 28 % depuis plus de 10 ans. Ils consacrent en moyenne 14 heures par semaine à l’accompagnement de leur(s) proche(s), soit l’équivalent de deux journées de travail.
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Cette aide représente un coût financier : deux tiers des salariés aidants (66 %) consacrent entre 150€ et 500€ mensuellement pour soutenir leur proche.
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Pour faciliter leur maintien en emploi, 61 % des collaborateurs aidants citent les horaires aménagés ou la possibilité de les modifier, et 38 % la souplesse dans la prise des congés payés.
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Ils sont 54 % à parler de leur situation à leur manager direct, 32 % à leurs collègues et 25 % au service RH, seulement 7 % n’en parlent à personne.
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85 % déclarent que leur rôle a des répercussions négatives sur leur santé et 65 % sur leur travail, notamment sur leur capacité à organiser leur activité (69 %), leur rémunération (47 %) et leur évolution professionnelle (43 %).
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Ces effets dépassent le seul salarié concerné : 62 % des collègues et managers travaillant avec un aidant rapportent un impact négatif sur leur propre travail.
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Cependant, 89 % des salariés aidants affirment avoir acquis ou développé de nouvelles compétences du fait de leur situation ; un constat confirmé par 84 % de leurs collègues et managers.
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Si les RH ont nettement gagné en connaissance du sujet, 97 % n’ont mis en place aucune mesure favorisant le dialogue entre salariés aidants et non-aidants.
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76 % des managers et collègues d’aidants estiment qu’ils auraient besoin d’être accompagnés sur le sujet de l’aidance, mais que cela fait aujourd’hui défaut.
Après plusieurs années de sensibilisation, les résultats du Baromètre montrent donc que l’enjeu n’est plus seulement de savoir si l’entreprise agit en faveur des salariés aidants, mais de déterminer si elle agit au bon endroit et si les solutions mises en place produisent réellement les effets attendus.
Pour répondre à cet enjeu, cette édition 2026 fait évoluer le Baromètre en un véritable outil de pilotage : « L’Empreinte de l’aidance », destiné à donner aux organisations une lecture synthétique des effets des situations d’aidance sur le travail, les collectifs et les trajectoires professionnelles.
L’Empreinte de l’aidance propose une lecture selon cinq dimensions :
- Une dimension instantanée afin de rendre le sujet visible et mesurable ;
- Une dimension temporelle qui consiste à prévoir des réponses ajustables dans le temps ;
- Une dimension relationnelle pour repérer ce qui va renforcer le collectif ;
- Une dimension organisationnelle afin de reconnaître et de mobiliser les compétences acquises par les aidants ;
- Une dimension économique : le coût caché de l’aidance représentant 3,76 % de la masse salariale (source : N. Chusseau, Coûts cachés de l’aidance, 2025), l’objectif est d’objectiver les coûts pour mieux arbitrer le retour sur investissement des actions à mettre en œuvre.
Cette initiative constitue une boussole de pilotage permettant aux organisations d’identifier leurs priorités et d’arbitrer leurs réponses.
Pour passer de cette lecture à l’action, six décisions sont recommandées :
-mesurer les situations, les besoins et les effets ;
-définir des règles, responsabilités et relais communs ;
-équiper les managers pour agir et orienter ;
-adapter le travail et les dispositifs de temps ;
-faciliter l’accès aux droits et aux accompagnements ;
-anticiper, évaluer et réviser dans la durée.