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16 / 09 / 2020 | 114 vues
Vincent Hernandez / Membre
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Ouverture des négociations pour la révision des accords sur le télétravail dans la branche de l'énergie

Selon la Direction de l'animation de la recherche, des études et des statistiques (DARES), 1 salarié sur 4 a pu « télétravailler » depuis le covid-19. Les entreprises réfléchissent déjà, dans leur majorité, à la possibilité de généraliser le télétravail à deux jours par semaine.

 

Tout le monde peut y trouver son compte : diminution de l’empreinte carbone et du risque en cas de nouvelle crise du côté de l'employeur, équilibre vie privée/vie professionnelle, du côté du salarié. L’enjeu est désormais de trouver un accord. Comme plus de 2.000 entreprises en France, RTE, ENEDIS, EDF, ENGIE, GRTgaz et GRDF ont déjà un accord sur le télétravail. Elles vont le réviser dès cet automne, lors de nouvelles négociations.

 

Télétravail et e-taylorisation


Longtemps perçue comme une forme de contrepartie (voire comme objet de moquerie pour les plus sceptiques invoquant le télétravail comme la journée « télétarte » ou « télétondeuse »), force est de constater que la formule fonctionne pour près de 8 millions de salariés depuis le 17 mars dernier.


Après tout le « knowledge worker » (travailleur de l’immatériel) a une certaine logique dans une économie
dématérialisée à 80 %. Mais pour que le télétravail ne revête pas lui aussi des formes de travail indésirables pour le bien-être du salarié et éviter le retour du tâcheron du XIXe siècle, il faut déployer plusieurs impératifs :
 

  • laisser le choix au salarié de télétravailler ;
  • prendre l’environnement de travail du salarié en considération comme la possibilité pour celui-ci de s’isoler, l’ergonomie de ses outils ou encore sa connexion ;
  • créer davantage de règles comme avec le droit à la déconnexion (art. L. 2242-17) et un usage raisonné de réunions virtuelles avant d’éviter les maux de l’hyper-connectivité ;
  • régler la contradiction de la demande d’autonomie et du sentiment d’isolement associé à la perte de lien social et, pour cela, maintenir un collectif de travail parmi les télétravailleurs (ANI du 19 juillet 2005, art. 9)


Ainsi, le management aura besoin de se réajuster...
 

Supervision, management et contrôle doivent muter en une impulsion managériale prônant autonomie et initiative
des salariés tout en se passant de proximité géographique.
 

Vers la fin des « open-plaies » ?


Rester concentré à 100 % sans être interrompu : le rêve pour bien des gens ! C'est tout de même un comble que les entreprises n’aient pu le permettre face à cette mode infernale et aussi vieille que la tertiairisation qu’est l’« open-space » (ce concept qui entasse et range les individus en batterie a été élaboré par l’architecte Werner Zobel, en Allemagne, en 1963).


Aujourd’hui, offrir une vue surplombante des salariés au chef d’équipe a-t-il encore un sens ? Comme jouer les chaises musicales à coup de « flex office » ?


Ni concentration, ni confidentialité pour les uns, mode managérial d’un autre temps pour les autres, à l’évidence le modèle n’est plus adapté. D’autant que le contrôle est toujours possible à distance. Les outils informatiques vont même parfois trop loin ; c’est la raison pour laquelle la CNIL a déjà alerté sur ses usages… La protection des données privées du salarié est plus que jamais fondamentale et également objet d’échanges.


Le télétravail a aussi un coût pour le salarié.


Combattues par notre organisation syndicale, les ordonnances Macron ont réduit la possibilité d’indemnisation des frais supposés, comme avec la suppression de l’accord national interprofessionnel (ANI) du 22 septembre 2017 qui obligeait l’employeur à prendre tous les coûts en charge… Or, l’ANI du 19 juillet 2005 (alinéa 2) fonctionne toujours et suppose que « l’employeur prend en charge, dans tous les cas, les coûts directement engendrés par ce travail, en particulier ceux liés aux communications », sauf si un accord d’entreprise stipule une limitation de la prise en charge (par ex. : prime). Car, il faut le répéter, les dernières évolutions législatives permettent à l’entreprise d’édicter un accord moins favorable…
 

Pour nous, tout l’enjeu lors de ces négociations sera bien évidemment d’obtenir davantage.


Sur le plan national, trois réunions sont programmées ce mois de septembre entre organisations patronales et syndicales pour aboutir à une synthèse à la fin du mois.

 

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dans le confinement récent, il faut prendre en compte l’inadaptation du matériel de télétravail ou du bureau à domicile qui peut engendrer des risques physiques (musculo-squelettiques, visuels, électriques…) liés à leur mauvaise ergonomie ou à une installation défectueuse, des risques psychologiques sont aussi importants : perte des limites entre vie professionnelle et privée ! : « La prévention des risques du télétravail » : http://www.officiel-prevention.com/formation/fiches-metier/detail_dossier_CHSCT.php?rub=89&ssrub=206&dossid=489