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27 / 06 / 2019 | 217 vues
Vincent Hernandez / Abonné
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Le véritable défi d’EDF est sa capacité à investir dans le système électrique français

Le 20 juin 2019, les organisations syndicales ont participé à une réunion de présentation du projet « Hercule » par la direction d'EDF. Celle-ci confirme et renforce nos analyses communes sur ce meccano capitaliste qui conduit à la désintégration d’EDF.
 

Pour les fédérations syndicales, la priorité d’EDF doit être son projet industriel et social, guidé par l’intérêt général. EDF doit garantir un service public de l’électricité de qualité, au meilleur coût, pour tous, partout et toute l’année.
 

La financiarisation accrue, la fuite en avant dans la libéralisation, la désintégration de l’entreprise et la privatisation de biens communs ne peuvent en aucun cas répondre aux enjeux, tant pour EDF que pour l’ensemble des citoyens. L’intersyndicale réaffirme donc son profond attachement au service public, porté par une entreprise EDF intégrée et s’oppose unanimement à la découpe et à la mise en vente d’activités structurelles pour le  service public.
 

Les syndicats CFDT, CFE-CGC, CGT et FO de l’énergie demandent au gouvernement de donner à EDF les moyens d’investir dans la transition énergétique et le service public et de renoncer à toute désintégration-privatisation.
 

Alors que le projet dit « Hercule » de nouvelle organisation des activités d’EDF demandé par le Président de la République n’en finit plus de s’étaler dans la presse, l’intersyndicale des fédérations CFE-CGC énergies, FNEMFO, FNME-CGT et FCE-CFDT refuse de voir l’avenir d’EDF réduit à un meccano capitaliste. Elle s’oppose à une réorganisation strictement financière qui perdrait le projet industriel, l’ambition sociale et l’intérêt général de vue. L’intersyndicale réaffirme son profond attachement à l’entreprise intégrée EDF, laquelle fait ses preuves depuis plus de 70 ans. C’est ce modèle intégré qui, en organisant une optimisation technique et économique très fine entre les différents moyens de production et sur l’ensemble des composantes du système électrique, assure à la France un système électrique résilient, compétitif et à bas carbone.
 

Pour l’intersyndicale, le véritable défi d’EDF n’est pas son organisation mais sa capacité à investir dans le système électrique français. Prolongation et renouvellement du parc électronucléaire, investissements dans les réseaux, développement des énergies renouvelables et de leur stockage… EDF doit avoir les moyens de faire face aux besoins d’investissements auxquels le système électrique français est confronté. Aucun démantèlement d’EDF n’est nécessaire pour y parvenir.
 

C’est la condition pour que la France réussisse la mise en œuvre de son modèle de transition énergétique bas carbone, guidé et assuré par le service public, assurant la sécurité d’alimentation électrique du pays et garantissant aux consommateurs français la compétitivité des prix de l’électricité dans la durée. L’intersyndicale souligne que c’est avant tout par la refondation de la régulation du secteur de l’électricité que l’on confortera le modèle économique permettant à EDF de relever le défi de l’investissement industriel.
 

Personne ne doit oublier que le premier responsable de la situation actuelle d’EDF, c’est bel et bien l’État. En exigeant des dividendes démesurés pendant de nombreuses années et en lui imposant de subventionner ses concurrents par la mise en place d’un ARENH mortifère, l’État a fragilisé EDF. Il doit maintenant résoudre l’équation qu’il a lui-même posée en organisant une régulation juste et équilibrée qui privilégie le long terme, la capacité à investir et, au final, la garantie pour les Français d’un prix de l’électricité durablement maîtrisé. Dans cette perspective, l’intersyndicale s’oppose à toute évolution de la régulation qui serait décidée au détour de la loi « énergie & climat », actuellement discutée au Parlement, afin de favoriser encore davantage la concurrence au détriment d’EDF et de ses investissements industriels.
 

L’intersyndicale a décidé de se mobiliser pour rappeler que l’avenir d’EDF et de ses salariés est avant tout une question de projet industriel, de capacité à investir et d’ambition sociétale autour d’un service public de l’électricité plus que jamais d’actualité pour répondre à l’impératif climatique et à l’intérêt général. Ni réorganisation strictement financière, ni fuite en avant dans la libéralisation et la privatisation des biens communs, l’intersyndicale est convaincue que ce n’est pas en vendant EDF « à la découpe » que l’on dessinera l’avenir du service public de l’électricité, bien de première nécessité et clef du défi climatique. Le démantèlement d’EDF n’est sûrement pas une réponse à la hauteur de l’urgence climatique et de la concurrence stratégique des États-Unis et de la Chine. L’État doit clairement choisir entre intérêt général et intérêts particuliers d’acteurs opportunistes, indifférents aux intérêts à long terme du pays.
 

Diverses initiatives vont être lancées pour porter un coup d’arrêt à ce projet et exiger du gouvernement qu’il assume enfin ses responsabilités :
 

  • campagne d’information pour alerter l’opinion publique,
  • démarche de sensibilisation et de débat auprès des salariés sur les enjeux liés au projet « Hercule » et à l’avenir d’EDF,
  • interventions auprès des élus de la Nation.
     

L’intersyndicale a déjà décidé d’appeler à une journée de grève nationale le 19 septembre 2019.

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