Participatif
ACCÈS PUBLIC
11 / 10 / 2022 | 104 vues
Jacky Lesueur / Abonné
Articles : 1786
Inscrit(e) le 04 / 03 / 2008

"La composition du Conseil d’Administration va évoluer, reste à savoir dans quel sens" - Sandrine Lhenry, administratrice salariée d’EDF SA

Sandrine Lhenry, nouvelle administratrice salariée d’EDF SA, a bien voulu répondre aux questions que beaucoup se posent dans la période.
 

Diplômée du Conservatoire National des Arts et Métiers (CNAM), titulaire d’une licence en droit et relations sociales et d’un Master II RH & RSE de l’Institut d’administration des entreprises (IAE) Paris Sorbonne, Sandrine Lhenry a débuté sa carrière dans les Industries Electriques et Gazières (IEG) en 1999 chez EDF GDF dans le domaine de la clientèle.De 2014 à 2017, elle a la charge du dialogue social de la branche des IEG au sein de l’équipe dirigeante de la fédération nationale FO Énergies et Mines, puis elle est Secrétaire Générale adjointe de la fédération de 2017 à 2020. Elle est actuellement chargée de missions RSE à la Direction de la Communication & RSE d’Enedis. Parrainée par FO, Sandrine Lhenry est administratrice d’EDF élue par les salariés depuis juillet 2021.
 

Qui siège au Conseil d’administration d’EDF ?

Actuellement, le conseil d’administration d’EDF est composé de 18 membres : 11 nommés par l’Assemblée Générale des actionnaires dont 5 administrateurs nommés par l’État, 5 indépendants et le PDG. Puis 1 représentant de l’État (APE) et 6 administrateurs élus par les salariés et parrainés par les fédérations syndicales représentatives des IEG.

Quel est ton rôle au sein de ce CA ?

En premier lieu, représenter la voix des salariés qui m’ont élu. Cela se traduit par une participation active aux décisions stratégiques qui sont couramment délibérées par vote. Mais également prendre part aux différents travaux des comités ad hoc du conseil. Dans mon cas ceux du comité d’audit, de responsabilité d’entreprise et stratégique. L’autre casquette est de défendre les intérêts de l’entreprise qui sont complémentaires à ceux des salariés. La création de valeur est source de création d’emplois dans la limite des risques imposés. J’ai ainsi une responsabilité collective caractérisée par le conseil d’administration, mais également une responsabilité civile et pénale en cas de diffusion d’informations confidentielles.

Quelles sont les difficultés liées à ton mandat ?

Je dois naviguer entre la discrétion qui s’impose à ma fonction et le fait de devoir rendre compte aux salariés qui m’ont désigné pour les représenter dans l’entreprise. C’est finalement encore très méconnu comme rôle et il reste beaucoup à faire pour être véritablement reconnu par les équipes dirigeantes dans l’évolution du système de gouvernance et les règles du jeu du dialogue social.
 La loi Pacte a imposé la présence d’a minima 2 administrateurs salariés pour les conseils de plus de 8 membres. Il y a donc les textes, les bonnes intentions du législateur et la réalité où la confiance fait souvent défaut.
 

Quels sont les sujets qui sont abordés ?

Justement ils sont confidentiels, mais de manière générale nous statuons sur des projets de cession ou de développement avec les enveloppes financières nécessaires. Cela passe par une présentation des membres du Comex et de leurs équipes que nous questionnons sur le bien-fondé des projets. Les enjeux sociaux et environnementaux peuvent être mis en lumière, mais bien souvent, ce sont les aspects financiers qui sont plus largement débattus. Après, l’actu d’EDF est très riche et tous les sujets débattus s’y retrouvent nécessairement du fait de l’exposition importante du groupe : les projets d’EPR en Grande-Bretagne avec Sizewell C ou Hinkley Point ou encore la cession de CENG aux USA.

À la suite de l’annonce du gouvernement de racheter les titres de capital d’EDF, le Conseil d’Administration va-t-il évoluer ?

Très certainement. Ce fut le cas sur d’autres grandes entreprises qui ont changé de statut. Je pense à celui de la SNCF où la place des administrateurs salariés a été réduite à la suite de sa dernière grande réforme. À mon sens le pluralisme devrait toujours être représenté pour continuer de porter la voix des salariés. Voire en allant plus loin, avoir des représentants des consommateurs ou collectivités locales si on se veut être un service public où le dialogue a sa place.

Pas encore de commentaires