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05 / 05 / 2021 | 734 vues
Mireille Herriberry / Membre
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HSBC : un immense gâchis

Il y a dix-huit mois, les salariés d’HSBC apprenaient par la presse que le groupe souhaitait se séparer de sa banque de détail en France.

 

Cela fait dix-huit mois que la décision est reportée de trimestre en trimestre, soumettant les salariés à l'attente et au stress. Le 17 mars dernier, la direction a convoqué les organisations syndicales pour leur dire que les négociations avec Cerberus continuaient pendant encore quelques semaines.

 

Pour les salariés d’HSBC en France, cela signifie qu’ils sont à l’aube de la scission de l’ex-CCF en deux :

  • la banque d’investissement, banque d’entreprises, banque privée et assurance-vie (environ 2 800 salariés) resteraient dans le giron d’HSBC Continental Europe ;
  • la banque de réseau et les fonctions centrales travaillant pour ce marché (soit environ 4 000 salariés) rejoindraient le groupe Cerberus.

 

Pour notre syndicat HSBC, il s’agit de l’aboutissement d’un immense gâchis.
 

Rappelons qu’en 2000, HSBC a racheté le fleuron qu’était le CCF (alors sixième banque française avec ses presque 12 000 salariés et plus de 500 agences) pour 11 milliards d'euros.

 

Aujourd’hui, le groupe est prêt à se débarrasser de son réseau pour concentrer ses fonds propres en Asie pour un euro symbolique. Une expérience douloureuse et peu glorieuse. À ce jour, nous n’avons pas connaissance du projet industriel, ni des garanties sociales avancées par Cerberus.

 

Les représentants de notre syndicat sont mobilisés pour défendre les salariés qui resteront au sein d’HSBC CE, comme des salariés qui seront transférés vers le futur repreneur. Ils se battent pour sauvegarder les emplois et pour que les collaborateurs puissent enfin se projeter à moyen ou long terme et se concentrer sur leur métier et leurs clients sereinement. La résilience des salariés a été poussée à l’extrême. Pour que les décisions annoncées aient des chances de succès, il va falloir réembarquer les équipes dans une dynamique motivante.
 

Depuis sa parution, nous avons appris qu’une « vente à l’envers » par HSBC de l’ancien réseau Crédit Commercial de France était plus que probable, incluant une recapitalisation de plusieurs centaines de millions d’euros qui permettra au fond d’investissement Cerberus d’exploiter les quelque 230 agences et 4 000 salariés le composant.

 

Et dans le secteur bancaire en général


Par ailleurs, au plan général, l’effet des vagues de confinement ne doit pas provoquer un tsunami de dégradations de conditions de travail.

 

Après le raz-de-marée de mars 2020, puis la deuxième vague de novembre 2020, nous voilà à présent dans la troisième vague d’avril 2021, dont nous savions qu'elle arriverait depuis des mois, mais que nos gouvernants ont repoussé à grands renforts d’incantations et de communications, toutes plus évasives et imprécises les unes que les autres.

 

Troisième vague donc, avec encore une fois un « confinement » qui n’en est pas un, son lot de contraintes et de « oui mais... non mais... », de distances à respecter, d’attestations pour circuler et, sans surprise, malheureusement, aucune directive pour contraindre les directions des banques, nous concernant, à adapter l’organisation du travail dans les agences pour réduire les contacts sociaux des employés.

 

Encore une fois, malgré les discours de fermeté de la Ministre du Travail, aucun acte concret ! Les salariés des agences restent en première ligne, sans contrepartie, sans reconnaissance salariale par le biais d’augmentation générale des salaires et sans visibilité sur les conditions de travail.

 

Lors de la dernière commission paritaire de la banque, les cinq organisations syndicales représentatives de l’AFB (CFDT, CFTC, CGT, FO et SNB) ont conjointement interpellé les représentants de la branche et dénoncé l’inertie du dialogue social, qui s’est accentuée avec la crise.

 

Le mandat donné par la partie patronale est quasi nul sur les sujets d’actualité (tel que le télétravail) ou de fond (comme les NAO, la santé au travail, la violence au travail, l’égalité hommes/femmes ou le handicap). En réponse, la posture patronale s’est résumée à demander aux représentants des salariés d’organiser le dialogue social de branche et ainsi renverser le lien de subordination qui, d’origine, relève de sa propre responsabilité.

 

Ce type de méthode traduit parfaitement l’incapacité de l’AFB à obtenir des mandats de négociation clairs et qui permettent des avancées sociales dignes de ce nom.


Cette situation est d’autant plus ubuesque que, lorsque nous avions envisagé des thèmes de négociation par le passé, la déclaration patronale a été : « vos propositions sont inintéressantes ». En conclusion et de manière synthétique, ces échanges portant sur le dialogue social auraient pu se résumer par : « stupeurs et provocations de la part des employeurs de la profession bancaire »…

 

Pour FO banques, pour négocier, il faut être deux (représentants des salariés/représentants des employeurs) et pas uniquement sur les sujets portés par la partie patronale, tels que le CDI d’opération, qui va sans doute revenir par la petite porte, très certainement intégré dans un accord plus global sur l’emploi.

 

Pour mémoire la CFDT, la CFTC, la CGT et FO (réunissant 66,02 % de représentativité au sein de la branche AFB) s’étaient opposées à l’application de l’accord relatif au CDI d’opération en avril 2019, rendant l’accord signé par le seul SNB caduc. Pour nous, il est indispensable que les sujets de fond soient traités par la branche, loyalement dans l’intérêt de la profession et de ses salariés. Ce n’est malheureusement pas le cas aujourd’hui...

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