Organisations
A France Travail: La rentrée des crasses, c’est déjà maintenant !
Alors que nous déplorions le mois dernier, à l’instar du mois précédent, d’être convoqués en CSEC pour ne traiter que d’informations sinon secondaires du moins d’une urgence toute relative, voilà que la semaine dernière, à la veille du pont du 14 juillet une nouvelle réunion a été programmée pour traiter d’une véritable déferlante de dossiers majeurs.
L'occasion pour notre syndicat de faire une nouvelle mise au point...
Comment traiter sereinement de ces sujets quand on sait que tout doit être terminé au plus tard ce jeudi soir, sans aucune possibilité de poursuite de l’instance le lendemain puisque nous sommes d’ores et déjà convoqués le 10 juillet matin pour la séance d’information en vue d’une consultation récurrente sur la Situation Économique et Financière de France Travail ?!
Tenir un tel CSEC à la manière d’un contre la montre n’est pas digne d’un dialogue social de qualité. Ce n’est pas plus respectueux pour les intervenants qui vont venir présenter leur dossier ici que pour les représentants du personnel que nous sommes et partant pour les collègues que nous représentons, puisqu’au final tous les dossiers présentés ici ont vocation à impacter leur quotidien de travail et donc leurs conditions de travail.
Nous considérons que la méthode n’est pas la bonne et qu’à vouloir nous presser au détriment du bon fonctionnement de l’instance et plus globalement de tout France Travail soulève une véritable problématique en soi.
Rien que sur le fameux sujet de LinkedIn, relégué du reste en fin d’ordre du jour, nous aurions pu - pour ne pas dire dû - passer au moins une demi-journée complète pour passer en revue de manière exhaustive ce que nous considérons comme un dossier emblématique de la gouvernance à la mode d’un Directeur Général moins protecteur de notre service public de l’emploi que promoteur de l’Etat en mode start up.
Avec tout ce que cela peut nourrir d’inquiétudes légitimes pour l’ensemble du personnel de France Travail quant à notre avenir professionnel.
Et s’il n’y avait que celui-là !
Qu’on en juge par l’ordre du jour lui-même : une information en vue de consultation sur la généralisation de Match FT Formation, un « point d’étape sur l’IA » à l’intitulé sibyllin comme si le sujet ne se prêtait pas aux échanges nourris et à tiroirs au regard des enjeux soulevés, une information en vue de consultation sur rien moins que les « nouvelles modalités d’accompagnement », une information sur un nouveau pilote intitulé « CDP – plateforme de données usagers » qui là encore ne nous dit rien qui vaille, avant de clôturer par ledit « point d’étape » sur le pilote LinkedIn qui ainsi formulé laisse clairement entendre que le dossier est loin d’être clos !
Quand on songe que début juillet la négociation NAO a tourné court alors qu’en définitive elle aurait pu ne pas être convoquée du tout et que la séance de négociation de l’accord Seniors prévue le lendemain a été ajournée sans plus d’explication, on se dit que le calendrier social de fin juin-début juillet aurait pu faire l’objet d’une adaptation telle qu’elle permette à ce CSEC de se tenir dans de bien meilleures conditions.
En espérant qu’il en ira donc autrement pour ceux d’août à décembre, à l’orée d’une année 2027 à n’en pas douter redoutable et redoutée pour la pérennité de France Travail et de nos emplois ; à l’heure où le taux de chômage repart à la hausse et qu’un récent rapport s’en vient témoigner de l’impéritie de la loi Plein emploi aux effets prévisiblement anecdotiques sur le retour à l’emploi des personnes soumises au régime du RSA.
A cet égard le bilan actuel du Directeur Général en termes de lutte contre le chômage s’apparente pour nous à un terrible bilan de stigmatisation et de chasse aux travailleurs privés d’emploi ayant tout pour complaire à l’ensemble de nos détracteurs-candidats à la présidentielle. Lesquels plutôt que de prétendre à terme renforcer les moyens humains et matériels du service public de l’emploi appellent d’ores et déjà dans leurs vœux de campagne au démantèlement et à la privatisation de notre institution.
Nous ne pouvons que condamner de telles professions de foi, à l’aune de la politique menée par le DG à la tête de cette maison depuis son arrivée, qui va exactement dans le même sens, en foulant au pied réorganisation après réorganisation les collectifs de travail que nous incarnons comme les individus et à quelque niveau que ce soit.
Notre organisation syndicale demeure pour sa part comme chaque année présente en juillet et août pour aider et accompagner tous les collègues de France Travail qui en auront besoin, en préparant avec eux et pour eux la nécessaire mobilisation de rentrée seule capable de faire positivement bouger les lignes sociales au profit de tous.
Pour la justice sociale et un service public de l’emploi digne de ce nom !