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05 / 03 / 2026 | 13 vues
Valentin Rodriguez / Abonné
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Défendre l’industrie automobile, défendre l’emploi en france

Depuis 2010, la filière automobile française a perdu plus de 100 000 emplois. Notre part dans la production européenne est passée de 10,2 % à 7,9 %.

 

Pendant que la France reculait, d’autres avançaient.

 

Pendant que nos sites étaient mis en concurrence, les dividendes atteignaient des sommets. La vérité est simple : l’industrie automobile française est en danger.


Non pas à cause de ses salariés, parmi les plus productifs au monde. Non pas à cause de la transition énergétique en elle-même. Mais à cause d’un sous-investissement chronique en France, d’une mise en compétition intra-européenne organisée et d’une concurrence internationale déloyale, notamment chinoise, qui fausse les règles du jeu.


Le véhicule électrique n’est ni un miracle ni une fatalité.

 

Il représente une transformation majeure, mais aussi un risque social immense : 30 % de main-d’oeuvre en moins par véhicule, 40 000 emplois menacés dans le thermique, et aucune garantie que les emplois nouveaux – batteries, électronique, logiciels – soient créés sur notre sol. Sans stratégie industrielle cohérente, l’électrification peut accélérer la désindustrialisation 

 

Face à cela, notre fédération  refuse le fatalisme.

 

Nous affirmons trois priorités claires.


D’abord, garantir l’emploi avec des engagements chiffrés par site. Un plan massif de formation à hauteur des enjeux : 50 heures par an et par salarié. La titularisation des salariés précaires, peu ou pas formés, mais prêts à l'être et à évoluer.


Encore faut-il leur en donner les moyens et la sécurité.


Ensuite, réindustrialiser, réellement. Cela passe par des investissements massifs en France, par le développement des gigafactories, par la relocalisation des moteurs électriques, de l’électronique de puissance, des composants stratégiques.

 

Assembler en France ne suffit pas : il faut y produire.

 

Un véhicule assemblé avec 55 % de composants importés ne sauvera pas nos emplois. A ce titre, les récentes tergiversations de l’Union européenne, qui n’en finit pas de reporter des décisions, ne font qu’alimenter un manque de cohérence et de courage politique face à d’autres continents déterminés. Il nous faut un contenu local à hauteur de 80 %.


Enfin, protéger et reconquérir.

 

Nous ne pouvons pas accepter une concurrence où les écarts de coûts de 30 à 40 % reposent sur des subventions massives, des normes sociales inexistantes et des marchés fermés. L’Europe doit cesser d’être naïve. La conditionnalité des aides publiques, l’exigence de contenu local et des mesures commerciales adaptées sont des nécessités industrielles, pas des postures idéologiques. L’automobile n’est pas un secteur comme les autres. C’est un pilier de notre souveraineté, un moteur d’innovation, des centaines de milliers d’emplois directs et indirects, des bassins de vie entiers.


Derrière chaque usine, il y a des familles.

 

Derrière chaque ligne de production, il y a des savoir-faire. Derrière chaque décision stratégique, il y a un choix de société. La France mérite mieux que le déclin organisé. Elle mérite une stratégie industrielle ambitieuse, protectrice et tournée vers l’avenir.


Défendre l’industrie automobile, ce n’est pas défendre le passé.


C’est défendre l’emploi, la souveraineté et l’avenir industriel de notre pays.

 

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