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17 / 02 / 2026 | 8 vues
Valérie Forgeront / Membre
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Croissance, consommation, inflation : des prévisions et des réserves

Emploi, salaires, chômage, logement, croissance, inflation… À quoi va ressembler cette année 2026 qui débute ?
 

Nulle question de lire dans le marc de café. Il s’agit ici de s’en référer à quelques indicateurs économiques et données statistiques afin d’appréhender, en dix thèmes, la tonalité de l’année en cours.
 

Au vu des différents éléments, et sans surprise, 2026 ne s’annonce pas plus douce aux travailleurs que l’année précédente.

 

Du mieux peut-être en 2026 ?.... mais la prudence est de mise : ainsi pourraient être résumés les prévisions et commentaires des différents observateurs économiques.

 

Sur l’année 2025, le produit intérieur brut est en progression de 0,9% (après 1,1% en 2024), mieux que ce que prévoyait le gouvernement (+0,7%). Pour cette année 2026, la croissance se situerait à ou autour de 1%, mais prudence, donc.

 

Alors que la croissance est tirée traditionnellement, pour plus de la moitié, par la consommation des ménages, reste à savoir à quel niveau sera cette dernière. Cela avec en toile de fond une inflation attendue à 1,3%, contre 0,9% en 2025 selon la Banque de France.

 

Si au quatrième trimestre de 2025 la consommation des ménages croît de 0,4%, après 0,1% au trimestre précédent, sur l’ensemble de l’année elle progresse de 0,4% contre 1% en 2024, constatait l’Insee dans son enquête du 30 janvier. Signe des difficultés des ménages, en décembre leurs dépenses de consommation étaient en repli de 0,6% en volume, après une baisse de 0,3% en novembre.

 

Au dernier mois de 2025, note l’Insee, la consommation alimentaire a encore baissé, cette fois de 0,9%, celle des biens fabriqués est en fort recul, à -1%. Les dépenses dans le domaine textile et habillement ont diminué de 2,1%. Seule la consommation d’énergie est en hausse, de 0,8%.

 

Des salaires toujours à la traîne

 

Les ménages consomment moins, et lorsqu’ils le peuvent ils se constituent plus que d’habitude une épargne de précaution. Sachant que leur pouvoir d’achat apparaît plus que terne (en hausse de 0,1% par unité de consommation en 2025), du fait principalement de salaires dont la progression limitée n’a toujours pas permis de rattraper les pertes de la période de forte inflation de 2021 à 2023, la consommation des ménages est impactée.

 

Ce pouvoir d’achat en berne est dû notamment au « faible dynamisme des prestations sociales », et « de la masse salariale », analyse l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE). En 2026, selon l’Insee, la consommation serait de 0,7% à l’issue du premier semestre. La Banque de France la voit à 0,8% pour l’ensemble de l’année, tout en mettant des bémols et en s’apprêtant à réviser ses prévisions à la baisse.

 

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Au contraire des ménages, les entreprises pleines de confiance dans l’avenir

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En janvier 2026, note l’Insee, la confiance des ménages (dans l’économie, leurs possibilités financières, l’emploi…) est restée « stable » sur un mois. Mais à bas niveau.

L’indicateur économique, synthétisant différents paramètres, affiche 90.

Il est donc bien inférieur à la moyenne de longue période calculée depuis 1987 et fixée à 100. Cela montre les craintes et la prudence qui perdurent chez les ménages.

L’indicateur avait plongé lors de la crise Covid en 2020, puis en 2021 lors de celle de l’énergie. Depuis, il n’est jamais repassé au-dessus de la moyenne. Le « regain d’optimisme » des patrons Autre catégorie, autre ambiance...

Du côté des entreprises, la confiance reprend des couleurs et renoue avec des scores oubliés depuis 2022.

En janvier, l’indicateur (selon l’enquête de Tradingeconomics auprès de 4000 entreprises) a grimpé à 105,20 contre 102,30 en décembre.

Donc au-dessus de la moyenne de 100. Cette confiance, dans l’économie et dans les perspectives pour les entreprises, perdurerait au moins jusqu’en fin d’année.

Ce « regain d’optimisme » est aussi la conclusion de la « grande consultation » menée en janvier dernier par le réseau des CCI auprès d’entrepreneurs.

Lesquels font part aussi de leurs demandes. Ils pressent ainsi le gouvernement d’agir sur différents thèmes et en priorité sur la fiscalité. Soixante et un pour cent des patrons le souhaitent, note l’enquête, indiquant que « les charges réglementaires sont (…) considérées comme le frein majeur au développement économique ».

Rappelons que ce que les patrons qualifient de « charges », ce sont en réalité les cotisations sociales employeurs, lesquelles bénéficient – qui plus est sans condition – d’un système d’allègements induisant pour les comptes sociaux un manque à gagner de près de 80 milliards d’euros par an.

 

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Investissements publics : un moteur qu’il ne faudrait pas gripper

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Comment se tiendront les investissements publics en 2026?

Une inconnue, accompagnée déjà de prudence.

 

Alors que le financement global de ces investissements s’est légèrement redressé entre 2024 et 2025 (passant d’un repli de 1,3% en volume à une hausse de 0,2%), celui des administrations publiques a fortement reculé, de +4,7% à -0,5%. Les dépenses d’investissement des ménages sont, elles, passées de -5,6% en 2024 à +0,8% en 2025. Toujours faibles, donc.

 

L’investissement (privé) des entreprises, de son côté, à la faveur d’une confiance en hausse, se redresse, à 0,5% fin 2025 contre 0,2% fin 2024.

En Europe, la France est l’une des championnes du financement de l’investissement public. Il représente 5,5% de son PIB.

La France se situait en 2024 au huitième rang européen, mais en tête des pays ayant des économies comparables à elle. Ce financement représentait 9,6% des dépenses publiques en 2024.

 

L’investissement public, par ses effets en cascade, participe à doper la croissance et donc l’emploi.

 

Par exemple, 200000 emplois salariés marchands peuvent être créés sur deux ans après la décision d’une hausse de l’investissement ayant induit un effet multiplicateur sur le PIB de 1,4 point.

« Pour la France, le modèle macroéconomique de l’Insee et de la direction générale du Trésor conduit à estimer cet effet multiplicateur d’un investissement public à 1,3 au bout d’un an puis 1,2 au bout de trois ans (contre 0,4 et 0,9 pour une baisse de la CSG, par exemple) », rappelait en mai dernier une étude du site économique Fipeco.

 

Le rôle crucial des collectivités locales

 

L’investissement public est notamment assuré à 54% par les collectivités locales et à 38% par l’État et ses opérateurs. Signe de l’austérité qui perdure sur les dépenses publiques, la loi de finances pour 2026 a par exemple supprimé 1,1 milliard d’euros au programme France 2030, lancé en 2021 et prévoyant des investissements à hauteur de 54 milliards d’euros sur cinq ans.

En matière énergétique, la loi a aussi substitué des certificats d’économie d’énergie aux crédits budgétaires.

De leur côté, après avoir subi des réformes (taxe d’habitation, CVAE…) qui ont impacté leurs ressources, les collectivités locales, une nouvelle fois soumises à une diète budgétaire en 2026 (pour 2 milliards d’euros d’économies), risquent de diminuer leurs investissements.

D’autant plus en cette année d’élections municipales.

Or, ces collectivités ont notamment un rôle majeur dans la mise en œuvre de la transition écologique

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