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12 / 05 / 2020 | 540 vues
Joseph Tayefeh / Abonné
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Covid-19 : quand le gouvernement rend discrètement le masque quasi-obligatoire

Sans que beaucoup de monde ne s'en émeuve ou ne s'en satisfasse pour l'instant, le gouvernement vient, par décret, de rendre le masque juridiquement incontournable pour l'ensemble de la population, notamment les employeurs et les salariés (de la plasturgie et autres).

 

À noter que ce décret (qui porte sur beaucoup de thèmes non neutres) comporte une singularité : il est applicable 48 heures. L'article 27 indique : « Le présent décret est applicable les 11 et 12 mai 2020 ». Le retard pris dans la publication de la loi prorogeant l’état d’urgence sanitaire et complétant ses dispositions du fait de la saisine du Conseil Constitutionnel (qui a rendu a décision hier) y est certainement pour quelque chose.

 

Il est très probable qu'un nouveau décret confirmera ou complétera celui du 11 mai 2020. Néanmoins, il est nécessaire d'invoquer la question des masques dont elle est issue dès aujourd'hui.

 

En effet, l'article 1 du décret n° 2020-545 du 11 mai 2020 prescrivant les mesures générales nécessaires pour faire face à l'épidémie de covid-19 dans le cadre de l'état d'urgence sanitaire indique :

« Afin de ralentir la propagation du virus, les mesures d'hygiène définies en annexe 1 au présent décret et de distanciation sociale, incluant la distanciation physique d'au moins un mètre entre deux personnes, dites « barrières », définies au niveau national, doivent être observées en tout lieu et en toute circonstance.

Les rassemblements, réunions, activités, accueils et déplacements ainsi que l'usage des moyens de transports qui ne sont pas interdits en vertu du présent décret sont organisés en veillant au strict respect de ces mesures ».

 

C'est certes une répétition de ce que l'on nous explique à longueur de journée par spots médiatiques et affichage : il faut respecter au moins 1 mètre de distance entre deux personnes. Sauf que, c'est la première nouveauté,  la préconisation devient une obligation juridique contraignante. La deuxième nouveauté concerne les masques et se situe à l'annexe 1 cité dans cet article, lequel indique : 

« Les mesures d'hygiène sont les suivantes :
- se laver régulièrement les mains à l'eau et au savon (dont l'accès doit être facilité avec mise à disposition de serviettes à usage unique) ou par une friction hydro-alcoolique ;
- se couvrir systématiquement le nez et la bouche en toussant ou éternuant dans son coude ;
- se moucher dans un mouchoir à usage unique à éliminer immédiatement dans une poubelle ;
- éviter de se toucher le visage, en particulier le nez, la bouche et les yeux.

Les masques doivent être portés systématiquement par tous dès lors que les règles de distanciation physique ne peuvent être garanties ».

 

À de rares exceptions près, dès lors qu'il est quasiment impossible dans beaucoup d'entreprises de garantir les règles de distanciation physique à 100 % (malgré tous les plans de circulation du monde), le port du masque devient ainsi une obligation. 

 

Plastalliance avait déjà anticipé cette évolution inéluctable (et salutaire) de la position gouvernementale concernant les masques. Dès le mois de mars 2020, notre organisation professionnelle avait travaillé pour approvisionner les entreprises adhérentes de la filière plastique et composite en masques FFP2 et chirurgicaux. C'est la fameuse « opération plan Marshall plasturgie » qui marche à merveille et qui permet à nos entreprises d'« avancer masquées » pour la reprise.

 

Plastalliance avait rappelé que le masque est le premier investissement de la reprise ici même sur Miroir Social, lors d'un entretien vidéo.

 

On notera que le décret n'indique pas quel type de masque doit être porté (grand public réutilisable ou chirurgical/FFP2 à usage unique). Il est clair que les entreprises doivent absolument se fournir en masques, au risque d'avoir des déconvenues ultérieures compte tenu que le décret augmente considérablement la responsabilité des employeurs en transformant les conseils/préconisations en obligation réglementaire. 

 

Reste maintenant à voir si une évolution verra le jour sur le type de masque à porter car, sur ce point, Plastalliance recommande déjà fortement les masques à usages unique plutôt que les masques réutilisables.

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la gène respiratoire est réelle lors d'un port continu d'un masque en textile pendant longtemps : j'en ai plusieurs fois fait l'expérience, de plus avec des lunettes, il y a plein de buée, quand il pleut beaucoup cela devient une serpillière et quand on est enrhumé et qu' on a envie de se moucher .. !!! pour moi, l'usage obligatoire de masques respiratoires ne peut s'envisager vraiment que pour des utilisations ponctuelles de courte durée, pour les transports en commun, dans les commerces ou dans une salle d'attente, ... : " La prévention des affections respiratoires " : http://www.officiel-prevention.com/protections-collectives-organisation-ergonomie/risque-chimique/detail_dossier_CHSCT.php?rub=38&ssrub=69&dossid=270