Organisations
La perspective d'une nouvelle ponction de l’Etat sur l’Assurance chômage suscite de vives réactions
Alors que le gouvernement semble à nouveau décidé à pratiquer une nouvelle ponction dans les comptes de l’Unedic , les réactions ne se sont pas faites attendre.
Alors qu'ils estiment "urgent que le régime amorce son désendettement afin qu'il puisse continuer d'assurer son rôle d'amortisseur économique et social", les représentants des salariés et des employeurs qui dirigent l'Unédic ont envoyé, la semaine dernière , un courrier au Premier ministre pour lui demander de cesser les prélèvements dans les caisses du régime d'assurance chômage et l'alerter sur la dégradation de la situation financière du régime d'assurance chômage due notamment aux prélèvements de l'État...qui ont emporté tous les excédents du régime ces dernières années, et accroissent encore la dette en 2026".
Les signataires jugent "urgent que le régime amorce son désendettement afin qu'il puisse continuer d'assurer son rôle d'amortisseur économique et social". "Au regard des efforts déjà consentis par le régime pour réduire les dépenses d'assurance chômage, il est indispensable de rétablir une compensation intégrale des exonérations à compter de 2027"
Autant d'éléments évoqués par le directeur générale dans son rapport financier 2025...en insistant sur le fait que « Réduire les capacités financières de l’Assurance chômage, c’est l’affaiblir au moment précis où l’économie française ralentit »
Le rapport (*) rappelait que que:
-Face à une conjoncture peu favorable en 2025, l’Assurance chômage a continué à jouer son rôle, démontrant une nouvelle fois la solidité de son modèle.
-Le déficit de 23 M€ qui apparaît dans ses comptes 2025 ne reflète pas la réalité du fonctionnement du régime.
-Depuis 2023, l’État a décidé de ne pas compenser une partie des exonérations de cotisations d’assurance chômage, pour un total de 12,05 Md€ sur la période 2023-2026.
- Ce prélèvement réduit fortement les recettes du régime, après que ce dernier a porté une partie des mesures d’urgence décidées face à la pandémie de Covid-19 pour un montant de 18 Md€.
Christophe Valentie, directeur général de l’Unédic, dans son rapport de gestion figurant dans le rapport financier 2025 soulignait: « Ces prélèvements successifs ont progressivement fait glisser l’Assurance chômage vers le financement de la politique publique de l’emploi, au-delà de ses missions assurancielles. Ce sont des décisions prises en dehors du pilotage du régime, et c’est pourtant le régime qui en supporte les conséquences »
Pour lui:« Il est essentiel de le rappeler avec clarté : l’Assurance chômage n’est pas un régime en difficulté structurelle. C’est un régime bien géré, dont les partenaires sociaux assurent le pilotage avec constance et responsabilité. La gestion administrative est maîtrisée, les dépenses contenues, les allocations versées chaque mois avec fiabilité à des millions de demandeurs d’emploi. Ce régime génère des excédents courants. Sans les charges qui lui ont été imposées, il serait aujourd’hui en situation de désendettement rapide "
On notera également les réactions de nombreux sénateurs qui dénoncent la pratique du gouvernement dans une tribune publiée dimanche dernier dans L’Opinion par une centaine de sénateurs LR, ainsi que des sénateurs centristes.
Titrée « l’Etat ne doit plus piller l’Assurance-chômage », elle a été signée notamment par le président de groupe LR, Mathieu Darnaud, et la sénatrice LR Frédérique Puissat....
(*) le rapport financier 2025 présente le rapport de gestion du directeur général, les faits caractéristiques de l'exercice, les règles et méthodes comptables, l’analyse du bilan et du compte de résultat, et le rapport des commissaires aux comptes.