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14 / 02 / 2022 | 142 vues
Etienne Dhuit / Membre
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Tensions à la tête du Crédit Mutuel Arkéa

Pomme de discorde. Alors que le nouveau président du Crédit Mutuel Arkéa, Julien Carmona, a à cœur de faire rayonner la banque pour ses récents engagements sociaux et environnementaux, sa direction générale semble toujours obnubilée par les fantômes du passé.

 

Vision d’avenir

 

« Nous avons mûrement pensé et conçu les contours de cet engagement pour réinventer en profondeur et avec sens ce que ce signifie aujourd’hui d’être banquier », affirmait récemment Julien Carmona, concernant le projet d’Arkéa de modifier ses statuts afin d’adopter le statut d’entreprise à missions. Les mots d’un président résolument tourné vers l’avenir.

 

En phase avec son début de mandat : sous sa direction, le Crédit Mutuel Arkéa a en effet fait parler de lui pour, entre autres, être devenu la première banque française à mesurer (en euros) ses effets extra-financiers, et à intégrer ces derniers dans le calcul de ses performances globales. « Ceci constitue une grande fierté et illustre la volonté du groupe de maximiser son effet positif vis-à-vis de l’ensemble de ses parties prenantes », se félicitait alors le président fraîchement élu.

 

De plus en plus clair : la ligne de Carmona semble néanmoins contredire celle de ses deux directrices générales (Hélène Bernicot et Anne Le Goff) notamment sur le projet d’indépendance du Crédit Mutuel. Si le premier est en effet connu et soutenu en interne pour jouer l’apaisement avec la Confédération nationale du Crédit Mutuel sur le sujet, la direction générale d’Arkéa, elle, s’entête.

 

En témoignent les récents propos d’Hélène Bernicot aux Échos concernant, là aussi, la volonté d’Arkéa de devenir une entreprise à mission : « Ils ont leur approche, nous avons la nôtre », a-t-elle ainsi sèchement rétorqué au journaliste, lorsque celui-ci lui indiquait qu’Arkéa rejoignait alors d’autres institutions ayant déjà opté pour ce statut, dont la Banque Postale et le Crédit Mutuel Alliance Fédérale, la plus importante fédération du groupe Crédit Mutuel. Et celle-ci de poursuivre : « l'un des premiers projets qui légitime le statut d’entreprises à mission, ce sont les territoires, qui constituent également le cœur du projet « Liberté » [visant à quitter Crédit Mutuel, NDLR] ».

 

À l’inverse de son président, Hélène Bernicot semble ainsi ancrée dans les logiques conflictuelles du passé. Arrivée chez Arkéa en 2004, elle a passé plus de dix ans sous la coupe de Jean-Pierre Denis, qui l’a d’ailleurs promue au poste de directrice générale de la banque début 2020, en lieu et place de Ronan Le Moal. Même chose pour la directrice générale déléguée, Anne Le Goff, arrivée au sein du groupe en 1996. Affectio societatis oblige, le duo ne semble donc pas encore prêt à tirer un trait sur le projet de leur ancien président, quand bien même le projet d’indépendance de Jean-Pierre Denis n’a jamais paru aussi illusoire qu’aujourd’hui. D’aucuns estiment d’ailleurs que son remplacement par Julien Carmona a sonné la mise au rebut définitive de celui-ci. Reste à savoir si ses derniers défenseurs finiront par l’accepter. Mais qu’à cela ne tienne, Julien Carmona poursuit sa route, en faisant fi des errements du passé. En témoigne sa décision de vendre certains actifs emblématiques de l’ancienne direction d’Arkéa (Leetchi, Mangopay…). Cela ne fait plus aucun doute, l’ère Carmona a bel et bien débuté.

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