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23 / 12 / 2019 | 294 vues
Michel Beaugas / Membre
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France compétences : une volonté de faire disparaître le droit à une formation longue et qualifiante à l’initiative des salariés

Le 27 novembre 2019, le conseil d’administration de France compétences a voté son budget et sa répartition financière, pour l’année 2020.

 

Pour la deuxième année consécutive, la proposition de répartition soumise aux administrateurs privilégie l’apprentissage, au détriment cependant de l’enveloppe consacrée aux projets de transition professionnelle, qui seront gérés et financés par les futures associations paritaires régionales « Transitions Pro » en 2020.

 

Résultat ? Après une division par 2 du budget de la transition professionnelle entre 2018 et 2019, le budget 2020 est proposé au plancher légalement autorisé, soit 20 millions d’euros de moins qu’en 2019 avec « peut-être, si possible, une petite rallonge en 2020 s’il reste un peu d’argent ailleurs ».

 

Pour rappel, ce dispositif qui prend le relais du congé individuel de formation (CIF) existe encore uniquement parce que notre confédération a mené une bataille féroce pour faire subsister un droit à une formation longue et qualifiante à l’initiative des salariés, dans un objectif de transition professionnelle.

 

La position de l’État est une volonté à peine dissimulée de réduire à peau de chagrin les moyens alloués à ce dispositif pour obtenir, à moyen terme, sa disparition pure et simple. Si cela ne peut être de droit, il semble que ce sera de fait. Pour nous, ces propositions sont tout simplement inacceptables. Soulignons que, pour être effectif, un droit doit impérativement être financé.

 

Notre organisation syndicale tient :
 

  • également à dénoncer une réduction du budget de fonctionnement des associations Transitions Pro, dont les moyens seront calculés sur une assiette amoindrie, alors que ces structures sont aujourd’hui déjà en train de licencier des salariés à cause de la réforme (le coup de grâce ?) ;
  • à réaffirmer qu’il est inenvisageable que la valorisation de l’alternance se fasse au détriment de la formation des salariés et interpelle donc le gouvernement : s’il a une réelle ambition pour l’apprentissage, qu’il s’en donne les moyens et qu’il agisse en responsabilité, en augmentant le taux de contribution des entreprises au titre de l’apprentissage !

 

En l’état, notre organisation n’avait donc d’autre choix que de voter contre la proposition de budget soumise au conseil d’administration de France compétences.

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