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22 / 11 / 2018 | 69 vues
Jacky Lesueur / Abonné
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SMACL Assurances rejoint le groupe VYV : les raisons de ce rapprochement

Interview de Jean-Luc de Boissieu, président du conseil d’administration de SMACL Assurances.

Vous avez annoncé l’entrée de SMACL Assurances dans le groupe mutualiste VYV : pourquoi ce rapprochement ?
Le secteur mutualiste au sens large (y compris les institutions de prévoyance) est en pleine recomposition et, au terme de tous ces mouvements, on voit émerger quelques « archipels » qui réunissent des mutuelles d’assurance IARD, des mutuelles d’assurance-vie, des mutuelles santé et des institutions de prévoyance.

Tous ces ensembles sont mus par deux logiques : tout d’abord une logique commerciale qui pousse à proposer à leurs sociétaires ou adhérents tous les produits dont ils peuvent avoir besoin ; ensuite, par une logique prudentielle qui permet de profiter à plein des effets de taille et de diversification, qui sont favorisés dans le régime prudentiel Solvabilité 2.

Pourquoi la SMACL et VYV, et pas un autre partenaire ?
L’entrée de SMACL dans VYV conforte le rapprochement initié depuis quelques années entre SMACL et MNT.

Je rappelle que SMACL veut dire « société mutuelle d’assurance des collectivités locales » : cette mutuelle d’assurance couvre les biens (immeubles, véhicules, équipements, chantiers etc.) et les responsabilités multiples des collectivités territoriales (communes, intercommunalités, départements et régions).

La Mutuelle Nationale Territoriale (MNT), elle, couvre la santé-prévoyance des agents territoriaux. À elles deux, ces deux mutuelles couvrent la totalité du champ territorial et elles travaillent de plus en plus ensemble.

Dans le même temps, la MNT s’est rapprochée de la MGEN et d’Harmonie Mutuelle pour constituer en 2017 le premier groupe mutualiste du marché, sous la marque VYV.

En entrant à son tour dans VYV, la SMACL va pouvoir poursuivre ses relations privilégiées avec la MNT et développer avec d’autres mutuelles du groupe la même complémentarité d’offre qu’elle a développée avec la MNT, notamment à destination des associations et des entreprises.

La course à la taille ne constitue t-elle pas un risque de banalisation pour les mutuelles françaises ?
Il est vrai que plus une mutuelle est importante, plus le risque qu’elle s’éloigne de ses sociétaires et qu’elle soit dirigée par la technostructure est élevé.

Ces risques sont à évaluer eu égard au fait que nombre petites de mutuelles sont aujourd’hui en danger : leur taille, leur modèle d’entreprise et la démographie de leur sociétariat ne leur permettent plus de faire face à la concurrence ; qu’on le veuille ou non, « l’union fait la force » et mieux vaut être dynamique dans un grand groupe qu’à la traîne dans son coin.

De surcroit, le groupe VYV se veut et se vit comme une aventure authentiquement mutualiste.

Une union n’est pas une fusion : la personnalité de toute les mutuelles membres est préservée et toutes ont en commun une gouvernance centrée sur l’adhérent et une volonté commune de construire ensemble qui sache concilier l’effet de taille et l’écoute de l’adhérent.

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