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13 / 04 / 2026 | 7 vues
Clarisse Josselin / Membre
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Surpopulation carcérale : une situation explosive

Avec 87 126 détenus au 1er mars pour 63 353 places, les prisons françaises sont asphyxiées.

 

À Dijon, Lyon ou Lille, les agents se mobilisent à l’appel de FO-Justice, syndicat majoritaire dans la branche, pour dénoncer une situation devenue intenable et exiger des mesures immédiates.

 

A vec un taux moyen d’occupation de 137,5 %, les établissements pénitentiaires ont atteint, le 1er mars, un niveau de saturation inédit en France. Symbole de cette surpopulation, on dénombre désormais 7 500 matelas déposés au sol dans les maisons d’arrêt, un nombre qui a plus que doublé en un an. 


Avec les lits superposés sur trois niveaux, il peut y avoir jusqu’à cinq détenus dans une cellule de 9 m2. Quand en plus il n’y a pas de douche, avec les chaleurs qui arrivent, la situation devient vraiment explosive, alerte Emmanuel Baudin, secrétaire général du syndicat FO-Justice. Sur le terrain, cela se traduit par des tensions permanentes, une violence quotidienne et des personnels épuisés.

 

La situation est tout aussi problématique dans les centres de détention et les centrales, où le taux d’occupation, proche de 100 %, empêche par exemple de faire des rotations de sécurité et complique la séparation des détenus qui doivent l’être.

 

Deux cents incarcérations par semaine

 

Les agents pénitentiaires sont de plus en plus nombreux à se mobiliser localement pour dénoncer des conditions de travail insupportables, conséquence de la surpopulation carcérale et d’un manque d’effectifs.


Ainsi, le 26 mars, ils ont bloqué totalement la maison d’arrêt de Dijon où, selon FO, le taux d’occupation atteint désormais 260 %.


Alertant sur la mise en péril de la sécurité de l’établissement et des agents, ils revendiquaient notamment un désencombrement massif et immédiat, et un renforcement des effectifs. Le 7 avril c’était au tour des agents de Lyon Corbas de bloquer la maison d’arrêt. Le lendemain, une action était organisée à Villeneuve-lès-Maguelone. Et le 9 avril, c’est devant le tribunal judiciaire de Lille qu’un rassemblement était organisé. Le vrai sujet se passe au tribunal, il y a deux cents incarcérations par semaine, souligne Emmanuel Baudin.


Des négociations sont aussi en cours avec le garde des Sceaux.


Pour faire retomber la pression, le syndicat  revendique notamment la fin des extractions judiciaires non essentielles. Elle défend aussi un système de régulation carcérale et le recours aux alternatives à l’incarcération, comme l’utilisation des bracelets électroniques.

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