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24 / 06 / 2026 | 11 vues
Jacky Lesueur / Abonné
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Le moral des fonctionnaires repart à la baisse

C'est ce qui ressort du dernier baromètre  annuel réalisé par Ipsos BVA pour la CASDEN Banque Populaire. Les résultats viennent d'être  dévoilés à l’occasion de la journée mondiale de la Fonction publique.

 

Les principaux éléments marquants à retenir: 

 

Le moral des fonctionnaires recule nettement en 2026 : 54 % des agents affichent un bon moral, contre 62 % en 2025 (-8 points).

La baisse touche la quasi-totalité des profils, mais de façon inégale selon les secteurs de la Fonction Publique.

 

Elle est particulièrement marquée dans la Fonction publique d’État (-12 points), chez les agents de catégorie B (-15 points) et chez les moins de 30 ans (-12 points), tandis que la Fonction publique hospitalière résiste (59 %, -1 point).

 

Des agents fiers et utiles en dépit d’un manque de reconnaissance

 

Malgré ce climat, l’attachement à la mission est certain : 87 % des agents se sentent utiles à la société et 84 % fiers de leur mission, des niveaux élevés et stables. Deux tiers se disent épanouis (69 %) et motivés au quotidien (68 %). 

Les fondamentaux du statut restent largement valorisés : la garantie de l’emploi (92 %), le service de l’intérêt général (91 %) et la solvabilité de l’employeur public (86 %) arrivent en tête devant les possibilités de mobilité interne (77 %, leur plus haut niveau).

 

En revanche, la reconnaissance fait toujours défaut : seuls 38 % des agents se sentent reconnus par la société et 36 % valorisés.

 

Un pessimisme qui reflue, mais reste majoritaire

 

61 % des fonctionnaires se déclarent pessimistes quant à leur avenir : un chiffre encore majoritaire, mais en recul de 5 points par rapport à 2025. Le pessimisme grimpe chez les enseignants (72 %) et les 50 ans et plus (66 %). La rémunération demeure le principal point négatif : 63 % des agents s’estiment mal payés (dont 15 % « très mal »), et 56 % peinent à boucler leurs fins de mois (+2 points).

Dans ce contexte, la rémunération au mérite gagne du terrain : 69 % des agents y sont désormais favorables, dont plus d’un quart « tout à fait » (+4 points), même si l’idée reste clivante chez les enseignants (52 % favorables, 48 % opposés).

 

 Des conditions de travail toujours sous tension

 

Au quotidien, les contraintes s’accumulent : 77 % des agents pointent un manque d’information sur les décisions de leur administration, 75 % des procédures trop lourdes et autant une charge de travail excessive. 65 % dénoncent un matériel inadapté (+3 points). 

 

Fait préoccupant, près d’un agent sur deux (49 %) déclare subir des incivilités ou des agressions verbales d’usagers, un phénomène encore plus marqué chez les enseignants (67 %) et dans la Fonction publique hospitalière (61 %). Au total, 78 % des agents disent être confrontés, souvent ou parfois, à au moins la moitié de ces difficultés.

 

L’intelligence artificielle s’installe tandis que la formation peine à avancer

 

L’IA progresse fortement : 49 % des agents y recourent désormais dans leurs missions, soit +10 points en un an, dont 28 % d’utilisateurs réguliers (18 % en 2025).

Mais l’accompagnement ne suit pas : 72 % des agents estiment ne pas être assez formés et seuls 19 % se sentent correctement formés (+5 points). Ce décalage entre usage et maîtrise, particulièrement net chez les jeunes, les enseignants et la catégorie A, premiers utilisateurs, interroge les dispositifs de formation.

Même constat pour la dématérialisation, perçue positivement par 55 % des agents mais dont l’accompagnement des usagers reste jugé insuffisant (39 %).

 

Les enseignants, un corps engagé mais sous pression

 

Très investis (75 % épanouis et 74 % motivés, au-dessus de la moyenne), les enseignants n’en demeurent pas moins le corps le plus critique : 72 % se disent pessimistes pour l’avenir, 76 % dénoncent un matériel inadapté, 67 % subissent des incivilités et 47 % ne recommanderaient pas la Fonction publique. Un signal d’alerte que ce baromètre observe au fil des éditions.

 

Tous ces éléments démontrent ou confirment un équilibre fragile, qui invite à des réponses concrètes pour préserver l’engagement de celles et ceux qui font vivre le service public au quotidien.

 

 

(*) Retrouvez les résultats complets de l’enquête.

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