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29 / 06 / 2026 | 11 vues
Eric Gautron / Abonné
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Lancement du Plan Santé au Travail N°5: quels leviers actionner pour sa mise en oeuvre effective?

Le 5 juin le Ministre du travail a réuni le Comité National d’Orientation des Conditions de Travail (CNOCT) à l’occasion du lancement du PST 5 qui doit participer à l’amélioration des conditions de travail, de la santé au travail et de la réduction des accidents et maladies professionnelles.


Ce nouveau plan arrive dans un contexte grave.


D’abord car ce lancement intervient dans une période où les enjeux de santé au travail n’ont jamais été autant présents dans le débat public :
 

- santé mentale déclarée grande cause nationale
- multiplication des alertes sur les risques psychosociaux
- effets du dérèglement climatique sur les conditions de travail
- transformations numériques et développement de l’intelligence artificielle
- crise d’attractivité dans de nombreux métiers
- vieillissement de la population active
- intensification du travail dans de très nombreux secteurs.

 

Grave car les chiffres de sinistralité ne sont pas bons et surtout ont continué à se détériorer : le chiffre catastrophique de 3 morts par jour est désormais dépassé. Avec 759 décès d’accidents du travail auxquels s’ajoutent 332 décès d’accident de trajet et 196 de maladies professionnelles, le total des morts au travail se monte à 1287 soit plus de 3,5 par jour, 25 par semaine.


Grave car sur le terrain les travailleurs ont souvent le sentiment que leurs conditions de travail continuent de se dégrader. Pendant que certains employeurs mal intentionnés développent des stratégies de contournements comme avec la mise en place de primes anti-AT dont on connaît les effets ; la SNCF dernièrement n’a hélas pas brillé par sa dignité.

 

Le PST5 est riche, à la mesure des enjeux ; la vraie question est désormais celle des leviers réels qu’il faudra actionner et mobiliser pour le mettre en œuvre ainsi que son versant traitant des accidents graves et mortels (ATGM).


Car depuis plusieurs années, les mêmes constats reviennent :


-la prévention primaire reste insuffisante
-les politiques de prévention demeurent inégalement appliquées
-les petites entreprises restent peu accompagnées
-les outils existent mais restent souvent formels
-les moyens humains des acteurs de prévention continuent de s’affaiblir.


Dans le même temps, le travail change profondément.


L’intelligence artificielle, les outils de pilotage algorithmique, la numérisation croissante des activités et certaines formes de management transforment déjà les organisations du travail.


Le  PST 5 ne pourra pas traiter ces transformations uniquement sous l’angle de “l’accompagnement au changement” ou de “l’innovation organisationnelle”. Il devra poser clairement la question des limites à fixer pour protéger la santé des travailleurs.

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