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08 / 12 / 2023 | 496 vues
CSE Randstad Sud Est / Abonné
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Equité : un membre du conseil d'administration de randstad gagne en un an presque autant que ce que gagnerait un salarié moyen au cours de toute sa carrière

Dans un récent rapport du Comité de Rémunération du Groupe Randstad pour l'année 2023, un constat choquant est apparu, jetant une lumière crue sur les inégalités salariales flagrantes au sein de l'entreprise.

 

Rémunération


Le tableau dépeint montre comment les hauts dirigeants engrangent des revenus astronomiques, tandis que les salariés ordinaires sont laissés pour compte.


Le rapport révèle que la rémunération moyenne annuelle brute des membres du conseil d'administration de Randstad dépasse de manière choquante celle d'un employé moyen de l'entreprise. En effet, elle est 35 fois supérieure à la rémunération annuelle brute moyenne d'un groupe de référence parmi les salariés de Randstad Group, qui est évaluée à 75 000 € brut annuels. Le PDG, quant à lui, obtient une rémunération qui dépasse même les 40 fois la moyenne des salariés.


Pour mettre cela en perspective, cela signifie qu'en une année, un membre du conseil d'administration de Randstad gagne presque autant que ce qu'un salarié moyen gagnerait au cours de toute sa carrière.
 

En 2022, les cinq membres actuels du conseil d'administration ont touché des rémunérations individuelles comprises entre 2,6 et 3,9 millions d'euros, pour un total astronomique de 16,6 millions d'euros. De plus, 11millions d'euros supplémentaires sont à ajouter pour la rémunération de deux anciens membres du conseil d'administration. Soit un total de 28 millions d’euros.

 

Ces chiffres déconcertants ne s'arrêtent pas là. Le PDG de Randstad Monde a vu sa rémunération augmenter de 15% en 2022, le conseil d'administration a bénéficié d'une augmentation générale de 4,5% en janvier 2022 et encore de 5% en janvier 2023.  Au total, sur la période 2019 à 2022, la rémunération globale du conseil d'administration a augmenté de manière vertigineuse de 115%.

 

Les inégalités ne s'arrêtent pas à la rémunération


Cependant, les inégalités criantes ne s'arrêtent pas à la rémunération. Pendant cette période, les actionnaires ont empoché des dividendes s'élevant à plus de 2 milliards d'euros, ce qui représente 90% du résultat net. Tout cela au détriment des salariés de l'entreprise. Du côté des salariés permanents, le Comité Social et Économique (CSE) de Randstad Sud-Est a constaté que les Négociations Annuelles Obligatoires (NAO) de ces dix dernières années se sont toutes soldées par un désaccord.

 

La hausse moyenne des salaires sur la période 2019 à 2022 plafonne à environ 2%, bien en deçà du taux d'inflation, et il n'y a eu ni participation ni intéressement depuis au moins une décennie. La situation est encore plus préoccupante pour les salariés intérimaires, qui ne bénéficient ni de participation, ni de Prime de Partage de la Valeur randstad (PPV), ni de mesures spéciales telles que des primes d'ancienneté.


Randstad, par le biais de son PDG, Sander Van 't Noordendee, prétend bâtir la société de talents la plus équitable au monde. Mais cela soulève la question fondamentale : équitable pour qui ? Le groupe Randstad, l'un des leaders mondiaux de l'intérim, alimente le débat sur l'éthique des entreprises, notamment en ce qui concerne l'accidentologie, la fiscalité, et le partage de la performance. Au lieu de cela, l'entreprise devrait être un moteur pour l'amélioration des normes sociales et sociétales dans le secteur de l'intérim.


En fin de compte, la question qui se pose est de savoir si les dirigeants de Randstad ouvriront la voie à une réforme nécessaire ou si l'écart croissant entre les riches dirigeants, les actionnaires et les travailleurs défavorisés ne fera que s'agrandir. Les yeux sont tournés vers Randstad pour voir si l'entreprise honorera sa promesse de justice et d'équité pour tous.

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