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22 / 04 / 2020 | 147 vues
Sébastien Busiris / Membre
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Pour la remise en place des CHSCT...

Au 36e jour du confinement, notre fédération souhaite réagir aux informations et désinformations qui circulent depuis plusieurs jours. En effet, depuis bientôt une semaine, tout le monde se focalise sur une seule date : le 11 mai.
 

Après plus d’un mois de confinement et de séclusion, tout le monde en rêve et aspire à retrouver « sa » liberté de circulation. C’est une réaction logique et humaine mais il ne faut pas trop vite oublier qu’aujourd’hui le virus rode toujours.
 

Selon une estimation de l’Institut Pasteur, au 36e jour du confinement, seulement 5,7 % de la population française aurait été infectée. Seulement 3,7 millions de personnes en France auraient été infectées (grâce aux mesures de confinement, ce dont nous ne pouvons que nous féliciter).

 

Cela veut surtout dire que 63 millions de Français courent encore le risque potentiel d’être contaminés !
 

La réalité est donc que 63 millions de Français sont à risque, dans une période où l’on enregistre encore près de 500 morts par jour. Pour la FEC-FO c’est toujours 500 morts de trop. Ces 500 familles sont plongées dans la douleur et la tristesse, ne l’oublions pas. Ni que 5 683 personnes sont encore en réanimation en France, avec malheureusement pour elles un taux de mortalité qui serait de 50 %.
 

Alors pourquoi les choses changeraient‐elles le 11 mai, comme par magie présidentielle ?
 

Peut‐êre parce qu’un message du MEDEF tourne en boucle : « il faut que l’économie redémarre et il faut se retrousser les manches ! ». Pour certains l’économie devrait redémarrer d'urgence, coûte que coûte.
 

Pour nous, il est hors de question d’arbitrer l’économie au détriment de la santé des travailleurs !
 

Notre fédération dénoncera toute reprise faisant courir des risques aux salariés et à leur famille. En cas de risque, elle encouragera le droit de retrait car le virus ne reste pas au travail ; il accompagne hélas sournoisement le salarié chez lui, mettant ses proches en danger.
 

Oui, notre organisation syndicale revendique des mesures d’aide et de soutien à l’économie mais cela ne doit pas se faire au détriment des salariés et de leurs proches.
 

En quelques semaines, on a entendu le gouvernement, qui semble aujourd'hui naviguer à vue et faire des promesses qu'il ne tient pas, dire tout et son contraire. Il y a quelques semaines, il nous disait : pas besoin de masques, ils sont inutiles au quotidien… Depuis, les mêmes personnes annoncent que le port du masque sera obligatoire ! Toujours au sujet de ces masques, le gouvernement nous disait début mars : « nous avons des masques en nombre et nous les distribuerons le moment venu ». Au final, il n’y en a quasiment pas et ils manquent partout, y compris dans les hôpitaux !
 

Notre fédération dénonce et condamne ces « mensonges » et ce manque de transparence dangereux et anxiogène pour les salariés.
 

Elle  revendique donc des mesures sanitaires claires et obligatoires. S’il y a reprise du travail, cela doit se faire avec des mesures de sécurité à la hauteur du risque de mort que ce virus représente.
 

En cas de reprise, il est donc nécessaire et indispensable de se donner les moyens de :

  • sécuriser les transports en commun afin que les salariés puissent se rendre au travail sans risque. En effet il ne faudrait pas que, comme le porte-avion Charles de Gaulle, un RER, un métro ou un bus ne se transforme en foyer d’épidémie (« cluster ») ;
  • réorganiser le travail afin d’éviter trop de proximité et de contact entre les salariés et fournir tous les moyens sanitaires de protection (masques, gel, gants et visières) ;
  • faire suivre cette reprise du travail par les instances représentatives du personnel. À cet effet, nous  revendiquons la réinstauration des CHSCT qui devront, dans les mois à venir continuer d'accompagner les salariés dans leur vie au travail avec le virus.

 

Pour la Fédération des employés et cadres, les salariés ne doivent pas payer la note de cette épidémie. Il est pour nous hors de question que les salariés soient mis en danger uniquement pour les bénéfices des entreprises et des actionnaires.
 

Nos militants  sont et resteront mobilisés pour également revendiquer des aides pour les entreprises en difficulté mais avec des contreparties :

  • maintien des emplois ;
  • maintien du salaire à 100% pour les gens au chômage partiel ;
  • Blocage des dividendes ;
  • augmentations des grilles de salaires avec une attention sur les métiers que certains semblent découvrir comme « indispensables » mais faiblement rétribués ;
  • suivi par les IRP de la bonne utilisation de ces aides.
     

Nous ne laisserons pas le gouvernement dilapider ces milliards d’euros d’aides sans engagements concrets pour les salariés comme cela a été le cas pour les milliards d’euros du CICE.

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