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18 / 03 / 2026 | 21 vues
Jacky Lesueur / Abonné
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Menace de plan social ou de liquidation de Centre Inffo, sans solutions de reclassement : les salariés appellent de nouveau l’État à assumer ses responsabilités

Dans le cadre de l’examen du projet de loi de finances pour 2025, nous avions fait état il y a plus d'un an dans ces colonnes de l'amendement adopté au Sénat  amendement qui visait  à réduire fortement la dotation de Centre Inffo de 1,15 million d’euros.

 

Cette association, dotée d’une mission de service public, livre une expertise juridique et technique aux acteurs de la formation professionnelle. Autrement dit, elle élabore, capitalise et diffuse l’information et la documentation.

 

Alors que Centre Inffo a fait la démonstration de son utilité à travers l’organisation de la 19e Université d’Hiver de la Formation Professionnelle réunissant notamment la Ministre du Travail et de l’Emploi, les interlocuteurs sociaux, les Opérateurs de compétences, les Associations de transitions professionnelles, le Conseil en évolution professionnelle, les organismes de formation, les représentants du Gouvernement, une  telle mesure d’économie s'avérait  inexplicable et injustifiée.

 


Menace de plan social ou de liquidation, sans solutions de reclassement : les représentants des salariés de Centre Inffo alertent une nouvelle fois sur les conséquences sociales du désengagement brutal de l’État et l'appellent à assumer ses responsabilités...


Une situation de crise qui appelle une réponse urgente du ministre du Travail.


Centre Inffo commémore ses cinquante ans d’existence en ce mois de mars 2026.


Un demi-siècle d’existence au service de la formation professionnelle, de l’apprentissage et de l’information des acteurs de l’emploi et des compétences. Cinquante ans de documentation, de publications, de formations, d’expertise juridique, européenne et en ingénierie, de rencontres professionnelles, de partenariats.


Cinquante ans au service des politiques publiques.


Mais pour les salariés de Centre Inffo, cet anniversaire a aujourd’hui un goût particulièrement amer. Depuis plusieurs mois, l’organisme traverse une crise profonde,
après le retrait soudain de ses missions de service public et financements par le ministère du Travail.


Pour les 80 salariés de l’association, l’avenir demeure totalement incertain. Placée en redressement judiciaire, la structure se dirige désormais vers un plan de sauvegarde de l’emploi adossé à un plan de continuation, voire vers une liquidation judiciaire.


Rien de tout cela ne prendrait tout son sens si l’on oubliait un fait essentiel : depuis sa création, Centre Inffo a été conçu comme un outil des politiques publiques de formation professionnelle. Ses orientations ont toujours été définies directement par le ministère du Travail, qui en assuré le pilotage stratégique, nommé les directions successives et supervisé la gouvernance quadripartite.


Depuis cinquante ans, Centre Inffo a donc été créé, géré et piloté par l’État.


A ce titre l’Etat doit assumer pleinement ses responsabilités auprès des salariés, proposer des reclassements et ne pas les abandonner à leur sort.


Combien de fois des ministres du Travail ont-ils dénoncé ces « patrons voyous » qui organisent le démantèlement d’une entreprise en laissant les salariés seuls face aux conséquences sociales ? Aujourd’hui, le sentiment qui domine parmi les équipes de Centre Inffo est que ce scénario correspond précisément au choix opéré par le ministère du travail ! Les salariés avaient pourtant entendu, à plusieurs reprises, l’engagement du ministère selon lequel « personne ne serait laissé sur le carreau ». Or, à ce jour, aucun reclassement dans des administrations ou opérateurs du champ emploi-formation n’a été proposé. Aucun engagement n’a été pris concernant le financement des mesures sociales nécessaires dans le cadre d’un plan de sauvegarde de l’emploi.


Alors que la formation professionnelle constitue un levier majeur de transformation économique et sociale, laisser disparaître un acteur historique en sacrifiant ses équipes enverrait un signal particulièrement délétère.


L’abandon de Centre Inffo par l’Etat, sans égard pour les salariés qui y travaillent, est emblématique de son désengagement brutal du champ de la formation professionnelle. Les représentants du personnel appellent donc de nouveau solennellement le ministère du Travail à assumer pleinement les responsabilités qui découlent de cinquante années de pilotage de l’association Centre Inffo :


- en soutenant activement le reclassement des salariés dans les administrations et opérateurs du champ emploi-formation ;


- en participant au financement des mesures sociales nécessaires dans le cadre d’un plan de sauvegarde de l’emploi digne de ce nom.


Cinquante ans d’engagement au service de l’intérêt général méritent mieux qu’un lâche abandon !


 

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